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Kinshasa : le petit commerce au centre de la vie quotidienne

Kinshasa : le petit commerce au centre de la vie quotidienne

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A Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, la population exerce le petit commerce depuis bien des lustres. Une situation qui prend de l’ampleur tous les jours. Et, actuellement, l’on  assiste à une forte participation et implication des jeunes dans ces activités commerciales. Ils sont vendeurs de pains, fruits et légumes, eau en sachet tant soit peu potable, cireurs des chaussures et autres. Ils traversent au quotidien la quasi-totalité des communes de la ville de Kinshasa, pour tenter de gagner de quoi nourrir leurs familles.

Pour la majorité de ces débrouillards, les premières heures de la journée s’annoncent très chargées. S’apprêter et se lancer à la recherche des marchandises s’avère très difficile, surtout face à ce grand principe commercial «le premier venu, premier servi».

‘’J’habite très loin du centre-ville, c’est dur de faire le trajet avec tous ces fruits la matinée. C’est vers 4 heures que je quitte la maison pour le marché Somba Zigida. Faire face à quelques voleurs et brigands est devenu une habitude. Dès le levé du soleil, la marche commence… malgré la distance du lieu où nous partons acheter nos différents fruits. Je préfère vendre très tôt à la Gombe pour les travailleurs de bureaux‘’, explique Evelyne Mukeba, vendeuse des fruits secs.

En réalité, ces activités ne rapportent pas grand-chose à tous ces vendeurs. Mais, comme il n’y a pas 36 solutions, certains empruntent le chemin de la ristourne pour s’en sortir. ‘’Sans ristourne, ce commerce n’a pas son sens. Financièrement ça ne rapporte pas grand chose. J’ai souscrit souvent pour les likelemba (ristourne) qui me permettent de toucher un peu plus d’argent au moment opportun‘’.

Pour maman Ndaya, plus connu sous le nom de « mère double », malgré quelques souffrances rencontrées dans l’exercice de la recherche perpétuelle du gagne-pain quotidien, ce business lui permet de soutenir son mari pour subvenir aux besoins de sa famille. ‘’Si mes enfants étudient, c’est en partie grâce à mon courage. Mes jumeaux vont à l’école, je réponds à quelques besoins de ma famille grâce à ce commerce‘’, témoigne-t-elle.

A part ces courageuses mamans, nous constatons aussi une forte présence de la jeunesse dans les différents points de commerce de Kinshasa dont plusieurs font du commerce  ambulant. On les appelle communément des « chailleurs » et on les retrouve dans les rues de la capitale, les magasins où ils sont des négociants. Ce fléau qui, au final, ne génère aucun salaire leur  permettant de se prendre totalement en charge. ‘’Nous voyons bien que la jeunesse est abandonnée à son propre sort ; même un diplôme de licence ne garantie pas un emploi dans notre pays. En attendant que la situation s’améliore, nous sommes obligés de nous débrouiller de cette manière, soulève junior Kuteka, vendeur ambulant au marché central. Dans ses activités régulières, il prend les viandes chez les tenanciers des gargotes (Malewa), ‘’et je me promène avec pour vendre le long de la journée et je rends des comptes le soir pour tenter de gagner de quoi répondre dans la mesure du possible aux besoins quotidiens‘’, poursuit-il.

Rappelons que ces activités du petit commerce ne font que renforcer davantage la misère dans le chef de la population congolaise, kinoise en particulier. ‘’Nous avons aussi des rêves comme tout le monde, mais avec ces conditions misérables de vie nous n’arrivons pas à les atteindre…‘’, fait savoir un jeune, dans l’anonymat.

Grâce Makani