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Grosse surprise!

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Il sème à tout vent, un peu comme Larousse. Joseph Kabila est, depuis ces trois dernières années, au cœur du jeu politique rd-congolais. C’est autour de lui que le gouvernail du bateau électoral tourne et se pétrit de suspense, incertitudes et de surprises qui font de la RD. Congo, une attraction mondiale dévisagée dont les moindres faits et gestes sont scrupuleusement inspectés d’ici et d’ailleurs. Le ciel reste brumeux au sujet du  candidat qui va conduire le groupe politique aux affaires.

Ça chuchote, ça murmure, mais ça ne n’officialise jamais. Sur toutes les lèvres, comme lors de la dernière réunion du Conseil de Sécurité des Nations Unies, l’éventuel troisième mandat de Joseph Kabila est mis sous placard. Cependant, il n’a toujours pas pensé à mettre de l’éclairci sur ces épineux ‘’on-dits‘’. Il n’a pas, non plus, laissé entendre qu’il serait, lui-même, candidat à la présidentielle 2018, comme d’aucuns s’y attendaient le plus. D’où, le maintien de la grosse amphibologie quant à ce, jusqu’aux derniers instants. Alors que l’opération de dépôt des candidatures a débuté depuis la semaine passée et que le temps n’ose pas s’arrêter un seul instant, les potentiels candidats présidents de la République gardent encore le mutisme dans le camp de l’opposition comme dans celui de la Majorité couplée au FCC. En parlant du Front Commun pour le Congo, les partis et regroupements politiques membres se sont réunis autour de leur initiateur, Joseph Kabila, le samedi dernier pour peaufiner, mieux, relancer la question du dauphinat du Chef de l’Etat. Ce dernier aurait, semble-t-il, instruit ses acolytes de proposer, par groupement politique, quatre noms qui passeront au peigne fin de onze critères. Ainsi, les sélectionnés, à leur niveau, vont désigner le Dauphin à présenter à l’Autorité Morale de la famille politique pour approbation éventuelle.

Selon certaines indiscrétions, certains noms se démarqueraient déjà. Entre autres, Modeste Bahati, actuel Ministre d’Etat en charge du Plan ; Aubin Minaku, Président de la Chambre Basse du Parlement ainsi que Matata Ponyo, Premier Ministre honoraire. Toutefois, l’effet surprise est toujours d’actualité malgré ce signe avant-coureur de réorientation de la vision politique du Président Kabila. Les acteurs usent continuellement de leur ruse comme dans tout échiquier politique. Si l’opposition est en gestation concernant une candidature commune qui, pour le moment, ne fait pas l’unanimité, le FCC, lui, aura très certainement un seul et unique candidat dont l’identité laisse, même les aguerris de l’analyse politique, perplexes. L’arrivée de Jean-Pierre Bemba ce 1er août à Kinshasa va peut-être mettre les choses au clair. Au cas où le défi de la candidature commune de l’opposition serait, bon gré mal gré, relevé, celui propulsé par le pouvoir aura, sans doute, du pain sur la planche. Pourquoi ? Parce que si c’est un Joseph Kabila, il sera constitutionnellement écarté de la course et va enclencher une crise de légitimité et de légalité qui souffle déjà à basse altitude. Si c’est un dauphin sus- évoqué, il n’aura aucune chance de battre, même par fraude, l’élu de l’opposition. Dans le cas contraire, c’est-à-dire, s’ils y vont en ordre dispersé comme d’aucuns s’y attendent, la surprise Kabila jouera ses cartes finales. Ils s’observent, certes, mais ne se maîtrisent pas totalement. Le 8 août ou à défaut le 13, ce sera plus clair et moins chambardeur, l’on espère…

La Pros.