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Le Gouvernement Tshibala et la CENI ont relevé le défi de la réalisation de meilleures élections

Le Gouvernement Tshibala et la CENI ont relevé le défi de la réalisation de meilleures élections

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Il y a deux ans, en 2016-2017, l’organisation du troisième cycle des élections en RDC était presqu’une mission impossible. Le pessimisme était nourri par les sombres phases de l’implosion de la violence armée au Kasaï et l’insurrection urbaine initiée par certains groupes politico-religieux catholiques en 2017. Il s’y était ajouté la toxique croisade politique lancée par des opposants extrémistes. Ceux-ci réclamaient une transition sans Kabila. Cet épisode brumeux de notre histoire post-guerre s’était empiré avec la détérioration de la situation économique en 2016-2017. La monnaie nationale avait perdu plus de 40% de sa valeur dans le premier trimestre de 2017. L’espoir des avancées vers la réalisation du troisième cycle des élections en RDC tenait quasiment sur la pointe d’une épingle. D’aucuns avaient même taxé la nomination de Bruno Tshibala au poste de premier ministre comme un cadeau empoisonné. Et 18 mois plus tard, le gouvernement Tshibala et la CENI ont brillamment relevé le titanesque defi.cet exploit électoral historique mérite une élucidation en profondeur pour sa meilleure absorption dans nos esprits. Cela est d’une impérieuse nécessité dans la mesure où la réussite de la conquête du futur est aussi fonction du sens existentiel que nous assignons à nos occurrences historiques. Comme le soulignait le professeur Mulumbati Ngasha de l’UNILU, la politique pratique est aussi fonction de la politique conscience. Dans la même optique, Franz Fanon notait (dans les Damnés de la Terre) que la conquête des horizons du développement par les Africains exige impérativement un effort d’idéation de nos exploits. C’est à travers ce prisme que je propose un regard cogitatif sur la performance du gouvernement Tshibala en conjonction avec la CENI. Mon argument est que leur double exploit est révélateur de la puissance de réalisation des prouesses lorsque les congolais conjuguent leurs efforts en face des contradictions nationales et des incantations internationales défaitistes.

  1. LE GOUVERNEMENT TSHIBALA ET LA REALISATION DE SES PRINCIPAUX OBJECTIFS PROGRAMMATIQUES

C’est dans un climat psycho-politique de pessimisme ligotant l’esprit que le premier ministre Tshibala avait été porté à la tête du gouvernement en 2017. Le désespoir d’un contexte politique, économique et sécuritaire aussi délétère ne lui donnait visiblement aucune chance d’impulser un leadership gouvernemental pour la réalisation des élections. Ainsi, la publication de son programme de gouvernement avec la mission phare d’organiser les meilleures élections de cette phase de notre histoire, en finançant entièrement la CENI, fut perçue comme une posture chimérique. Percevant certainement ce que ses détracteurs catastrophistes ne voyaient pas (à cause de leurs esprits aveuglés par le mental négationniste). Le premier Ministre Tshibala a été d’un remarquable optimisme. Il a déployée l’une des vertus de leadership politique au gouvernement : la focalisation sur ses objectifs et les résultats programmatiques.

A cet égard, on peut affirmer que le Premier ministre Tshibala a indubitablement   exploité la ténacité ayant nourri son inlassable long combat à côté  d’Etienne Tshisekedi pendant 37 ans, sans lâcher prise face aux innombrables contrariétés. Comme appelant l’impossible à l’existence, pendant 18 mois, le premier ministre Tshibala a continué à marteler la mission de son gouvernement de réaliser ses objectifs électoraux.

Sur le même registre de la réalisation des objectifs du programme de gouvernement, l’inflation a été maitrisée. De juillet 2017 à janvier 2019, le rapport USD/FC  a été maintenu à 1.659 FC pendant plus de 18 mois. Le cadre macro-économique (qui était ébranlé dans le premier trimestre de 2017, avant le gouvernement Tshibala) a été redressé et stabilisé avec une croissance du PIB de 2-3%. Pourtant, pendant cette phase, plusieurs pays Africains étaient plongés dans la récession (Angola, RSA, Zimbabwe, Nigeria). Cet élan mélioratif s’est étendu  aux réserves en devises à la banque centrale. Elles sont passées de moins de $ 700 millions en 2017  plus de $ 1 milliards en 2018. La violence armée a été maitrisée au Kasaï, malgré quelques attaques des groupuscules versant dans le banditisme opportuniste.

Au Kivu, la situation des violences terroristes perpétrées par les ADF /NALU a été aussi contenue par les FARDC. En d’autres termes, la situation n’a pas dégénéré en guerre généralisée par l’effet amplificateur des antagonismes électoraux, comme prédit par les catastrophistes. L’histoire retiendra que le gouvernement Tshibala a bien accompli sa mission en contribuant à la réalisation de la prouesse électorale congolaise en 2018-2019. Une remarquable réussite de la réalisation des objectifs stratégiques d’un programme de gouvernement. Bien plus remarquable, les membres du gouvernement Tshibala sont arrivés à créer des rapports harmonieux avec leurs anciens adversaires de la MP. Ainsi, malgré les différences partisanes, le gouvernement Tshibala a été la source historique de la méga-coalition (FCC). On pourrait donc conclure que ce gouvernement a eu une valeur ajoutée politique en faveur de la cohésion sur l’arène politique congolaise. Cela a réduit de manière significative l’amplitude des dissensions dramatiques qui auraient davantage compliqué l’équation électorale.

  1. LA CENI ET SA BRILLANTE PERFORMANCE TECHNO-ELECTORALE : UN RAYON DU LEADERSHIP FORT

Dans cette même optique des prouesses congolaises, l’administration électorale nationale, CENI, arrache une étincelle palme d’or. De toutes les contraintes et autres tourbillons politiques vertigineux traversés par la CENI, on peut noter trois défis majeurs relevés par la centrale électorale congolaise. Primo, il s’agit du défi fondamental de son indépendance.

A ce sujet, pendant plus de trois ans les détracteurs de la CENI la brandissaient au pays et l’étranger comme un outil du régime Kabila. Sur ce registre, l’administration électorale congolaise était accusée soit de refuser d’organiser les élections pour perpétuer le régime en place ou alors de prendre le temps de les organiser machiavéliquement en favorisant le candidat de la majorité. L’accusation de l’instrumentalisation de la CENI fut si dense, si intense, si disséminée au plan international, au point où il apparaissait presqu’inéluctable que la CENI allait simplement proclamer Emmanuel Shadary vainqueur. Ainsi donc, le fait que la CENI a proclamé le candidat de la frange de l’opposition qui pendant des années fut la plus radicale et la plus stridente contre le régime de Kabila, a été un véritable coup de tonnerre dans l’entendement politique congolais et africain. C’est presque surréaliste qu’une administration électorale dans un pays africain om l’oligarchie régnante est arrivée au pouvoir par les armes et a géré l’Etat pendant 17 ans, avec deux victoires électorales du président en fonction, que l’administration électorale proclame un opposant vainqueur. Et plus encore, la CENI a poussé son indépendance et sa transparence très loin. Elle a publié les résultats sans édulcorer : elle a eu la bravoure de présenter le dauphin du président au pouvoir à la troisième place, après deux candidats meilleurs performants, tous de l’opposition. Le deuxième défi était celui de l’opérationnalité de la machine à voter. Cette innovation techno-électorale, unique en Afrique, a fait verser sur la CENI les imprécations les plus sidérantes. Taxée de machine à voler, elle a été avilie comme outil du machiavélisme du régime Kabila. Celui-ci, alléguaient les accusateurs oppositionnels, l’aurait fait programmer par les ingénieurs sud-coréens pour produire inéluctablement la victoire de son dauphin.

Certaines puissances internationales sont allées jusqu’à tenter de discréditer la MAV. Elles ont fait croire à son rejet par les diplomates et techniciens sud-coréens   -ses propres fabricants ! Le rejet radical de la MAV par les opposants extrémistes et certaines puissances mondiales avait même infecté certains politiciens du FCC. Beaucoup d’entre eux avaient aussi commencé à douter de la fiabilité et donc de la faisabilité des élections avec la MAV. Le troisième défi colossal était celui de la logistique. Sans soutien  financier international et sans appui logistique de la MONUSCO scandait-on, les élections étaient condamnées à la catastrophe. L’incendie de l’entrepôt de la CENI à Kinshasa compliqua encore l’équation. La perte de plus de 8.000 MAV et la décision de la CENI de reporter les élections du 23 au 30 décembre 2018 confortèrent les catastrophistes dans leur croisade contre la centrale électorale. Les rumeurs les plus rocambolesques furent diffusées pour discréditer la CENI. Ainsi, par exemple, l’incendie fut brandi comme une mascarade orchestrée par la centrale électorale pour ne pas organiser les élections et prolonger le pouvoir de J. Kabila. Des appels stridents furent même lancés pour la démission du président de la CENI, Corneille Nangaa.

Et même lorsque la CENI a démontré qu’elle a obtenu toutes les ressources financières du gouvernement et que celui-ci a mis à sa disposition des véhicules et des hélicoptères, les défaitistes scandaient l’impossibilité des élections. Jusqu’à quelques jours des opérations de vote, les défaitistes déclaraient que la CENI ne saura pas déployer tous les matériels et les machines dans tous les bureaux de vote. Aujourd’hui, même les plus démentiels des catastrophistes ont déchanté. La CENI a réalisé une mission présentée comme impossible par ses détracteurs nationaux et internationaux. Elle a organisé des élections pacifiques, assorties d’un remarquable management logistique dans un sous-continent. Les résultats tissant la base de l’alternance, en élevant un candidat de l’opposition à la présidence de la république, ont été publiés en toute indépendance sans violences apocalyptiques – comme prédit par les défaitistes. Les experts internationaux ont reconnu la validité technique de la MAV. La vaste majorité des observateurs nationaux et internationaux convergent sur la valeur ajoutée de cette innovation techno-électorale. Même  la CENCO, dont les prélats sont acrimonieux vis-à-vis de la CENI, a reconnu que la MAV a fonctionné dans la quasi-totalité de bureaux de vote, en dépit de quelques dysfonctions mineures. Indubitablement, la CENI a réalisé un double exploit unique en Afrique centrale et rayonnant sur le continent. Tout en introduisant une innovation techno-électorale de pointe inégalée en Afrique, elle a réussi à l’opérationnaliser aux élections avec ses propres ingénieurs, avec succès. Mais la CENI a aussi réalisé une expérience distinctive de leadership et de management dans un contexte d’adversité et d’incertitude. Prise en Sandwich par l’hostilité acrimonieuse des opposants radicaux, les incertitudes affichées même dans le camp du pouvoir, couplés aux pressions et menaces internationales, la CENI a maintenu le cap des élections. Tenace et imperturbable, son président Corneille Nangaa a été d’une lucidité inflexible. Une solidité psychologique et intellectuelle nourrie par la ferme conviction, au fond de lui-même comme expert international en matière électorale, des capacités managériales de son organisation et de la validité technique de la MAV.

La CENI a démontré que lorsqu’un leader possède une vision fondée sur une cognition rationnelle et une expérience matérielle avérée, il peut réaliser des prouesses. Et la MONUSCO, par le biais de la représentante de l’ONU en RDC, a très explicitement affirmé que ce troisième cycle électoral était mieux organisé que les deux précédents. Désormais, on peut affirmer que la RDC possède la plus performante et la plus indépendante centrale électorale de l’Afrique centrale et certainement la plus innovante de l’Afrique. Son leadership, et principalement son président Corneille Nangaa, a démontré une substance à la fois spirituelle, psychologique, intellectuelle et surtout managériale, de très haute attitude. Mais, la plus brillante réussite de la CENI est indubitablement d’avoir fait preuve de bravoure ( presque suicidaire dans certains pays de l’Afrique Centrale) en publiant des résultats indiquant la victoire du candidat du plus ancien parti de l’opposition qui fut le plus radical contre le régime. La CENI est donc indubitablement le creuset d’une expérience unique d’alternance politique exogène en Afrique Centrale où les despotes pseudo-démocratiques ont soit manipulé leurs centrales électorales pour leur réélection (sur base des constitutions modifiées) ou pour l’élection de leurs dauphins. En RDC, la CENI a accompli une occurrence historique de résistance contre la manipulation électorale, en annonçant les résultats hissant un politicien autre que celui du régime à la tête de l’Etat.

Comme l’ont déclaré plusieurs observateurs internationaux, la CENI congolaise a démontré une faculté d’innovation, de performance technique et d’autonomie, qui font de lui un miroir de la capacité de la RDC de réaliser des percées insoupçonnées.

CONCLUSION : UN EXPLOIT HISTORIQUE DEVOILANT UN RAYON DE LA VOLONTE DE PUISSANCE CONGOLAISE

La réussite du troisième cycle électoral, entièrement financé par le gouvernement de la République dirigé par le premier ministre Bruno Tshibala, et reconnu comme le meilleur cycle électoral par la MONUSCO, dévoile une dimension très encourageante de ce que les congolais peuvent réaliser ensemble. On peut y cerner la puissance d’une volonté de définir des objectifs ensemble et de s’atteler à leur réalisation avec détermination, malgré les contradictions. La RDC sera à jamais reconnaissante au président de la CENI Corneille Nangaa pour son leadership assorti de sagacité et de ténacité. Il a fait preuve des vertus du leadership FORT par sa focalisation sur ses objectifs, dans un contexte où les cabales les plus méphistophéliques furent concoctées contre la CENI pour dérailler le processus électoral.

Le leadership innovant et performant de Nangaa en matière électorale s’impose comme l’objet d’une étude scientifique en management opérationnel. Le gouvernement Tshibala a défenestré l’impuissancisation du  Congo (pour utiliser le fécond néologisme du philosophe congolais Ka-Mana) émanant des politiciens congolais défaitistes et leurs affidés internationaux du Congo bashing. Il aura aussi démontré les possibilités d’intelligence politique symbiotique. La gestion collective de la RDC par la MP en conjonction avec les differents segments de l’opposition, sous le double leadership du Président J.Kabila et du Premier ministre Tshibala a, en quelques sortes, démontré la capacité des congolais de conjuguer les efforts pour réaliser une mission commune : stabiliser l’économie et réaliser de meilleures élections. Cette performance du gouvernement Tshibala, dans une gouvernance de cohabitation, va certainement continuer mais dans une configuration inversée : l’UDPS à la Présidence de la République avec Félix Tshisekedi et le FCC/MP au gouvernement dans une coalition gérée politiquement par J.Kabila. l’exploit de ce troisième cycle électoral est révélateur des possibilités inouïes que possède le Congo pour réaliser sa réinvention comme Nation Ishango. Nation source des mathématiques, berceau de l’Egypte Kemetique, et donc tête de proue de l’éclosion intégrale de l’Afrique moderne.

Hubert Kabasu Babu Katulondi

(Libre-penseur et écrivain)

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