Journal la Prospérité

Enjeux : la CENCO en Zambie !

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«La démocratie en Zambie est une réalité et l’Eglise catholique au Congo-Kinshasa souhaite voir la même chose en RDC». C’est là des propos de Fridolin Ambongo, numéro deux de la Conférence Episcopale Nationale du Congo et coadjuteur du Cardinal Monsengwo pour l’archidiocèse de Kinshasa. Ce prince de l’Eglise Universelle ainsi que d’autres têtes couronnées de la CENCO ont mis le cap vers Lusaka, en Zambie. Au cours de ce séjour, la délégation de la CENCO devra échanger avec l’Eglise catholique de la Zambie puis, par-dessus tout, conférer avec le président Zambien, Edgar Lungu. Chose faite hier. Pour rappel, ce dernier coiffe l’organe de suivi de la politique dans la région de la SADC. A quasiment 3 mois cruciaux du vote effectif en RDC, le déplacement des évêques catholiques vers Lusaka ne serait pas autrement que pour œuvrer à la tenue réelle des élections non-porteuses des germes de crise postélectorale. En effet, selon Fridolin Ambongo, c’est «l’intervention courageuse de la Zambie pour convaincre le gouvernement congolais de convoquer les élections en RDC » qui est à l’origine du périple des hommes en soutane congolais.

«La CENCO recommande à la SADC d’accompagner le peuple congolais et le processus électoral particulièrement les parties prenantes à trouver le consensus sur la machine à voter ou à recourir aux bulletins papiers, le cas échéant, comme c’est prévu dans les lignes 38, 39 et 40 du calendrier électoral », disent les évêques cités par une consœur en ligne dans leur recommandation à l’issue de leur rencontre avec le président zambien lundi 10 septembre. La CENCO qui milite pour asseoir sa neutralité avait salué le choix d’Emmanuel Ramazani Shadary comme dauphin du Président Kabila pour la présidentielle 2018. C’est là une des avancées positives notées par la CENCO dans le processus électoral mené par la CENI sous l’aide du Gouvernement congolais. Dans ce lot, il faudra aussi placer la publication des listes provisoires des candidats par la Commission Electoral Nationale Indépendante. Mais, au registre des sujets qui crispent, les évêques catholiques pointent du doigt le fichier électoral ainsi que la machine à voter. Et, au président Zambien, ces inquiétudes sur le maintien de la machine à voter et le non-nettoyage du fichier électoral qui contient 16,6 % d’électeurs sans empreinte ont été exprimées.

Virage décisif

A plus d’un égard, après deux ans de ballotement la crise politico-électorale au pays entre dans un virage décisif pour sa thérapie. En effet, c’est vraiment l’heure des derniers recadrages pour baliser l’horizon vers ce 23 décembre 2018, jour de vote et autant pour la passation de Pouvoir en janvier 2019 entre le Président sortant Joseph Kabila et un successeur élu. Seulement, les développements récents sur l’agora politique laissent transparaitre qu’il y a encore des pierres dans la marmite électoral où est concoctée l’alternance à venir. Surtout après l’empêchement de Katumbi à déposer sa candidature ainsi que l’exclusion des Bemba et autres, les champs des sirènes sont dans les airs. Là, du boycott. Là, de la préparation de la contestation et au finish, des manœuvres de manipulation électoral, selon des observateurs. Ainsi, certainement, saisissant l’avancée de la fin du mystère d’un troisième mandat pour le président Kabila, la CENCO devrait avoir repris son bâton de pèlerin pour prêcher hors des églises l’application non des évangiles de la Bible mais des recommandations de l’Accord de la Saint Sylvestre.

Danny Ngubaa