Solution à la persistante crise congolaise : Odéric Nyembo insiste sur l’application de l’Accord-cadre

Solution à la persistante crise congolaise : Odéric Nyembo insiste sur l’application de l’Accord-cadre

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Jeudi 13 septembre 2018, au cours d’une interview accordée à La Prospérité,  ce juriste et opposant, ancien Ministre du Gouvernement issu de la Conférence Nationale Souveraine -CNS-  chapeauté par Feu Etienne Tshisekedi, a réagi à la libération mardi dernier de Norbert Luyeye, puis est revenu sur la nécessité d’appliquer l’Accord-cadre d’Addis-Abeba pour sortir définitivement la République Démocratique du Congo du cycle des crises dans laquelle elle se retrouve depuis les élections de 2011 et le couac de 2016. De prime à bord, à ses yeux, le Président de l’Union des Républicains a été arrêté en avril 2016 aux environs de 16 heures parce que militant de manière fervente pour la mise en œuvre, autant que lui, de l’Accord-cadre afin d’exorciser l’impasse politico-électorale congolaise. Scrutant la scène politique à ce jour toujours empêtrée dans des persistantes contradictions, Odéric Nyembo se pose la  question suivante: y a-t-il eu fin de crise en RDC après l’accord sorti du dialogue de Kodjo ou celui du centre interdiocésain ? Aisément, il répond que non. A ses yeux, cet état de chose résulte du fait que le problème en RDC n’est pas la quête des élections pour ‘’une alternance sous réserve ‘’ mais le renouvellement de la classe politique actuelle pour que le peuple congolais puisse jouir à terme d’une ‘’alternance avec une alternative crédible ‘’ dans la manière de faire la politique. Selon sa lecture en tant que politique et juriste, il estime que c’est là, tout discours bu, la lettre et même l’esprit de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba.

Explications

Signé le 24 février 2013 à la suite des élections chaotiques de 2011, l’Accord précité a été le fruit d’une synergie internationale et non des élucubrations des intellectuels et politiques réunis sous Kodjo à la Cité de l’Union Africaine comme ceux réunis autour des Evêques de l’Eglise catholique au Centre Interdiocésain de Kinshasa. Primo, argumente Odéric Nyembo, d’un point de vue juridique, l’Accord-cadre d’Addis-Abeba surpasse celui de la Saint Sylvestre par le fait qu’il est doté, puisque traité international, d’une force supérieure même à la force de la loi des lois du Congo-Kinshasa : la Constitution. Ceci dit, Odéric Nyembo revient sur la thérapeutique de l’Accord-cadre qui surpasserait encore autant l’Accord de la Saint Sylvestre que celui de la Cité de l’UA ainsi que, plus loin, les recommandations des concertations nationales menées par le tandem Kengo-Minaku. Comment ?

Décryptage

‘’Le problème de la République Démocratique du Congo n’est pas tant le départ de Kabila que le départ de Mobutu n’était nullement la solution dans les années 90 pour le Zaïre de l’époque… Le problème de ce pays, c’est la classe politique. Le Congo-Kinshasa a pour mal sa classe politique. Il faut le départ du système fonctionnant dans cette classe politique et le renouvellement de celle-ci…Or, c’est ce que prône l’Accord-cadre d’Addis-Abeba qui exige, via un dialogue puis une transition de trois ans, une tabula rasa des institutions ainsi que de la classe politique aux mains sales ‘’, dit cet opposant.

Bis repetita ?

Alors que l’opinion tant nationale qu’internationale s’attend et martèle sur l’irréversibilité des élections, comment une telle thèse peut être soutenue ? L’Accord-cadre signé il y a 5 ans n’a-t-il pas connu une date de péremption avec l’évolution de l’agora politique en RDC? N’est-ce pas que cette voie risque de causer un glissement bis repetita comme en 2016 puis 2017 ? Pour Odéric Nyembo, l’Accord-cadre d’Addis-Abeba n’a pas de date de péremption. Selon lui, la crise perdure parce que Pouvoir et une bonne frange de  ‘’ l’Opposition ‘’ ayant pactisé pour cohabiter dans les institutions boudent l’Accord-cadre qui les disqualifie car ils font à présent tous partie de la classe politique à renouveler via le dialogue selon le format de ce traité international. L’Accord prévoyait notamment, de calmer l’ardeur des seigneurs des guerres qui campaient çà et là. Les accords l’ont-ils fait ?  S’interroge-t-il. Quant aux attentes de la population sur les élections de décembre, il confie sans sourciller que la classe politique trompe l’opinion, dans un jeu politique habillé. Mais, lui, en tant que leader, sait qu’il tient la vérité. ‘’La vérité n’est pas question du nombre. Galilée avait raison face aux milliers. Le leader peut garder son cap tout en sachant détenir la vérité qui éclatera tôt ou tard ‘’, a-t-il dit. Une fois encore, en guise de chute, Odéric Nyembo insiste : ‘’le problème n’est pas de faire remplacer Kabila mais de renouveler la classe politique via l’application de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba…’’.

Danny Ngubaa

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