Journal la Prospérité

Epidémie d’Ebola en 1995 à Kikwit. RDC : le Dr Cyril Kiyungu crie halte à la falsification de l’histoire

This post has already been read 631 times!

Découvert pour la première fois en 1976, à l’Equateur, à Yambuku, la maladie à virus Ebola ressurgira en milieu urbain en 1995 à Kikwit. Qu’est-ce qui s’y est passé ? Comment la lutte a été organisée jusqu’à la victoire contre cette maladie ? Médecin directeur de l’Hôpital de Kikwit (2) lors de la crise sanitaire qui a frappé cette partie du Congo-Kinshasa, à l’ombre d’une interview accordée à votre quotidien, le Docteur Cyril Kiyungu a délié sa langue pour demander à ce que l’histoire soit bien retenue dans une version correcte. Avant de sortir de son silence via la perche de votre quotidien, l’homme l’avait déjà fait par la parution du livre «Panique à Kikwit : Ebola 1995» co-rédigé avec Jean Mbungu Lemba. L’envie de donner un coup de projecteur de cet épisode difficile pour Kikwit, le pays et même le monde, est né d’une interpellation de sa fille. ‘’Papa vous avez toujours dit que vous avez été au front pour combattre Ebola à Kikwit en 1995 mais ce n’est pas ce qui nous a été dit à l’école !’’ Voilà l’interpellation qui le fit plus d’une dizaine d’années après les faits de sortir de l’omerta. La maladie à virus Ebola, rappelle-t-il, a été découverte dans l’hôpital  Kikwit 2 pour la 1ère fois en 1995. Bien avant la venue des intervenants majeurs à la lutte venus de Kinshasa, à Kikwit, la bataille était portée à bras le corps par des médecins locaux dont lui le numéro un de l’Hôpital de la place, des infirmiers, des agents de la Croix Rouge, des religieuses et la population de Kikwit, actuel chef-lieu de la province du Kwilu, en collaboration avec le cadre de l’Enseignement Primaire et Secondaire.

Tous passés sous silence, selon lui, durant des années dans le récit tel que dit dans les manuels du système éducatif congolais actuellement et, par ricochet, à l’en croire, ne donne pas les faits comme déroulés et même décrit dans le rapport de 11 pages présentées, rédigé par lui (Docteur Cyril Kiyungu) le 26 avril 1995, à l’intention des autorités du pays les invitant de prendre des dispositions pour combattre cette pandémie. Il faille retenir que dans ce dernier cas, tous les signes cliniques des patients étaient décris, y compris une qualification sous nom scientifique de la maladie alors inconnue dans cette contrée. Ce n’est qu’après ces phases que l’arrivée de l’équipe de Kinshasa, d’après ses renseignements appuyés sur document, arrivera à Kikwit pour aider à ce que le coup de grâce soit donné à l’épidémie d’Ebola version 1995 à Kikwit. L’homme qui venait de participer à la conférence biennale sur la paix et la santé communautaire organisée à l’Université de Toronto du Canada en mai 2018, selon des renseignements, au cours de l’interview, a salué le fait que même le tout dernier livre du Docteur Muyembe dénommé “les faits marquant sur la gestion de l’épidémie de la fièvre hémorragique EBOLA de Kikwit, 1995 ” reprenant une correspondance d’un des responsables de l’Eglise Catholique à Kikwit à l’époque fait mention du travail effectué par le Docteur Cyril Kiyungu et Cie, chose qui fut cristallisée dans le rapport du 26 avril 1995. Déjà, dans le décompte des faits, dans l’opus sus-évoqué, la chronique date de l’après cette date, le 27, précisément. Comme quoi, l’histoire jalouse écrite hier avec tant d’efforts est censé prendre ses lettres de noblesses dans le présent. A Kikwit, au Zaïre de jadis aujourd’hui République Démocratique du Congo, en 1995, 317 personnes furent infectées et 245 moururent, un bilan plus lourd que celui de l’épidémie initiale ayant eu lieu dans l’Ex Equateur. Outre le fait d’avoir été médecin directeur de l’Hôpital de Kikwit, il faille signaler que Cyril Kiyungu a été notamment maire de Kikwit pendant plusieurs années. Dans l’opus «Panique à Kikwit : Ebola 1995», il y a lieu de retenir que le Dr Cyril Kiyungu donne son orientation vers l’avenir avec les 17 propositions présentées aux autorités et à la communauté scientifique susceptibles d’aider à contrer le virus Ebola partout où il peut apparaître. Et, à ses yeux, avec la résurgence pour la dixième fois de cette maladie au pays, il y a lieu de prendre en considération ces orientations. Lina Piripiri, professeur à l’Ecole de Santé Publique de l’Université de Kinshasa (ESP-UNIKIN) après avoir lu ce livre aurait demandé,  par correspondance, à ses auteurs de la vulgariser en plusieurs langues. Cela, a-t-on appris, serait apte à titiller la curiosité des autorités (Gouvernementales et des institutions internationales habilitées) qui, présentement, sont appelés à rectifier les manuels à la lumière de la ‘’vérité ‘’ sur l’épidémie d’Ebola en 1995 à Kikwit.

Danny Ngubaa