Candidature commune de l’Opposition : Richie Lontulungu appelle à l’unité des présidentiables

Candidature commune de l’Opposition :  Richie Lontulungu appelle à l’unité des présidentiables

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Depuis 2006 jusqu’en 2016, l’Opposition congolaise n’a jamais été unie face à la Majorité Présidentielle. Ce qui ouvre grandement la porte de victoire écrasante du candidat du Front Commun pour le Congo qui n’est d’autre qu’Emmanuel Ramazani Shadary aux joutes électorales en perspective. Face à ce tableau divisionniste de l’opposition congolaise, Richie Lontulungu, Analyste sociopolitique appelle à l’unité des candidats validés et invalidés en vue de faire bloc face à la machine FCC. Car, l’union fait la force, dit-on.’’ Il faut le dire que même si on tente de sauver les meubles en dernier ressort, en appelant son électorat à voter pour l’un ou l’autre candidat de l’Opposition, un tel mot d’ordre sera tardif et aura de la peine à convaincre les électeurs au cœur déjà endurci. Ainsi, une éventuelle triomphe de l’Opposition, à l’élection présidentielle en vue, passe inéluctablement par l’arrêt de la campagne d’indexation entre Katumbi-Bemba-Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe qui fâche’’, a prédit Richie Lontulungu. Ceci, renchérit-il, permettra d’améliorer la confiance entre les acteurs, le renforcement de l’unité et de la solidarité au sein de l’Opposition, et ensuite tous vont  désigner un candidat commun. Ci-après, l’intégralité de son analyse.

CANDIDATURE UNIQUE DE L’OPPOSITION CONGOLAISE : REGARD SUR UNE
QUESTION EN PLEINE MUTATION

Comme par surprise, la Cour Pénale Internationale renversait sa peine, condamnant à dix-huit ans de prison l’ancien Vice-Président Congolais le Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo, en appel le vendredi 08 Juin 2018.
Celui que l’on peut considérer aujourd’hui, au regard du processus électoral en cours, comme un
outsider, rentrait dans la course au pouvoir en République Démocratique du Congo. Madame Eve Bazaïba, Secrétaire Générale du Mouvement de Libération du Congo, prédisait pourtant à qui voulait l’entendre que: le Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo  regagnera le pays avant le mois d’Août 2018 et qu’il allait faire acte de candidature à l’élection présidentielle toujours prévue le 23 Décembre 2018.
A l’époque, ses propos étaient pris avec très peu de considération car des chances, aboutissant à une telle démarche, étaient minimes.
Un peu comme par tirage au sort, la prédiction de Madame Eve Bazaïba tomba nette.
La rentrée surprise du Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo, dans la course à la présidentielle, rabattait les cartes et menaçait de recaler quelques figures, longtemps mises en avant-plan par l’Opposition congolaise, au second plan, à l’instar de Monsieur Moïse Katumbi qui en incarnait jusque-là l’une des figures majeures.
Un jour après son retour triomphal à Kinshasa, le mercredi 1er août 2018, le Sénateur Jean-Pierre
Bemba Gombo posait sa candidature à la Commission Electorale Nationale Indépendante, en toute quiétude, (même s’ils ont été contraints lui et sa famille de passer des nuits dans un super marché de Kinshasa par les Forces de l’Ordre.)
Le camp de Monsieur Moïse Katumbi optait de parler du Président Joseph Kabila qui choisissait ses meilleurs opposants, à l’élection présidentielle à venir, pour assurer la victoire de son camp.
Lors d’une interview sur Radio France Internationale le 24 août 2018, Monsieur Moïse Katumbi, à la question de savoir ce qui adviendrait à sa lutte politique si la réponse à sa requête émise au Conseil d’Etat au sujet de sa candidature serait négative, affirmait : “[…] Monsieur Joseph Kabila veut choisir ses candidats et il utilise la justice pour priver les autres candidats à postuler. (…) Il veut choisir ses propres candidats, ses candidats pairs.”
– Doit-on parler d’une faute de jugement ou encore d’une appréciation de la dynamique politique?
– Est-ce que Monsieur Moïse Katumbi s’est-il laissé influencer par les réseaux sociaux et les Journaux qui soupçonnaient une lune de  miel en préparation entre le camp du Président Joseph Kabila et le camp du Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo?
– A-t-il aussi, peut-être, crû que le Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo était le dauphin imaginaire du Président Joseph Kabila?
Monsieur David Cameron, l’ancien Premier Ministre Britannique, disait lors d’une session au Westminster, que c’est un réel danger de croire à tout ce que nous lisons dans les Journaux. Dans mes précédentes analyses, j’annonçais déjà que la ligne optée par le camp de Monsieur Moïse Katumbi n’était pas de nature à encourager l’unité de l’Opposition congolaise. Il n’y a pas
d’alternative à l’unité au sein de l’Opposition pour dégager un candidat commun.
Cette indexation par le camp de Monsieur Moïse Katumbi aura deux effets majeurs, sur le court terme et sur le moyen terme. Sur le court terme, cette approche politique  consumera toutes les chances de parvenir à un candidat unique au sein de l’Opposition congolaise. Sur le moyen terme, cette approche conduira à l’indécision dans le fief des électeurs proches de Monsieur Moïse Katumbi, si celui-ci ne réussissait pas son pari d’intégrer tard dans la soirée la liste des candidats Présidents. Et à fortiori, cette situation entrainera un échec cuisant des candidats de l’Opposition à l’élection présidentielle, car il leur sera  impossible de composer avec des voix émiettées.
Ces deux postulats tiennent encore aujourd’hui.
Même si le camp du Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo ne va pas finalement réagir aux jets d’encres du camp de Monsieur Moïse Katumbi, l’approche peu orthodoxe du camp de ce dernier suscitait déjà beaucoup de questions.
Ironie du sort, le Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo sera finalement invalidé par la Commission Electorale Nationale Indépendante “CENI” de la liste des candidats Présidents de la République, et plus tard, il sera définitivement rayé de la course par la Cour Constitutionnelle, car n’ayant pas pu se départir de sa condamnation pour subordination des témoins par la CPI.
Face à ce développement de la situation, le camp de Monsieur Moïse Katumbi n’avait finalement comme choix que celui d’exprimer sa solidarité avec le Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo.
Doit-on parler d’une solidarité de façade?
Une fois le Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo écarté de la course à la présidentielle, c’est au tour de certains candidats de l’Opposition restés dans la course de subir la même indexation.
Après Monsieur Vital Kamerhe, c’est au tour de Monsieur Félix Tshisekedi, un autre candidat de l’Opposition, de se faire taxer de
meilleur opposant au camp du Président Joseph Kabila dans cette course à la présidentielle. Désormais, le Sénateur Jean Pierre Bemba Gombo et Monsieur Moïse Katumbi unissent leurs voix. Ils se sont dépassés, scellant ainsi leur amitié (de façade), et c’est à leur tour de taxer tous les autres candidats dans la course à la présidentielle de meilleurs opposants au camp du Président Joseph Kabila, directement ou  indirectement et choisis par le Président Joseph Kabila lui-même.
Le mardi 4 Septembre 2018, le Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo affirmait dans une interview accordée à la chaine France24, au sujet de son invalidation définitive de la course à la présidentielle par la Cour Constitutionnelle que : “ tout le monde se rend compte que tout ça est une stratégie pour que le candidat du pouvoir ne puisse pas avoir des candidats sérieux devant lui”.
Le Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo et Monsieur Moïse Katumbi abordent la thèse d’une stratégie du camp au pouvoir de garder dans la course au pouvoir des poids légers, pour faire triompher le candidat de la mouvance au pouvoir. On dit autrement que c’est pour crédibiliser des élections biaisées. Les camps de Monsieur Moïse Katumbi et du Sénateur Jean-Pierre Bemba parlent aussi
d’un éventuel boycott de l’élection présidentielle. Sommes-nous face à un jeu à somme nulle dans l’Opposition congolaise ? Les effets ont déjà commencé à se faire sentir et le camp au pouvoir ne peut qu’en tirer profits.
En 2006, Monsieur Etienne Tshisekedi appelait ses électeurs (30% de l’électorat total, clamait-il) à boycotter le vote. Savait-il que cette décision profitait au candidat Joseph Kabila au détriment du candidat Jean-Pierre Bemba? Sans un quelconque mot d’ordre de boycott de la part de Monsieur Etienne Tshisekedi, n’est-ce pas que son électorat aurait voté, dans l’ensemble, en faveur de Monsieur Jean Pierre Bemba Gombo? Aujourd’hui, doit-on dire que la même histoire refait surface ?
Comme je l’ai annoncé ci-haut, taxer les autres  opposants qui restent dans la course à la présidentielle d’adversaires favoris du camp au pouvoir est suicidaire et est polluant dans la masse.
Certains peuvent être amenés à parler d’une stratégie politique. C’est aussi une façon, peut-être, de discréditer le processus électoral auprès des partenaires traditionnels du pays. Mais une chose est sûre, la Communauté Internationale n’a  jamais battu le vote du peuple. Les voix, c’est ce qui compte le plus.
Cette campagne d’indexation de certains candidats Présidents opposants d’être l’apanage du pouvoir du Président Joseph Kabila est suicidaire.
Cette campagne est suicidaire parce qu’elle fragilise l’entente au sein de l’Opposition congolaise et donc, enterre la démarche du candidat unique de l’Opposition. Tout ceci tourne au profit du camp au pouvoir plus qu’engagé à gagner. Elle est aussi suicidaire parce que la part de l’électorat acquise au Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo et à Monsieur Moïse Katumbi, dit-on, représente une frange importante du fichier électoral congolais.
Cet électorat tombera dans l’indécision au fur-et-à-mesure qu’on s’approche du vote, ne sachant pas lequel des opposants dans la course à la présidentielle est crédible pour bénéficier de leurs voix. Cette indécision des masses populaires acquises à chacun des camps précités avantagera le camp au pouvoir qui, jouant le renard, pourra amasser les voix d’une part des ces indécis alors que les autres voteront abstention.
Il faut le dire que même si on tente de sauver les meubles en dernier ressort, en appelant son électorat à voter pour l’un ou l’autre candidat de l’Opposition, un tel mot d’ordre sera tardif et aura de la peine à convaincre les électeurs au cœur déjà endurci. Une telle tentative se heurtera à la résistance des durs et des populistes dans les camps concernés. Une éventuelle triomphe de l’Opposition, à l’élection présidentielle en vue, passe inéluctablement par l’arrêt de la campagne d’indexation qui fâche. Ceci permettra d’améliorer la confiance entre les acteurs, le renforcement de l’unité et de la solidarité au sein de l’Opposition, et ensuite tous effectueront la désignation d’un candidat unique.
Toutes les observations soulevées dans cet article pourront devenir, à la longue, des faits objectifs qui justifieront l’échec de l’Opposition congolaise à l’élection présidentielle.
Richie Lontulungu
Analyste sociopolitique

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