2016, 2017 & 2018. Liberté de la presse en RDC : rien n’aurait changé selon JED!

2016, 2017 & 2018. Liberté de la presse en RDC : rien n’aurait changé selon JED!

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Menaces, agressions, arrestations, censures,… les prédateurs ont le vent en poupe. C’est la petite phrase très significative se trouvant sur la couverture du Rapport annuel 2018 sur l’état de la liberté de la presse et d’expression en RD. Congo intitulé : ‘’Les élections de tous les dangers pour les journalistes et médias‘’. Ce rapport a été rendu public par JED le 2 novembre dernier à l’occasion de la journée mondiale pour la fin de l’impunité des crimes commis contre les journalistes. Au total, 121 cas d’attaques contre les journalistes et les médias ont été enregistrés au cours des 12 derniers mois. C’est le même nombre qu’en 2016 ; pour Tshivis Tshivuadi, rien n’a changé.

Cette journée est l’occasion d’évaluer les efforts déployés pour répondre aux problèmes de sécurité auxquels font face les journalistes, dans leur travail d’investigation et de publication. Mais, aussi, à l’impunité des attaques et des crimes dont ils sont encore trop souvent l’objet.

Selon Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, depuis 2013, le cadre juridique international a été renforcé avec l’adoption de plus de 10 résolutions par des organismes des Nations Unies. Toutefois, la mise en œuvre des mesures nécessaires au niveau national reste un véritable défi.

Ainsi, pour lutter contre l’impunité qui est liée aux libertés fondamentales, l’UNESCO a lancé la campagne Truth Never Dies, dans l’objectif d’encourager la publication d’articles rédigés par ou en hommage à des journalistes tués dans l’exercice de leur métier. Une boîte à outils est disponible à l’attention des médias qui souhaitent y participer.

Elections & Médias

A l’approche des scrutins, le Président du CSAC, Tito Ndombi, a martelé sur le fait que ‘’pour avoir des élections apaisées en RDC, en ce qui concerne les médias, l’un des principes incontournable est de pouvoir donner la parole à tout le monde. Permettre à tous les courants d’opinions, à tous les courants de pensées de pouvoir s’exprimer à travers les médias. Et aussi bien dans les médias publics que privés‘’.

‘’Aujourd’hui, on demande aux journalistes de donner l’information sur les élections et pouvoir décortiquer, analyser et même déshabiller tous les programmes qu’on nous présente pour permettre aux citoyens de se faire une opinion et de faire un choix judicieux‘’, a-t-il poursuivi.

Parmi les directives données par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication, il y a celle relative à la campagne électorale. Pour prévenir tout dérapage du processus et éviter que l’anarchie ne s’installe, le CSAC a édicté une directive sur la campagne électorale en concertation avec la CENI. ‘’Cette directive fixe les normes et les conditions de diffusions des messages de campagne électorale à  travers les médias. Mais aussi de l’affichage électoral. Le but de cette directive est de préparer les professionnels des médias à la couverture médiatique des opérations pré-électorales et postélectorales. Il s’agit également de sensibiliser les acteurs politiques sur les règles à respecter durant la même période.

JED à la rescousse

Le comble à ce jour est que ceux qui persécutent les journalistes sont les mieux sécurisés. ‘’Ce sont des personnes identifiables qui s’empennent aux journalistes, qui arrêtent, qui menacent mais sont assurés d’une impunité totale. La culture de la liberté totale va tuer la liberté de la presse dans notre pays‘’, déclare le Président de ‘’Journaliste en Danger‘’, cette structure qui ne cesse d’accompagner les professionnels des médias.

Le rapport annuel 2018 documente au minimum 121 cas d’attaques diverses contre les journalistes et contre les médias enregistrés au cours des 12 derniers mois. ‘’C’est le même nombre qu’en 2016 donc, rien n’a changé. Ces trois dernières années qui ont été celles de graves crises politiques et électorales, il y a un total de 350 cas d’attaques diverses enregistrées au cours de cette période. Des violations liées à la crise politique et au processus électoral chaotique actuel‘’.

Ce rapport est donc une sorte de sonnette d’alarme pour dire que dans quelques jours, l’on entre dans une zone de forte turbulence politique. Il se trouve, malheureusement, que les journalistes vont entrer dans cette zone sans aucune ceinture de sécurité parce qu’il n’y a aucune mesure prise ni sur le plan politique, ni sur le  plan législatif, ni sur le plan sécuritaire pour permettre à ce qu’ils puissent faire leur travail pendant cette période en toute liberté, en toute dépendance et en toute sécurité.

Toutefois, ‘’les chiffres seuls ne suffisent pas. Derrières toutes ces statistiques, il y a des hommes et des femmes qui souffrent, qui ont été attaqué à cause de leur travail‘’. Il a fallu leur donner la parole afin de pointer du doigt les prédateurs…

‘’Nous voulons croire que l’Etat de droit peut exister dans ce pays et qu’ici, les gens seront conscients du fait que les médias ont un rôle important et que si on veut avoir les élections crédibles, il est plus que temps de respecter effectivement le travail des journalistes dans son travail‘’. Il faut donc continuer le plaidoyer pour mettre sur pied le mécanisme qui permette de sécuriser les journalistes entre autres, combattre l’impunité.

Boris Luviya

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