Violences sexuelles. Kasaï Central : MSF prend en charge 2.600 victimes !

Violences sexuelles. Kasaï Central : MSF prend en charge 2.600 victimes !

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Au regard du nombre élevé de personnes ayant souffert de violences sexuelles au Kasaï Central, l’organisation médicale humanitaire  Médecins Sans  Frontières  (MSF) rappelle que les violences sexuelles sont une urgence médicale. Les victimes sont incitées à rechercher des soins au plus tard dans les trois jours suivant les faits afin de soigner les blessures découlant de l’agression et diminuer les risques médicaux associés au viol, par exemple les infections sexuellement transmissibles et le VIH.

Les équipes de Médecins sans Frontières mènent des activités de prise en charge médicale, psychologique et médicolégale pour les victimes de violences sexuelles depuis mai 2017 à l’Hôpital Provincial de Référence de Kananga. Elles accueillent avec confidentialité les patients qui ont souffert d’un viol ou autre agression sexuelle en leur fournissant une prise en charge médicale gratuite et de qualité, un service d’assistance et un support psychologique, qui peuvent continuer plusieurs jours après la prise en charge médicale.

« Au-delà des traitements gratuits contre des infections sexuellement transmissibles et du vaccin contre le tétanos et l’hépatite, nous encourageons vivement les personnes victimes d’un acte de violence sexuelle à se présenter à l’hôpital de Kananga dans les 3 jours qui suivent le viol afin de recevoir les soins médicaux appropriés ainsi qu’une assistance psychologique», affirme la Coordinatrice de projet pour MSF à Kananga.

Parmi les 2.600 victimes de violence sexuelle soignées par les équipes MSF, il y avait 32 hommes dont certains racontent avoir été forcés à violer des membres de leur communauté sous la menace d’hommes armés. 162 enfants de moins de quinze ans, dont 22 de moins de 5 ans, ont également été pris en charge. « La protection des victimes, que ce soit pour les enfants ou les adultes, ainsi que le soutien à la réinsertion socio-économique reste particulièrement problématique avec le peu de services accessibles», explique Fransisca Baptista da Silva.

Ces chiffres ne montrent probablement qu’une partie du problème. Les équipes de MSF ont commencé à prendre en charge les victimes de violence sexuelles en mai 2017, plus d’un an après le début de la crise dans la région du Grand Kasaï. En septembre 2017,  rappelle-t-on, face aux besoins exprimés, MSF a adapté son offre de services à Kananga pour se focaliser particulièrement sur la prise en charge des victimes de violence sexuelle. La promotion de ces services a entraîné une augmentation du nombre de patients qui atteignent aujourd’hui plus de 200 personnes en moyenne par mois.

L’organisation médicale humanitaire offre des consultations psychologiques de groupes pour certains patients, et des consultations individuelles pour les personnes les plus en détresse. Parmi celles-ci (835 victimes sur les 7 derniers mois), la moitié affirme qu’au moins un membre de leur famille a été tué et/ou que leurs biens ont été pillés ou détruits. 10% disent avoir été témoin direct d’un meurtre ou de violences.

Rappelons que MSF a déjà soigné 2.600 victimes de violences sexuelles entre mai 2017 et septembre 2018 dans la ville de Kananga. 80% de ces victimes disent avoir été agressées par des hommes en armes.

Pour Karel Janssens, ces chiffres témoignent d’un haut niveau de violence qui a persisté au Kasaï Central sur la dernière année. « Les témoignages bouleversants que nous entendons tous les jours racontent des vies brisées et des communautés déchirées pour qui il reste difficile de se reconstruire et aller de l’avant», indique le chef de mission pour MSF en RDC.

Malheureusement, aujourd’hui encore, les trois quart des patients de MSF demandent les services médicaux un mois ou plus après leur agression. Généralement, parce qu’ils ne connaissent pas l’existence de services gratuits pour les appuyer, ou qu’ils n’ont pas les moyens matériels de se déplacer jusqu’aux centres médicaux pouvant leur offrir des soins.

En 2017, renseigne-t-on,  les équipes de MSF avaient offert plus de 6.300 consultations gratuites pour des victimes de violences sexuelles dans 17 projets à travers le pays.

Jordache Diala

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