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Kwilu, Kongo Central et Mai-Ndombe : la Licopadel dénonce la détention et le traitement illégaux des dossiers judiciaires des femmes et des enfants

Kwilu, Kongo Central et Mai-Ndombe : la Licopadel dénonce la détention et le traitement illégaux des dossiers judiciaires des femmes et des enfants

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L’avènement d’un Etat de droit en République démocratique du Congo couvre plusieurs axes dont celui de la promotion et la protection des droits  fondamentaux des prisonniers, en particulier les femmes et des enfants ainsi les populations vulnérables en milieu rural. Sur ce, la Ligue Congolaise pour la Paix, les Droits de l’homme et le Développement a publié, le lundi 1er  octobre, un rapport  d’enquête et de monitoring sur l’identification des dossiers non identifiés et non assistés, les conditions de détention et le traitement des dossiers judiciaires des femmes et des enfants à Bagata et Bulungu dans la province du Kwilu ; Bumba, à l’Equateur ; à Luozi dans le Kongo central et à Mushie dans le Mai Ndombe. C’est dans le cadre de son programme de défense, d’accompagnement et d’assistance judiciaire de la population vulnérable du milieu rural péri-urbain que ledit rapport d’enquête a été réalisé avec l’appui de National Endowment for Democracy (NED) et CONCORD.
Le choix de ces deux catégories de prisonniers est justifié par la recrudescence des cas d’arrestation et détention illicites de plusieurs femmes et enfants dans le milieu rural.

Au total, 82 (70 femmes et 12 enfants) dossiers ont été répertoriés par les 2 avocats et 10 défenseurs des Droits de l’homme de la Licopadel ayant travaillé dans ces 5 territoires pendant près de 60 jours. Il sied de souligner que ces avocats et défenseurs des vulnérables ont effectué des descentes sur terrain pour recueillir des vue des prisonniers dans les cachots de la PNC, au Parquet de grande instance, au parquet près le tribunal de paix, au tribunal pour enfants, au tribunal de paix, au tribunal de grande instance et dans les prisons des 5 territoires précités. Occasion pour cette Ong de solliciter l’appui des partenaires pour l’accès à la justice de la population du milieu rural.
« Les lieux d’incarcération ne répondent pas aux normes. 70 femmes et 12 enfants s’y trouvent mais sans assistance judiciaire. Les détenus n’ont pas accès à la nourriture. Il n’y a pas de lumière dans les prisons, et les adultes et les enfants ne sont pas séparés», a expliqué Me Patrick Pindu, Directeur exécutif de la Licopadel.

Constats

Il ressort de ce rapport un grand dysfonctionnement de la justice du fait qu’il y a en prison des femmes et des enfants qui attendent pendant longtemps pour être présentés devant leurs juges naturels. D’autres, par contre, sont en détention sans dossiers judiciaires régulièrement constitués.

Pour ces activistes des droits humains, les prisonniers sont souvent victimes des actes de tortures, des traitements inhumains et dégradants et leurs dossiers ne sont pas instruits. Ils font, également, l’objet de discrimination, de rejet et de mépris de la part des responsables des maisons de détention ainsi que les OPJ. Pour ce faire, Me Patrick Pindu a rassuré que les enquêtes se poursuivraient à ce sujet. Occasion pour lui d’appeler l’autorité publique à agir.
Dans son rapport, cette ONGDH a notamment recommandé au gouvernement la construction de nouvelles prisons et maisons d’arrêt dans ces 5 territoires afin d’adapter les cellules d’hébergement  aux conditions de ces femmes, enfants et personnes vivant avec handicap.

Jules Ntambwe