Où va-t-on ?

Où va-t-on ?

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Bemba et Muzito, deux des  principaux leaders  de l’Opposition sont  exclus de  la course à la présidentielle 2018. Depuis lundi 3 septembre dernier, Samy Badibanga et Marie-Josée Ifoku ont été, comme cela était, du reste,  prévisible, repêchés.  La Cour Constitutionnelle en a décidé ainsi, au terme de l’examen des recours introduits par chacun des candidats, après que la CENI les ait invalidés au grand soir du 24 août 2018.  Il y va de même du sort de Gizenga et Moka dont les dossiers accusant un déficit d’éléments ont été, simplement, classés dans les rangs des cas litigieux pour lesquels, seule, l’invalidation devrait être la sentence finale, quant à leur prétention à briguer la magistrature suprême du pays.

Donc, le 19 septembre prochain, lors de la publication des listes définitives des candidats à la présidentielle et aux législatives nationales, il ne ferait l’ombre d’aucun doute que les invalidés confirmés soient gommés et que les autres, deux au total, qui ont été relancés, soient retenus. Comme pour dire que dans les jours à venir, lorsque le go sera donné, eux aussi autant que les 19 premiers validés  dès le départ, se jetteront dans le  marigot de la politique congolaise  à l’assaut des âmes électrices.

Mais, au fait,  ce serait pour quel processus électoral, selon que les exigences devant sceller sa crédibilité ainsi que la fiabilité des résultats tentent d’ouvrir une nouvelle boîte de pandore à tel point qu’il n’est même plus  sûr d’affirmer, sans se faire taper sur les doigts, que les élections auront lieu, le 23 décembre 2018. Car,  les récriminations  des uns et des uns a                liment la déchirure et mettent en péril ou hypothèquent les chances de leur aboutissement heureux.  Si l’on est du côté de la Majorité, tout va bien. Les choses sur les rails. Alors que  si l’on est du côté des Opposants radicaux, tant que les préalables majeurs ne sont pas réunis, point n’est besoin d’aller, tête baissée, dans un tel  processus électoral  aux issues floues que méphistophéliques.

Comme si cela ne suffisait pas, ces derniers y mettent, en effet, tout un florilège de conditionnalités liées notamment, à la décrispation politique, aux fameuses mesures de confiance qui, autrefois, furent préconisées dans l’Accord de la Saint Sylvestre et la Résolution 2409 de l’Onu au sujet de la dépollution du climat politique en vue de l’organisation d’un processus ouvert, transparent et garantissant les chances égales à toutes les parties prenantes. C’est le cas, pour eux, d’ajouter, en outre,  les affaires de la libéralisation concrète et effective de l’espace des libertés publiques, au niveau des médias, de l’expression d’opinions, de manifestations publiques et de réunions. De telle qu’en tout, la sécurité physique et politique ne soit plus la chasse gardée des seuls sociétaires du Front Commun pour le Congo, comme si le Congo-Kinshasa était devenu, plusieurs décennies après son accession à l’indépendance, une caste réservée à une clique des tenants du pouvoir d’Etat.

Le risque, s’il faut l’appeler ainsi, est que derrière  ces tiraillements axés sur les jeux de mots et  les pièges  de la ritournelle, que le processus en question, avec ses défauts connus dont l’usage controversé de la machine à voter, le recours à un fichier au virus et, surtout, à la non-application du principe sacro-saint de la redynamisation de la centrale électorale, telle qu’exigée par l’Accord de la Saint Sylvestre, demeure devant les acteurs politiques, toutes tendances confondues. C’est-à-dire qu’un beau jour, on peut tout  arrêter.  Puis, on recommence à zéro. Parce qu’il n’y a pas de réponse aux préalables.  Et, dans ce cas, qui en tirerait le maximum de bénéfice ? Kabila, ses hommes ou les Opposants ? Et pour combien de temps ? Même là, faudra-t-il parler d’une petite ou grande transition supplémentaire, si spéciale soit-elle ?

Ainsi, la prise en compte de tous ces préalables exigeant naturellement du temps,  qui sont prêts à ne plus tenir le rendez-vous du 23 décembre 2018 ? Il y a quelques temps, Nangaa, s’exprimant depuis les USA, avait laissé entendre qu’une perspective d’abandon de la machine à voter, devait, à tout prix, tirer les choses en longueur. Et que l’échéance la proche serait, selon ses calculs approximatifs, vers le 9 juillet 2019 qui coïncide, d’ailleurs, avec son propre anniversaire, pour la tenue effective des scrutins, s’il advenait qu’ils soient postposés pour une raison ou pour une autre. Pendant ce temps, lui est à Séoul pour la production à grande échelle des machines à voter. Ici, la CENI procède au repérage des bureaux de vote ainsi qu’à l’affichage des listes provisoires des électeurs. Les compteurs sont en marche, alors que l’UE, l’Onu, la CENCO, le CLC et les autres râlent et grognent.

LPM

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