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Fatshi-Kabila : piège ou deal malicieux ?

Fatshi-Kabila : piège ou deal malicieux ?

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Quelques mois avant la tenue des scrutins en République Démocratique du Congo, la position mi-ange, mi-démon de l’Udps soulevait déjà des inquiétudes auprès de la population assoiffée du changement, quant à un possible revirement vers le camp du régime en place, conjugué aujourd’hui au passé récent, pour des fins d’intérêts personnels et ‘’ventriotes‘’. D’abord, l’usage de la machine à voter acquiescé sans beaucoup d’hésitation, la volte-face du théâtre de Genève sous couvert de l’écoute de la Base, l’alliance trompe-l’œil de Félix Tshisekedi avec Vital Kamerhe à Nairobi, l’aisance de la campagne électorale pour la coalition CACH à l’intérieur du pays et, enfin, les propos adoucis et modérés de Fatshi et Cie à l’endroit de Joseph Kabila, à la veille de la proclamation des résultats. Tout cela rapproche la victoire du nouveau Chef de l’Etat à un pacte gagnant-gagnant avec le président sortant. Mais, Félix Tshilombo était-il le dauphin préalablement choisi par Joseph Kabila ou sa dernière carte en cas d’échec prévisible ?

La montée en puissance de Martin Fayulu, candidat de la coalition Lamuka enfantée en Suisse par les principaux ténors de l’opposition, a créé une véritable force politique assez dangereuse pour contraindre les plans du régime Kabila aux élections du 23 décembre 2018, reportées au 30 décembre 2018. Accord duquel se sont détachés Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, stratégiquement, pour former le Cap pour le Changement. Toutefois, la fougue politique qu’a acquis le candidat de Lamuka grâce notamment, au soutien des invalidés Jean-Pierre Bemba et Adolphe Muzito, de Freddy Matungulu retiré verbalement de la course et du Chairman Moïse Katumbi, empêché de poser le moindre orteil sur le sol rd-congolais, lui a permis de s’imposer considérablement sur la scène politique, rapidement accompagné par des sympathisants convaincus de participer, cette fois, à une tangible alternance pacifique.

Ce qui a placé le postulant du Front Commun pour le Congo ou le désigné de Joseph Kabila, Ramazani Shadary, dans une situation un peu plus compliqué davantage. Il aura beau parcouru 25 provinces du territoire national sur les 26, et effectué une campagne électorale à l’américaine, mais au finish, le coup fatal lui infligé par l’union partielle et surprenante des opposants associés aux occidentaux et aux 17 années mitigées de son autorité morale, l’a rapidement assommé bien avant le vote.

Heureusement, puisqu’apparemment, il a été remplacé par un autre Joker : Félix Tshisekedi qui assurerait mieux les arrières du Président Kabila après les règnes. Pour cela, il s’est bien fait aider par Vital Kamerhe, ancien allié de Kabila qui, aujourd’hui, est de retour à la majorité déguisée.

Question. Comment la CENI a-t-elle pu proclamer un président de la République alors que certains Centres locaux de compilation des résultats n’ont pas épluché l’opération d’assemblage des bulletins de vote ? En plus du fait que trois grandes circonscriptions électorales ont été exclues de l’élection présidentielle. Il a été soulevé le cas de la précipitation de Corneille Nangaa à publier le verdict des urnes sous pression de l’usure du temps devenu lassant et suspicieux pour la suite du processus électoral. Qu’est-ce qui se cache finalement derrière l’organisation hypothétique des élections en RD. Congo ?

Tshisekedi fils sert, semble-t-il, d’appât à Kabila pour mettre en place la continuité ? Une fois confirmé Chef de l’Etat par la Cour Constitutionnelle, reste à voir s’il s’imposera en tant que tel ou sera-t-il seulement une marionnette télécommandée par les As de ‘’l’émergence‘’.

En tout cas, pour l’élection du cinquième président de la République signant la toute première alternance au sommet de l’Etat, ce n’était pas vraiment un tonnerre de Brest dans les rues et sentiers du territoire. Certes, Félix Tshisekedi a été proclamé par la CENI élu provisoirement à la magistrature suprême, mais les questionnements virevoltent encore dans les esprits lucides des congolais sur son catapultage, aussi silencieux que spectaculaire, aux commandes du pays. Les différents grands sondages et résultats partiels des témoins électoraux et missions d’observation électorale présentes sur place présentaient une victoire écrasante du candidat de la coalition Lamuka, avec un écart de taille sur ses principaux concurrents.

Et même la CENCO qui déclarait détenir l’ensemble des résultats du vote trois jours après la tenue des élections grâce à ses ‘’40.000‘’ observateurs, a affirmé ce jeudi 10 janvier que l’élu proclamé par la Centrale électorale ne correspond pas au sien, qu’elle se prive de mettre sur le place publique n’étant pas habilitée à cet exercice. Toutefois, elle appelle au calme ainsi qu’à la sérénité et exhorte à user des voies démocratiques  et préétablis en cas de contestation, loin de toute forme de violence.

Entre piège et deal malicieux, le jeu bien caché finira par se dévoiler un jour, au grand jour…

Boris Luviya

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