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Dernière ligne droite !

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A exactement 4 jours de la fin de la campagne et 6 jours de la tenue des scrutins combinés, la présidentielle couplée aux législatives nationales et provinciales, le spectre de la contestation postélectorale se dessine davantage. Les trois candidats les plus en vue, Emmanuel Ramazani Shadary du FCC, Félix Tshisekedi Tshilombo de CACH et Martin Fayulu Madidi de la Coalition LAMUKA qui sillonnent, chaque jour, la vaste étendue de la RDC, sont appelés à s’investir totalement pour convaincre les millions d’électeurs à se pointer massivement et pacifiquement dans les bureaux de vote le 23 décembre.

Cependant, Martin Fayulu, alias «le soldat du peuple», se bat pour contester la machine à voter de même que le fichier «corrompu» avec près de 10 millions d’électeurs présumés fictifs. Les bulletins de nombreux Congolais qui voteront comme l’indique ce candidat (mentionner le chiffre 4 sur chaque bulletin) seront considérés comme bulletins nuls, conformément à la Loi électorale. Tous les ratés et les écueils de ce processus électoral dont le troublant incendie dans un entrepôt de la CENI à Kinshasa avec les 8.000 machines et autres kits calcinés, ne font que renforcer le camp de ceux qui estiment que les élections n’ont pas été conformes aux normes.

Quant à Félix Tshisekedi, il pourra être le principal bénéficiaire du vote sanction contre le régime Kabila qui, aux yeux de beaucoup, a fait son temps (17 ans). Ce ticket gagnant de CACH aura, avec cet appel au boycott déguisé de LAMUKA, la possibilité de battre le champion du FCC, Shadary, au cas où ces élections seraient transparentes. Mais avec l’opacité sur le nombre total des machines à voter et des bulletins, un tel scénario se produirait difficilement, selon des observateurs avertis. Les 18 autres «petits candidats» n’ont pas encore dit leur dernier mot. Le décor est donc planté pour une forte contestation du verdict des urnes.

Dans le camp du pouvoir en place, le climat n’est pas aussi serein. Le candidat de la continuité, Emmanuel Ramazani Shadary, est sous le régime de sanctions de l’Union Européenne. Plus grave, une Sénatrice américaine demande l’arrestation du Dauphin de Joseph Kabila. Dans les rangs du FCC, nombre d’autorités morales, présidents et membres de partis, plateformes et regroupements grincent les dents suite à la modicité de l’enveloppe de campagne. La pénurie d’argent refroidit et déboussole pas mal de candidats recrutés.

Au finish, une bipolarisation de la sphère politique se profile. Shadary du FCC, éventuel vainqueur de la présidentielle 2018, face au bloc des contestataires, Tshisekedi et Fayulu. L’un revendiquerait la «victoire volée», l’autre contesterait les irrégularités et écueils du processus électoral. Le candidat commun de l’Opposition désigné à Genève a, d’ores et déjà, porté plainte contre quelques autorités pour avoir été empêché de battre campagne dans certaines provinces et pour tentative d’assassinat. En revanche, le FCC impute à celui-ci l’incendie de l’entrepôt de la CENI. Cette dernière ligne droite de la campagne électorale avec comme ligne d’arrivée Kinshasa la capitale s’annonce donc palpitante et passionnante.

La Pros.