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Ne pas ouvrir la boite à pandore !

Ne pas ouvrir la boite à pandore !

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C’est difficile de garder son équilibre, surtout quand, tel un funambule, l’on marche sur un fil raide. Cette image caricature assez aisément la situation en République Démocratique du Congo. Et, il n’est pas ici question de la politique. Les poches des congolais sont fragiles autant que l’espoir d’un condamné à mort, un sur mille, d’être gracié. Ce, lorsque regardant les sous logés dans la poche au même titre que le diable, des responsables se demandent comment jouer sur tous les tableaux afin de satisfaire aux besoins de la maisonnée. Fragile, n’est-ce pas ? Bon, soit ! La réalité n’est pas connue par certains au moins autant qu’une autre encore plus triste. Dans cette République indépendante depuis plus de 50 années, des citoyens, à l’Ouest du pays, ne savent pas s’ils rentreront jusqu’à la maison sans faire les frais d’un Kuluna ou tout autre incivique déguisé en agent de l’ordre semant le désordre. A l’Est, par contre, dans des contrées comme Beni et ailleurs, la peur au ventre, c’est de savoir parfois si l’on verra demain.  Décor incroyable, mais circulez en cas de doute pour faire une enquête loin des salons huppés et des cortèges ultrasécurisés, çà et là quand l’obscurité de la nuit se nourrit de l’absence de la fourniture de l’énergie par la Société Nationale d’Electricité, l’insécurité, tel un dieu maléfique, parait omniprésente.

Le train électoral en RDC a, aussi, un parcours à l’équilibre fragile. Raté en 2016, raté en 2017 et maintenant  le cap de 2018 fait face à plusieurs remous. Si hier, Nangaa Corneille dressait un tableau de plusieurs défis, aujourd’hui, deux trois choses résument tout. Primo, la problématique de l’usage de la machine à voter qui, après des refus, fait passer un vent de confusion à l’Opposition où l’Udps et quelques candidats à la présidentielle comptent aller aux élections avec ou sans machine à voter. Secundo, le fichier électoral dont le nettoyage s’éclipse à la lumière des controverses de la MAV. Tertio, comme toujours, les contours sécuritaires et logistiques de l’organisation des élections s’imposent comme ultimes barrières et ou verrous. Et, alors que la problématique de la MAV et du fichier perdure comme sujet sur lequel il faille trouver un consensus d’après l’appel CENCO-Conseil de Sécurité, deux faits ont fait grésiller les esprits hier. Oui, il s’agit de l’attaque de résidence de deux dignitaires du Pouvoir en place par des armes létales. Est-ce une manœuvre de dernière main du régime en place pour enclencher un processus sournois afin de saper les joutes électorales de décembre maintenant que la MAV s’accepte peu-à-peu à l’Opposition ? Est-ce là le début d’acte de colère de Dieu contre les têtes d’affiche du régime de Kinshasa ? Ces deux questions sont sur les langues, mais par-dessus les deux, une alerte est donnée. A une soixantaine de jours des élections, il ne faut pas ouvrir la boîte de pandore car, les rails empruntés par le train électoral a un équilibre fragile, quoique battu sur un fossé où les tenants de l’apocalypse attendent le Congo de Lumumba depuis 1960.