Pas d’erreur !

Pas d’erreur !

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Candidature commune. Machine à voter. Fichier électoral et, puis, redynamisation de la CENI. Plus que cela, la décrispation politique et la dépollution de l’atmosphère générale dans le microcosme politique. Voilà des mots  qui caracolent au summun des hits dans le nouveau jargon politique congolais.  Si, hier, le glissement était sur toutes les lèvres. Aujourd’hui, le débat, si houleux soit-il, prend une autre connotation jusqu’au point de quitter, apparemment, le cercle de la rationalité.

Tous les politiciens de l’Opposition parmi les figures les mieux connues, les plus remarquables, ne jurent plus que sur  la diabolisation de l’ensemble du processus électoral.

Chaque jour, les préoccupations  majeures  qui auraient pu, normalement, être orientées vers les préparatifs des élections tant réclamées, sont, curieusement, calibrées ailleurs.

Marches et autres meetings de vérité réussis ou ratés s’en sont suivis. Mais, le  tango, quant à lui, est en marche.  D’ici le 22 novembre 2018, la campagne électorale  sera lancée alors que nombreux seront du côté de  revendications axées sur les  moyens d’actions mis en place par la CENI  pour organiser, justement, les élections à la date indiquée dans le calendrier du 5 novembre 2017.

Pourtant,  entre les marches pour l’abandon de la machine à voter et la lutte pour le non-report des élections, le choix, à la limite d’un saut dans le vide, devient un pari risqué.

Le chemin parait tellement difficile qu’il n’est plus possible, pour l’Opposition, d’envisager la transition sans Kabila, ni de contraindre la masse critique des élections déjà en action, de  reculer.

De deux choses l’une. C’est soit l’on opte pour la lutte et donc, pour la relance des hostilités de terrain, pour arracher les garanties liées notamment, à l’exigence de la mise en œuvre intégrale de l’Accord de la Saint Sylvestre en termes de décrispation de la situation politique ainsi que de toutes les mesures de confiance. Et là, la conséquence logique qui en découle est si simple qu’il ne faut vraiment pas confondre la lutte ainsi relancée et le temps de sa maturation pour en tirer des fruits, après de nouveaux réglages de nature à tirer encore  en longueur.

Et, de deux. Comment, en vertu de cette  deuxième acception, militer pour l’abandon de la machine à voter  à un plus ou moins un mois et quelques jours du lancement de la campagne électorale, le 22 novembre 2018, sans toutefois considérer que tout changement aussi brusque qu’impromptu conduirait forcément à un énième glissement dans le glissement ?

A l’analyse, qu’il s’agisse de la première démarche, celle des marches et autres ras-le-bol contre la machine à voter, le fichier électoral et la configuration actuelle de la centrale électorale ou   de tout autre format que celui qui est là, l’Opposition, toutes tendances confondues, sans oublier, évidemment, le Comité Laïc de Coordination et la CENCO, n’ont pas droit à l’erreur.

Car, en tout état cause, les pièges sur la voie  des élections paraissent complexes et systémiques. Pour les endiguer, une réflexion mûrie s’impose. Si,  la CENI décidait aujourd’hui d’abandonner la machine à voter et qu’elle proposait, par exemple, la rallonge de quelques temps   pour imprimer les bulletins papiers, que ferait-on ? Et si, après des marches, la CENI maintenait son dispositif électoral en l’état, avec la fameuse et controversée machine à voter, avec le fichier électoral dit corrompu par plus de dix millions d’électeurs fictifs et que, par ailleurs, les manifestants cassaient l’élan des élections du 23 décembre 2018, le report, pour ne pas l’appeler ainsi, viendrait de soi. Quoi qu’il en soit, les dés sont jetés. La Majorité, tirant la couverture vers le banc des meilleurs disciples de la paix,  se frotte les mains. Si bien que pour  la victoire de son pion, elle miserait sur  toute éventuelle panne sèche de stratégie, du côté des Opposants  radicaux. Parce qu’en  jouant  sur toutes les pistes, elle sait que si   les élections échouaient,  Kabila rempilerait  encore et garderait, sans crainte, ni vergogne, les clés du Palais de la Nation.

D’où, l’Opposition n’aurait-elle pas  intérêt à y aller à vau-l’eau ? Pas facile à y répondre.  Chacun, dans cet exercice, a peut-être sa petite idée de l’issue à la crise.  Mais, ‘’pourquoi  ne  pas  se mouiller même dans ces  élections imminentes  plutôt que de ne les avoir plus pour  cette année et de les attendre plus tard’’, s’interroge, paradoxalement,  une lycéenne de Kinshasa, apparemment, très inquiète pour l’avenir de la RD. Congo.

LPM

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