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Insalubrité à Kinshasa : Me Toussaint Kaputu plaide pour l’allocation des moyens conséquents aux communes !

Insalubrité à Kinshasa : Me Toussaint Kaputu plaide pour l’allocation des moyens conséquents aux communes !

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Il se veut mieux qu’un incurable optimiste. Il a foi que la ville-province de Kinshasa peut bel et bien revêtir sa belle robe d’antan ; Lemba en particulier. D’ailleurs, il a décidé de passer de rue à rue, de par différents quartiers de sa commune, pour montrer l’exemple et conscientiser les masses. Le bourgmestre de la commune de Lemba, c’est de lui qu’il s’agit, Me Toussaint Kaputu partage la responsabilité quant à l’insalubrité dans la capitale congolaise. Clair dans ses propos, au cours d’une interview avec La Prospérité et Forum des As, le samedi 13 avril 2019, il n’a pas tergiversé pour établir la responsabilité de l’Hôtel de ville et du pouvoir central, celle des communes ainsi que la part de la population. « Si aujourd’hui, on décrie que la ville de Kinshasa est insalubre, c’est du fait de notre propre comportement », clame-t-il, en appelant les autorités à allouer un budget conséquent en faveur des communes, sous réserve d’un contrôle sévère, et la population  à s’approprier l’assainissement de la ville.

«Les autorités doivent savoir que les communes ont une difficulté majeure pour ce qui est de la gestion de cette cause d’assainissement, par manque des moyens. La main d’œuvre est disponible, mais la prise en charge pose problème. Les taxes de la commune sont encore obsolètes jusque-là. Nous plaidons pour qu’on puisse revoir la nomenclature des taxes qui sont reconnues aux entités territoriales décentralisées », lance le premier citoyen de la commune de Lemba, Me Toussaint Kaputu. Et de renchérir en martelant sur le manque d’argent : « on n’a pas de moyens pour payer les cantonniers. En principe, Lemba pouvait avoir près de 500 cantonniers. Si j’avais 500 cantonniers que je pouvais bien rémunérer, ça ne poserait pas un problème d’assainissement. Ici, moi je plaide, au lieu qu’on puisse donner les moyens aux ASBL et autres qui ne sont contrôlés par aucun organe administratif, qu’on puisse donner les moyens  aux organes politico-administratifs qui en ont la compétence, et que l’on puisse mettre des mécanismes de contrôle quant à ce ».

Nécessité des lois 

Me Toussaint Kaputu avoue, en effet, que le manque d’une législation claire au sujet de l’assainissement en RD. Congo demeure une préoccupation majeure. De ce fait, il invite les Députés nationaux et provinciaux à initier et voter des lois dépourvues de tout équivocité. Question de permettre aux entités territoriales décentralisées de s’assumer, conformément à ces édits.  «Les Députés nationaux et provinciaux doivent plaider cette cause-là, pour mettre des textes, des édits qui sont clairs quant à ce qu’il y a de la répression. Les amendes ne suffisent pas. L’arrestation amènerait à une solution vite, moyennant amende », soutient-il. Pour Toussaint Kaputu, l’assainissement de la ville relève d’une affaire de tous. « C’est nous même qui devons entretenir nos communes, en commençant par nos maisons, chambres, avenues, quartiers et consorts. J’en appelle à la responsabilité individuelle de tout Kinois. Nous devons observer et juger comment nous vivons, comment nous gérons tout ce que nous avons d’encombrant dans nos maisons, parcelles, quartiers etc. Les caniveaux ne sont pas les lieux de décharge ; nous devons les laisser libres pour l’évacuation des eaux usées.  Et ça va nous épargner des inondations », indique-t-il. Le bourgmestre de la commune de Lemba fustige, par ailleurs, ce qu’il qualifie ‘’d’incivisme’’ de certains compatriotes, qui amène justement à cette situation d’insalubrité à Kinshasa. « Nous plaidons que les communes puissent avoir des brigades d’assainissement et qu’on puisse disponibiliser des moyens pour nous, pour cette cause-là. Ne pas le faire, c’est de l’hypocrisie que nous allons faire et rien ne marchera. Nous devons engager un personnel qui sera outillé pour faire le travail de cantonnage dans la ville de Kinshasa. La clochardisation des entités territoriales décentralisées, ETD, nous   amène une gestion qui n’est pas saine. Une autorité qui n’a pas des moyens, il ne faut pas lui demander plus que ça. Les moyens ne sont pas au niveau des communes », insiste Toussaint Kaputu.

Jacques Kitengie