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Tshisekedi-Kabila : les indispensables complémentaires !

Tshisekedi-Kabila : les indispensables complémentaires !

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Lorsque Félix Tshisekedi jubilait, la nuit du jeudi 10 janvier 2019, son accession à la magistrature suprême, il ne se doutait certainement pas des scenarii politiques qui l’attendaient dans la gestion de la République. Défaire, d’un semblant pacifique, Joseph Kabila de ses 18 longues années était une chose, certes. Mais se débarrasser complètement de tous ses associés politiques semble être pratiquement impossible, au vu du schéma actuel, visiblement concocté au préalable par les désormais «partenaires». Encore faut-il prévenir que là n’est pas l’essentiel. Inévitable est donc aujourd’hui le mariage entre le Front commun pour le Congo qui dispose d’une majorité écrasante au sein des principales institutions du pays et le Cap pour le changement qui, au-delà de la «légitimité» des autres, détient la voix qui compte.

Il faudrait que prennent place les discussions sérieuses et basées sur l’intérêt supérieur de la Nation entre les leaders de ces deux camps politiques, siamois pour le meilleur et pour le pire. Les tiraillements des uns et des autres qui agitent l’agora politique sont de nature à empêcher la gestion convenable du pays, plongé dans le cycle vicieux de la stagnation. Des concessions majeures et mutuelles doivent, en effet, être opérées de manière à faire des divergences propres une force collective. Du moins, c’est ce que pensent certaines éminences grises qui, depuis quelques temps, analysent la situation sociopolitique du pays dans lequel les acteurs se regardent en chiens de faïence.

De gré ou de force, pour un premier temps, si pas pour tout le temps que Félix Tshisekedi aura à passer à la tête du pays pour lequel s’est «héroïquement» battu son père, il devra tout de même traiter avec certains de ses devanciers qui sont non moins négligeables.

Le décor actuel laisse clairement voir que la relance des relations diplomatiques et autres entre la RD. Congo et les pays étrangers par le nouveau régime forme un côté de la pièce dont le revers n’est autre que la pléthore des anciens gouvernants qui appréhendent une revanche de mauvais goût. Entre les deux, cependant, il y a un Tshisekedi fils qui, non seulement a le dernier mot mais doit surtout être celui qui harmonise les vues, sans partie pris, afin de ressortir le meilleur de chaque côté. C’est tout ce qu’il y a de plus compliqué en ce moment…

Question de «sacralité»

Ce qui paraissait il y a quelques semaines comme une alliance parfaite fondée sur des accords «cachotiers», se révèle aujourd’hui être un forcing assis sur de l’hypocrisie politique.

Au début, tout allait bien. Les nouveaux bénéficiaires du pouvoir, légèrement endormis sous les feux d’artifices de la victoire, ont palpé les couleurs de ce qu’est la Présidence de la République sans directement tenir compte des impératifs qui l’entourent. En moins de deux mois, l’étau s’est resserré autour de Félix Tshisekedi. Les Assemblées nationale et provinciales, le Sénat et maintenant les gouvernorats ont tous été raflés par les «pro-Kabila», de manière peut-être discutable.

Sans un nouveau Gouvernement, le Président de la République a entamé plusieurs négociations avec les pays étrangers, régionaux et internationaux, quelques semaines après son investiture au Palais de la Nation le 24 janvier 2019. Pour son premier périple à l’extérieur du Continent africain, il a été invité aux Etats-Unis d’Amérique où il s’est entretenu avec d’importantes personnalités de l’administration du président américain Donald Trump, qu’il n’a finalement pas rencontré après plusieurs incertitudes sur ce point. Hormis la relance des relations diplomatiques et économiques entre les deux pays, ce sont certains propos de Tshisekedi qui ont relancé la diarrhée verbale en RDC. Déclarant dans un média américain qu’il entendait «déboulonner le système dictatorial», ses mots n’ont bien évidemment pas rencontré l’assentiment des membres du FCC qui ont réagi sans plus attendre. Ils ont appelé le Chef de l’Etat à mettre un peu d’eau dans son vin et le boire, sans crainte, avec eux, les collaborateurs politiques par alliance.

Actuellement, la situation est tendue entre les deux camps politiques qui n’entrevoient pas se faire des cadeaux dans les jours qui suivent. Le prochain Gouvernement qui subit encore les dernières tractations, ne doit pas être celui des règlements de compte entre anciens et nouveaux possédants, mais le reflet d’un véritable alliage politique dépourvu d’étincelles nuageuses.

La Pros.