Mégestion décriée dans le secteur de la santé. Nord-Kivu : Une commission parlementaire sonne l’alarme

Mégestion décriée dans le secteur de la santé. Nord-Kivu : Une commission parlementaire sonne  l’alarme

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La commission Simon KAZUNGU du nom de son président a révélé tout ou presque. Tout est désormais à la place publique à la division provinciale de la santé (DPS) et à l’hôpital provincial du Nord- Kivu. Deux secteurs clés qui régulent la vie de la population en province. Ces secteurs seraient mal gérés, à en croire le rapport de cette commission. Mal gérés par des personnes qui les considèrent comme leur vache à traire.

Des faits qui ne trompent pas

Après 13 jours d’enquête à la DPS, la commission a finalement conclu que les recrutements et les affectations du personnel de santé ne respectaient pas la règle de l’art. Elle a même évoqué l’ingérence tribalo-politique. A ces recrutements, la commission a aussi dénoncé la permutation abusive des médecins sur fond d’une mauvaise gestion de stock de médicaments et du patrimoine de la division. Par exemple, le déclassement des véhicules revendus à des prix dérisoires.

En ce qui concerne la gestion financière, elle serait opaque d’après la commission, ce qui fait fuir les partenaires. Plusieurs maisons d’audit ont fait écho par exemple de plus de 14 000$ puis de 100.000$ détournés. Les partenaires n’hésitent même pas à affirmer que l’équipe actuelle aurait montré ses limites sur le plan technique et qu’une alternance sauverait les meubles.

Les responsables de la division sont également accusés d’aligner des agents fictifs au détriment d’un personnel effectivement en service qui reçoit une prime de risque (pour les infirmiers) réduit de 180.000fc à 35.000fc. Ce qui crée des frustrations. La question de l’ordre des infirmiers a également été abordée. Au fait, ces professionnels à la blouse blanche accusent l’ordre d’instaurer une cacophonie dans la perception des frais d’inscription qui oscillent entre 180 et 240$ sans preuve de paiement en violation de la loi.

L’Hôpital provincial ou un tombeau blanchi

D’après le même rapport qui n’a fait que confirmer les plaintes des agents contenues dans différents memo et celles de la population, l’hôpital provincial est devenu très peu fréquentable par le fait d’une mégestion criante. Son comité de direction serait affaibli par des interférences politiques à outrance, le manque de collaboration entre les membres de ce comité, d’une part, et, de l’autre, le manque de confiance des agents en ce comité.

Un hôpital avec un effectif de médecins très insignifiant, des spécialistes à compter au bout des doigts. 12 pour une population estimée à cinq millions d’habitants pour toute la province. Les rares médecins expérimentés qui existent sont toujours absents du service pourtant pris en charges par le trésor public. Ils choisissent de se concentrer pour leurs cliniques privées où ils orientent les malades. Cet état de chose complique la mobilisation des ressources propres à cet hôpital voire sa faible fréquentation par des malades pour la plupart à faible revenu. On se pose d’ailleurs la question au regard de cette faible fréquentation comment les bâtiments abritant les nouvelles cliniques construites par le gouvernement provincial seront fonctionnelles s’ils ne seront pas des éléphants blancs.

La Commission propose un coup de balai

21 recommandations ont été adressées au gouvernement provincial par la commission et en priorité la commission propose un coup de balai sans indulgence du jury. Il faut un nouveau médecin  directeur qui devra être très regardant. L’équipe cadre de la DPS, elle, devra être révoquée. L’Assemblée provinciale est, quant à elle, chargée d’effectuer un contrôle trimestriel au sein de ces deux services. Pour ne citer que ces trois recommandations à titre d’échantillon.

Delphin Yengayenga

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