Journal la Prospérité

Dire merde ?

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Non, il ne s’agit nullement d’un vulgaire gros mot. Mais, il est d’usage de dire merde, dans la langue de Molière, pour souhaiter bonne chance à quelqu’un, pour un examen, un entretien ou même un match de foot… A la question de savoir d’où vient cette expression assez particulière, il faudra remonter aux us et coutumes du 19ème siècle au ‘’vieux’’ continent, l’Europe, où les bourgeois et les aristocrates se déplaçaient en calèche pour aller se distraire et voir les pièces de théâtre.

Les chevaux stationnés devant les salles faisaient donc leurs besoins sur place. Conséquence, si le spectacle est une réussite, à cette époque, la moquette devenait souillée par le grand nombre de spectateurs qui ont marché sur les besoins des chevaux à l’entrée. Paradoxalement, cette couche de déjection était le signe que la pièce avait du succès et que les acteurs devaient assurer. Et plus il y en avait, plus c’était un bon signe !! Merde devenait donc synonyme de bonne chance d’abord pour les acteurs, entre eux, puis plus tard pour le commun des mortels.

Une véritable scène de théâtre grand format et à ciel ouvert ! Voilà ce qu’est devenue l’agora politique du pays de Lumumba-Mzee, Rossy-Deschade. Ce, depuis 2016, à la dernière seconde de la dernière minute de la dernière heure du 19 décembre cette année là. La RDC se transformait, en effet, en un grand lieu où se jouait les plus belles partitions et scénarios politiques autour d’une problématique, d’une quête ; l’alternance au sommet de l’Etat congolais.

Et, aujourd’hui que le train des élections a pris de la vitesse et se retrouve, en ce moment, dans un cap décisif, des grands verdicts sont attendus. Celui de l’ONU sur le processus électoral. Celui de la CPI ce 17 septembre sur le cas à mille dessous de Bemba quant à l’affaire de subornation des témoins alors que l’homme est acquitté dans le dossier principal. Sur ces questions, face aux contradictions politiques et aux attentes d’une certaine opinion, l’on se demande dans quelques recoins de la scène politique si la CENI ne va pas se rétracter sur l’usage de la machine à voter. Et, sur ce sujet, d’aucuns se posent la question de savoir si cela fait ce ne sera pas un nouveau big-bang pour le rendez-vous électoral de ce 23 décembre ? Parlant de big-bang, d’autres langues pérorent sur l’éventualité de voir le candidat Félix de l’Udps/Tshisekedi être éjecté à cause des contours dits à problème de son cursus. Enfin, par-dessus tout, présentement, il y a ce verdict très attendu de la Cour Constitutionnelle pour le dévoilement final le 19 septembre de la liste définitive de candidats retenus pour le sprint à la présidentielle.

Ouf. Comme d’habitude, la pièce des élections pour une alternance commencée depuis 2016 et même plus avant (janvier 2015 …) fourmille des délie-langues qui poussent les protagonistes politiques à sortir leurs grands jeux. Sur la scène politique devenue arène des gladiateurs, à l’aube de ces verdicts, l’heure se prête à dire merde aux uns et aux autres surtout quant au jugement inattaquable de la plus Haute Cour. Au passage, il faudra dire merde, aussi, au processus électoral lui-même parce qu’avec le décor qui se plante, seul Dieu sait si le 23 décembre il y aura vote. Au sein de la population congolaise, entre-temps, l’on dit merde aux camps soutenus (Majorité, Opposition ou Société Civile). Ce, pourvu que demain soit mieux qu’hier sous la gestion des heureux élus. Mais, est-ce une certitude ? Qui seraient des anges aptes à conduire au Ciel et qui seraient donc des démons aptes à mener dans les dédales des enfers le Congo hérité des aïeux ? Mystère. Donc, merde, enfin, à la mère patrie !

La Pros.