La musique congolaise face aux influences étrangères : Félix Wazekwa récuse l’Etat, Lutumba interpelle les médias !

La musique congolaise face aux influences étrangères : Félix Wazekwa récuse l’Etat, Lutumba interpelle les médias !

This post has already been read 510 times!

Depuis une décennie, la musique congolaise est confrontée à plusieurs difficultés sur les plans management, commercial, promotion digitale, piraterie et thématique. Evidemment, la situation est très catastrophique, à tel point que les musiciens  congolais ne savent plus à quel saint se vouer. De la rumba, en passant par le ndombolo ou encore le folklore jusqu’à l’hip pop, la réalité n’épargne  personne. Malgré le fait que certains jeunes essaient de s’en sortir par rapport aux autres sur terrain. A l’occasion de son 15ème anniversaire, la Radio Top Congo a tenté de réunir quelques musiciens, chroniqueurs de musique et experts en la matière afin  de réfléchir à haute voix sur la musique congolaise qui semble être en perte de vitesse sur la scène internationale.

«La musique congolaise va-t-elle survivre ou disparaître dans les influences actuelles ? ». Cette épineuse question a été au centre de cette tribune libre qui a été une aubaine pour les acteurs du secteur. Devant  les journalistes de Top Congo et le public, les chanteurs Félix Wazekwa S’grave et Jean Goubald Kalala ainsi que Me Donald SINDANI, Avocat expert en matière de droits d’auteur ont, chacun, donné son point de vue sur  la situation drastique que traverse la musique et les musiciens congolais face à la réalité du siècle présent.

Bien que les divergences soient perceptibles, le plus important est d’apporter la lumière par rapport à la problématique posée. C’est-à-dire, il est bénéfique de proposer des pistes de solutions pour l’avenir de la rumba ou le ndombolo qui non seulement envahi mais aussi très menacé en Afrique tout comme en Europe.

Fabregas Métis noir Maestro, quant à lui, estime que les difficultés sont énormes en interne mais la musique congolaise n’est pas en perte de vitesse sur le plan externe, c’est-à-dire, sur la scène  internationale de la chanson.

Des musiciens en perte de vitesse !

Par contre, il révèle que ce sont certains leaders des orchestres qui sont en perte de vitesse. Car, ils ne proposent plus de la bonne musique qui peut attirer ou intéresser le public d’ici tout comme d‘ailleurs.

«Notre rumba ou ndombolo se porte bien. La preuve en est que chaque mois, un ou deux groupes congolais sont sollicités pour prester en dehors du Congo. Moi-même je viens du Cameroun. Et dans deux ou trois jours, nous allons encore nous rendre à Brazzaville, Pointe noire puis en Angola. Donc, il ne faut pas généraliser la situation. Car, notre musique est très appréciée et a encore et toujours sa place en Afrique», a déclaré le jeune chanteur congolais de 31 ans.

Par rapport à la question, l’homme de la célèbre danse «Ya mado» exhorte ses collègues artistes à s’adapter au circuit et au contexte de la mondialisation qui impose certaines disciplines professionnelles aux artistes afin que sa musique soit consommée et acceptée à l’international.  Entre autres, le minutage, le format de chansons et la stratégie managériale pour l’exportation…

Mieux encore, le musicien doit être entouré d’un manager, d’un agent à qui il faut se confier et beaucoup respecter ; être discipliné. Surtout, il doit respecter ses engagements vis-à-vis des producteurs ou mécènes.

Réagissant  sur le sujet, les intervenants s’opposent sur le fait que la musique congolaise subit déjà les effets de nouvelles influences notamment, d’autres pays africains tels que la Côte d’Ivoire, le Nigérian… Or, ce qui n’est pas totalement faux.

De son côté, Jean Goubald déplore la monotonie  chez certains musiciens qui, faute d’inspiration, font recours aux rythmiques étrangères. Et pourtant, explique le chanteur, la RDC n’est pas seulement riche en ressources naturelles mais, elle est également grande quant à ses richesses culturelles qui, malheureusement, ne sont pas exploitées.

«Certains musiciens ne fournissent pas beaucoup d’efforts pour améliorer leur travail, pour proposer des œuvres de qualité au public. Ils exploitent mal nos richesses culturelles en recourant très souvent aux mêmes rythmes qui prêtent la confusion dans la distinction des artistes musiciens », a souligné Goubald.

Reconnaissant quelques faiblesses de certains de ses collègues, Wazekwa, précise qu’il y a ceux-là dans la scène musicale congolaise qui maintiennent le cap. Ils font tout pour que cette discipline artistique conserve cette dimension où l’Afrique a toujours peur de la créativité et de l’originalité des musiciens congolais.

Quid du rôle de l’Etat et du média ? 

Selon le patron du groupe Cultur’A pays vie, l’Etat doit à tout prix s’impliquer afin de relever l’industrie musicale congolaise et surtout de donner un nouveau souffle aux artistes. Il déplore tout de même le manque de soutien de la part des autorités congolaises en vue de sauver la musique congolaise de ces influences et surtout permettre aux acteurs du secteur d’être plus performant.

Pour sa part, Kaki Akiewa estime que pour maintenir la musique rd-congolaise de sa bonne place et aussi la faire évoluer, il faudrait, à son avis, investir dans l’homme, car celui-ci est au centre de tout. Très expérimenté, ce  chroniqueur culturel  pense anodin que la musique congolaise soit influencé par d’autres sons venant d’ailleurs.

«Aussi, s’il faut également tenir compte de notre richesse culturelle, c’est merveilleux. Ce sont par contre nos musiciens qui inspirent beaucoup de musiciens africains. Ce qui manque c’est le vrai investissement dans l’homme pour faire rayonner davantage notre…», a-t-il dit.

Ainsi, le journaliste Kaki Akiewa invite les chroniqueurs de musique à l’excellence et surtout à prendre au sérieux leur noble travail.

Intervenant depuis sa résidence, le poète Lutumba  Simaro qui suivait religieusement  l’émission en copie,  a évoqué l’apport des médias qui doivent également jouer un grand rôle en terme de promotion et aussi critiquer sévèrement les musiciens afin d’éviter la dégradation de la musique rd-congolaise.

Toutefois, Maître Donald Sindani a émis le vœu de voir le ministère de la culture être considéré comme le ministère des Mines, de l’Économie, etc. Cet argument est fondé si l’on porte un regard vers certains pays africains, entre autres le Sénégal, la Côte d’Ivoire où la culture occupe une place de choix et génère beaucoup de recettes.

Qui dit mieux ?

Jordache Diala

Contactez-nous !

  • Editeur - Directeur Général :

    Marcel Ngoyi



  • Phone: +243818135157
  • Mobile: +243999915179
lgo-data-consult Site web réalisé par dataconsult-rdc.com