Tripartite CNSA-Gouvernement-CENI: l’heure de vérité a sonné !

Tripartite CNSA-Gouvernement-CENI: l’heure de  vérité a sonné !

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Convoqués dans sa deuxième édition pour évaluer l’Accord de la Saint Sylvestre et du Processus Électoral, les travaux de la tripartite CNSA-GOUVERNEMENT-CENI sont dans leur phase décisive. Ainsi, l’heure de vérité a sonné par rapport aux interventions des uns et des autres. Partant, la journée d’hier, mercredi, a été consacrée aux auditions des différents exposés dont ceux de Corneille Nangaa, président de la CENI sur le processus électoral, du Vice-premier ministre de l’Intérieur et Sécurité, Henri Mova Sakanyi sur la décrispation: dédoublement des partis politiques et sécurisation du processus électoral, la publication des listes de partis et regroupements politiques ainsi que les manifestations publiques. Le ministre d’Etat en charge de la Justice, quant à lui, a planché sur la libération des prisonniers politiques et contentieux électoraux. Enfin, le ministre des Médias et Communication, Mende Omalanga, sur l’ouverture des médias fermés.

D’entrée de jeu, sous la modération du président du Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Électoral CNSA, Joseph Olenghankoy Mukundji, Nangaa Corneille qui a tenu l’auditoire tout l’avant-midi, a clarifié qu’il était là pour évaluer ensemble et non pour influencer qui que ce soit. “Je vous présente les faits. Vous pouvez garder votre position. Je n’ai pas besoin de vous convaincre. Vous pouvez ne pas me croire”. Admettant qu’il existe parfois quelques ratés certes, mais, insiste-t-il, il y a des avancées significatives dans ce processus et beaucoup de choses ont été faites.

S’agissant de la machine à voter, cette question est abordée sous deux angles. D’abord, par rapport à son achat et, ensuite, de sa crédibilité. Pour ce qui est de l’achat, Nangaa reconnaît qu’il existe des marchés spécifiques ou spéciaux qui ne font l’objet d’aucun appel d’offres suivant les prescrits des passations des Marchés publics congolais. C’est le cas par exemple de l’achat d’armes. Le marché de gré à gré c’est aussi conforme à la loi compte tenu de la nature  et de l’urgence d’une marchandise à acheter. Réagissant aux interventions des uns et des autres, Nangaa clame haut et fort à cesser de tout politiser. Pour les Congolais, tant qu’il y a rien qui vient de l’international, rien n’est bon. La CENI opère dans un cadre interinstitutionnel. C’est ici l’occasion pour Nangaa de souligner, faisant allusion aux opérations d’enrôlement, la Monusco avait promis le déploiement des matériels notamment à Kalemie, Manono… 22 jours durant,  les matériels étaient bloqués à Nionzo sans être déployés. Que n’a-t-on pas entendu? “Nangaa fait la rétention de matériels, il ne veut pas qu’on les déploie”. Plus loin, s’exclame-t-il, “si je vous dis qu’il arrive de fois que la Monusco manque de carburant, personne n’y croira et pourtant c’est bel et bien vrai. Comme quoi, le Gouvernement peut avoir raison de dire qu’il va supporter seul ses élections d’autant plus que c’est une affaire de souveraineté d’un Etat. Le consensus ne doit pas seulement se faire autour de la machine à voter, précise le numéro un de la centrale électorale. Pour s’en convaincre, s’explique-t-il, 2011, avait enregistré des élections chaotiques, et pourtant, il n’y avait pas la machine à voter. La machine à voter ne cause pas un problème si ce n’est que des alibis pour ne pas aller aux élections, martèle-t-il. Par ailleurs, note-on, la machine à voter est un matériel non sensible comme le stylo contrairement au bulletin qui est un matériel sensible. On ne peut pas tricher que par la machine à voter. Les bulletins papiers présentent plus un danger que la machine à voter. Comment? Si le candidat x a déjà des bulletins cochés, posons nous la question de quelle manière va-t-il les introduire dans l’urne pour le bourrage? Et pourtant, affirme-t-il, les politiques congolais ne vendent que du vent. Ils doivent prouver qu’ils sont populaires et capables de déployer des témoins partout. Or, la crédibilité du processus électoral provient tout aussi, de la présence des observateurs et des témoins dans tous les bureaux de vote. Il n’y aura pas de prolongation pour les candidats à la députation provinciale sauf si la tripartite le décide ainsi. Les présidents des partis politiques n’ont pas besoin de signer dans tous les formulaires des candidats contrairement à ce qui se dit. La fiche de c1 à c4 pour les indépendants tandis que de c5 à c8 pour les partis politiques.

Les formulaires pour la législative nationale sont d’ores et déjà disponibles dans le BRTC, au siège de la CENI et dans son site web, annonce Nangaa.

Olenghankoy dédouane la CENI

Pour le président du CNSA, Joseph OLENGHANKOY MUKUNDJI, chacun a peur de prendre une responsabilité dans cette crise liée au processus. “Nous,  CNSA, allons prendre cette responsabilité parce que nous ne voulons pas que le pays puisse sombrer dans le chaos. Le gouvernement est politique comme c’est le cas avec le CNSA. C’est pourquoi, nous devons trouver un consensus politique pour épargner la CENI”, argumente Joseph Olenghankoy. La CENI n’envoie pas des listes de partis politiques ; plutôt, elle en reçoit. Il faut qu’on fasse la part des choses. Chaque institution a son éthique et doit faire son travail conformément à la loi, prévient le président du CNSA qui, par ailleurs, dit à ne pas mêler la CENI dans cette crise. “Est ce, existe-elle l’indépendance dans le fonctionnement de la CENI? S’interroge-t-il. Dès lors que cette centrale électorale doit attendre tout du gouvernement, son indépendance sera toujours mise à rude épreuve. Et pourtant, affirme-t-il, cette CENI doit avoir un matelas des moyens financiers qui puisse le garantir même pendant cent cycles électoraux (cent ans) sans dépendre d’un gouvernement en fonction.

Mende et les médias

Pour Lambert Mende Omalanga, ministre de Communication et Médias, Porte-parole du Gouvernement, il faut chercher la décrispation ailleurs et non dans le domaine des médias. Car, soutient-il, il y a longtemps que son secteur connaît une aération. Les trois médias qui restent encore fermés dans le Katanga dont Nyota Télévision les sont soit parce qu’ils ont de démêlés avec la justice ou soit parce qu’ils ne sont pas en règle avec le fisc.

S’agissant des journalistes, aucun d’entre eux n’est emprisonné du fait de ses écrits ou de ses diffusions,  révèle Lambert Mende, faisant allusion du rapport de JED (Journalistes En Danger) lors de la célébration de la Journée Internationale de la Presse.

Eugène Khonde

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