Journal la Prospérité

Les noces de Figaro !

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La Folle Journée, ou le Mariage de Figaro est une comédie en cinq actes de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais écrite à 46 ans en 1778.

L’opus a connu un succès retentissant avec la touche du génie de Mozart qui en fit un opéra d’une beauté à couper le souffle. Pour la petite révélation, cette histoire mène dans un fil le lecteur à travers un océan d’intrigues, d’attaques, contre-attaques autour des noces programmées de Figaro et Suzanne, respectivement valet et camériste du Comte et de la Comtesse Almaviva, au Château Almaviva, à la fin du XVIIIe siècle. La symbolique des noces colle depuis des lustres à la période électorale. N’est-ce pas que les politiques au fort de leurs passions pour occuper tel ou tel autre poste à mandat électif se lancent dans la cour de séduction puis ‘’convolent’’ en juste noce avec leurs bases (les électeurs) vers les urnes pour sceller un mariage ? Plusieurs tableraient sur le oui.

Seulement, si dans cette pièce signée Beaumarchais il est question d’une folle journée, au Congo-Kinshasa où depuis 2016 les années sont électriques ; 2018  c’est une folle année qui s’annonce. En effet, après le dépôt des candidatures à la députation provinciale, puis la députation nationale ainsi que la présidentielle, l’heure des grands coups sonnent car, c’est le dernier virage avant l’ouverture de la campagne électorale. Déjà, cette semaine s’ouvre le dévoilement des listes des candidats dont la candidature a été déclarée recevable. Avec ce cap s’ouvre, par-dessus tout, l’heure des quatre vérités pour savoir qui a été embarqué dans le train électoral.

Les débats autour de l’inéligibilité des uns et des autres étaient relancés depuis. Les uns boutiquant l’inéligibilité d’adversaires politiques et vice-versa sur l’agora politique. Après les conjectures des politiques et des scientifiques, le glas a donc sonné pour que les institutions habilitées à trancher sur ce sujet aient à le faire, entendre la CENI ainsi que les Cours d’Appel, pour les législatives nationales, et la Cour Constitutionnelle pour la présidentielle.

Pendant que machine à voter, fichier électoral, décrispation politique, inclusivité du processus électoral avec le cas Katumbi, Diongo, et Cie posent problème, transformant en cette période décisive la scène politique en arène de gladiateurs, il va sans dire que les verdicts de recevabilité et d’irrecevabilité de ceux-là comme ceux-ci vont calmer le jeu ou hausser le mercure dans le thermomètre de la température politique en République Démocratique du Congo. Comme Figaro, chaque politique soucieux de conclure son mariage avec le peuple a un chemin parsemé d’embuches et d’intrigues. Si, sous la plume de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, puis les mélodieux sons de l’opéra de Mozart, cette réalité a été peinte en une célèbre comédie, les congolais, eux, redoutent d’enregistrer une regrettable tragédie. Bemba sera-t-il invalidé comme candidat ? Quid de Félix Tshisekedi, avec l’affaire de résident en RDC 3 ans avant les élections ? Qu’en est-il des autres candidats de la diaspora, eux soupçonnés d’avoir une double nationalité ? Comment se terminera les noces à l’Opposition pour la consécration d’un candidat commun ? Le non-embarquement de Katumbi va-t-il pousser certains au boycott ?  Voilà des questions sur les langues.