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Candidats Présidents de la République en RDC: Est-ce que le nombre fait réellement le poids?

Candidats Présidents de la République en RDC: Est-ce que le nombre fait réellement le poids?

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Tribune de Richie Lontulungu

Le Congo, c’est le pays des gens braves. Vingt-et-un candidats Présidents:- le nombre fait-il réellement le poids? – Qui de tous ces candidats est le plus authentique et qui ne l’est pas? – Pourquoi combattent-ils?- Pour qui combattent-ils?  Depuis la publication de la liste finale des candidats à l’élection présidentielle,  prévue le 23 Décembre 2018 en République Démocratique du Congo, l’arithmétique politique a pris de l’ascension au point où l’on se demande si elle ne serait en elle-même pas une illusion pure et simple de la politique.  Dans la quête de savoir si les élections se tiendront réellement en Décembre prochain en RDC, on base désormais tout le calcul sur le nombre de candidats Présidents, satisfaits ou mécontents. On se demande, par exemple, combien d’entre les candidats Présidents sont en faveur de la machine à voter ou du fichier électoral? On cherche également à savoir si le vote sera crédible ou pas sans que quelques-uns aient agréé à une chose. C’est cela l’arithmétique politique. Le jugement qui en découle toujours est aussi arithmétique, avec une marge d’erreurs considérables. Pour les habitués de la politique congolaise, tout cela sonne, un peu, de la vieille rhétorique du “déjà vu”. Pour se libérer d’une telle arithmétique politique, il faut, par exemple, poser deux hypothèses qui, d’une part, tendraient à prouver que la prise de position du candidat Président, par rapport à différentes questions, serait authentique à lui-même; pour le bon. D’autre part, elles chercheraient à démontrer que son positionnement serait l’œuvre d’un être supérieur ou d’un parrain transparent; pour le pire. Ces deux hypothèses peuvent être vérifiées. Elles sont vérifiables dans la mesure où, on peut plus au moins poser des questions sur la provenance de la caution électorale versée, au comptant, par les uns et les autres; celle-ci étant une mise faramineuse par tête.   Ce traçage permet de séparer, le sucre du vitriol, l’illusion du concret. Dans les rues de la ville de Kinshasa, des partisans au renouvellement de la classe politique célèbrent l’inscription des Congolais ordinaires sur la liste des candidats Présidents car qui dit Congolais ordinaire veut dire celui qui tire sa survie au taux du jour.  En interrogeant les sources de financement des candidats, vous interrogez, de facto, les motivations derrière des déclarations politiques à sensation.  C’est au vue de toutes ces informations qu’une quelconque influence “légitime” peut être dévolue aux revendications d’un candidat ou d’un bloc des candidats sur une question spécifique. L’analyse d’un contexte ne peut avoir pour seul fondement des faits apparents.  Quiconque analyse la problématique de la tenue ou non des élections en RDC, en se basant uniquement sur les seuls propos des candidats, sans y chercher à comprendre les réelles motivations, pourrait naïvement sombrer dans la fausse logique appelant à un report des élections prévues pour ce mois de Décembre en RDC. Faudrait-il encore compter sur l’arithmétique politique pour prédire l’ombre de choses à venir?  Dans un développement récent, sept de vingt-et-un candidats Présidents, considérés comme étant les sept tigres du processus en cours côté Opposition, avaient dans une série de communiqués conjoints menacé de boycotter les élections à venir si l’usage de la machine à voter n’était pas abandonné et  le fichier électoral nettoyé. Ce positionnement des sept tigres de l’Opposition faisait dire aux analystes que l’élection ne pouvait être tenue à la fin de cette année, et qu’il fallait réfléchir sur un cadre permettant de bien fêter Noël. Une frange de la Communauté Internationale avait été aussi séduite par cette amalgame.  Au moment où je rédige cette analyse, cela ne semble plus être le cas. Car à la suite de différences structurelles et méthodologiques, trois parmi ces sept candidats se disent désormais favorables aux élections sans le moindre report ou changement moyennant une bonne surveillance de leur part. Cette prise de position intervient à deux mois seulement des élections proprement dites. Qu’est-ce qui serait arrivé, le cas échéant, si on déviait le processus électoral de sa  trajectoire du 23 Décembre prochain, suite à leur de position de départ qui avait duré des mois?  Dans leur mea-culpa, ces Partis politiques disent avoir compris qu’il ne fallait absolument pas rendre au Pouvoir de Kinshasa un chèque en blanc. On compte parmi ces candidats Présidents réfractaires, le candidat Félix Tshisekedi de l’UDPS et le candidat Vital Kamerhe de l’UNC, les deux grandes figures de l’Opposition restés encore dans la course.  En même temps que la conversion de ces trois tigres a eu lieu, un nouveau bloc a émergé avec les mêmes demandes. Il est, cette fois, composé de onze candidats Présidents qui, pour la plupart, se tenaient jusqu’alors hors de tout débat.  Dans les fiefs de trois tigres qui disent maintenant voir clair et voir loin, on redoute que le Pouvoir de Kinshasa opère “sous silence” dans le camps des Opposants pour accoucher d’une transition politique à la place des élections à la fin de cette année. Une responsabilité historique qui reviendrait indiscutablement aux Opposants.  On accuse que cela se traduirait  par la vague montante de candidats qui conditionnent la tenue des élections par l’épuisement sine qua none des éléments dits de doute. Dans une adresse récente à la presse, l’un des onze candidats contestataires a demandé de faire asseoir une transition politique d’une année avant la tenue des élections, avec le maintien du Président Joseph Kabila à la tête de l’Etat. Par contre, un autre en a exigé pour deux ans avec partage du Pouvoir au Sommet, mais sans le Président Joseph Kabila.  La nouvelle ligne de conduite de l’UDPS et de l’UNC consiste, disent-ils, à contrecarrer les intentions de ceux qui complotent pour le maintien du Président Kabila au-delà du 23 Décembre prochain, par la voie d’une transition politique suivant le rejet en bloc de la machine à voter.  Ces propos viennent renforcer la nature du doute qui plane sur les motivations réelles des uns et des autres (les candidats) telles qu’évoquées ci-haut. Cette nouvelle ligne de conduite révèle, en outre, le scepticisme que ces deux formations entretiennent, quant aux manœuvres politiques, d’autres joueurs dans l’Opposition.  Dans les fiefs des trois tigres réfractaires, on redoute aussi le gonflement, soudain en nombre, des candidats Présidents qui se revendiquent du camp de l’Opposition et qui s’expriment dans sa langue locale.  Le pouvoir de Kinshasa, lui, rejette de revers de main toutes ces allégations et continue d’afficher l’air intraitable sur la question de la tenue des élections en Décembre prochain. Car, dit-il, tout le mécanisme est bien prêt pour remporter ces élections.  Doit-on encore compter sur l’arithmétique politique pour prendre  les meilleures décisions concernant ce processus électoral?  Autre développement, dans les fiefs des Opposants qui se disent désormais prêts à aller aux élections le 23 Décembre avec ou sans la machine à voter, on reproche à quelques Leaders de l’Opposition de favoriser un jeu à somme nulle ayant comme objectif de maintenir les équilibres inchangées dans la masse. Ces propos font souvent référence aux Opposants Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba, hors course et qui, pour certains, tentent de tirer le drap dans le sens d’un boycott.  Si l’on se base sur ces éléments de doutes qui s’échappent des QGs de certains partis politiques en lice, cela amènera à se poser la question de savoir si l’indexation de la machine à voter et du fichier électoral ne serait alors qu’une tactique permettant de contenir les ambitions des autres candidats en vue d’une fin à parts égales? Doit-on encore compter sur l’arithmétique politique pour faire les meilleures décisions concernant ce processus électoral?  Lors d’un entretien à Kinshasa, l’un des candidats Présidents avait sensibilisé ses pairs de l’Opposition sur le fait que toute contestation était bonne y compris celle de la machine à voter, mais que cela ne devrait en aucun cas empêcher la tenue des élections en Décembre prochain, comme voulu par le peuple.  Un autre leader de l’Opposition affirmait que le retour au vote en papier n’était pas synonyme que l’Opposition accepterait les résultats des élections.  Ces deux allocutions, à elles seules, permettent de comprendre que la question de l’usage de la machine à voter ou non paraît bien extérieure à la finalité des choses. Il est difficile de voir le bout du tunnel, si pas de faire de l’élection ce bout de tunnel.

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