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1er mai, pour qui et pourquoi ?

1er mai, pour qui et pourquoi ?

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Le 1er mai, les employés du monde entier commémorent chaque année la journée internationale des travailleurs. Commémorer la journée internationale  des travailleurs, c’est comprendre qui est concerné par cette date et pourquoi. Commémorer la journée internationale des travailleurs, c’est aussi la confronter aux réalités nationales des travailleurs d’un pays aux fins de vérifier si les premiers concernés par cette journée se sont approprié cet acquis socioculturel.

Cet article qui se veut une analyse socio sémantique motivationnelle du 1er mai comprend les trois points principaux suivants : L’origine du 1er mai ; un demi-siècle de commémoration honteuse du 1er mai au Congo Kinshasa ; Fêter autrement le 1er mai Congo Kinshasa

L’ORIGINE DU 1er MAI

Le 1er mai est un phénomène social. Professeur Etienne Tshimanga Kutangidiku (2017 :58) écrit : «  tout phénomène social est motivé, c’est-à-dire qu’il existe  toujours une cause en amont de l’existence ou de l’apparition du phénomène social trouve  donc son explication dans la cause en amont de son évènement ».  Ainsi, l’apparition du 1er mai est une conséquence logique de la révolution industrielle introduit donc l’idée de l’utilisation de plus en plus généralisée des machines. Avec cette utilisation des machines, l’employé est tenu d’améliorer et d’augmenter de manière considérable ses capacités de production. La révolution industrielle a conduit beaucoup d’employeurs à des dérives, entre autres la durée journalière de 12 heures à 16 heures du travail. La durée trop longue du travail a amené les employés des usines MAC CORMICK de se ressembler, devant leurs usines  à CHICAGO aux Etats unis d’Amérique, le 1er mai 1886 pour revendiquer une journée de 8 heures de travail. Ces employés furent sauvagement massacrés par les forces et les agents de l’ordre  de la classe bourgeoise. A l’initiative des partis ouvriers d’Europe, d’Amérique, d’Australie  et de l’Union des syndicats, le 1er mai devient donc une journée internationale de lutte pour la journée de 8 heures de travail. Le 1er mai fut ainsi déclaré une journée chômée et payée sur le plan international. Si l’on peut se permettre aujourd’hui de parler de trois 8, c’est-à-dire les 8 heures de travail, les 8 heures de loisir et les 8 heures de repos, c’est grâce au sang versé le  1er mai est donc un acquis socio culturel de la classe ouvrière internationale. Cette date mérite d’être fêtée entant que telle. Elle est ainsi une occasion pour les travailleurs de faire le point de leurs luttes, de leurs conditions et de passer en revue leurs troupes et leurs forces étant donné que dans la poursuite du profit est un combat tant pour l’employeur que pour l’employé.

Le 1er mai est avant tout une fête de travailleurs et non du travail. Le 1er mai est un jour de commémoration à l’égard des travailleurs de Chicago qui ont versé de leur sang, perdu la vie pour obtenir une journée de travail de 8 heures que bénéficient aujourd’hui tous les employés du monde entier et par ricochet tous les autres travailleurs qui ont perdu leur vie dans les mêmes conditions. Ces travailleurs-là la classe ouvrière congolaise en a connu et en connait encore. Le 1 er mai est aussi une journée de revendication et de solidarité internationale. Les employés congolais comprennent-ils la date du 1er  mai de cette question au Congo Kinshasa.

UN DEMI-SIECLE DE COMMEMORATION HONTEUSE DU 1ER MAI AU CONGO KINSHASA

Une vérité difficile à avaler est qu’au Congo Kinshasa les employés ont laissé au gouvernement le soin d’organiser la commémoration du 1er mai qui est avant fête des travailleurs et non du travail. L’organisation de la commémoration du 1er mai dépend d’un régime à un autre. Les employés congolais, qu’ils soient du secteur public ou privé ont vécu ou appris que 1966 à 1989 le 1er mai était l’occasion donnée aux employés congolais, zaïrois à l’époque, Paupérisés, de danser et chanter pour le Président Fondateur du Mouvement Populaire de la Révolution. L’Untza en tant que fille ainée du MPR  en a eu le mérite pour sa mobilisation des employés autour du chant et de la danse, même si ces derniers  travaillaient pour un salaire qui ne leur permettait ni de nourrir leurs enfants ni de les scolariser comme leurs êtres chers.  Les mêmes employés congolais savent aussi que 1990  à 2018, le 1er est devenu l’occasion donnée aux dirigeants des Syndicats de démontrer aux employeurs qu’ils appellent pompeusement partenaires leur capacité de domination et exploitation des employés congolais. Il s’agit là, que Professeur KAMANA me passe l’expression, de l’imbecilisation des employés congolais par les dirigeants  des syndicaux. Peut être que ça sera ainsi pour le 1er mai 2019.

L’apologie de cette démonstration de leur capacité de domination des employés congolais a atteint son point culminant avec le spectacle éhonté offert aux employés congolais à l’esplanade du Palais du peuple le 1er mai 2016  et le 1er mai 2017 devant les membres du gouvernement et le corps diplomatique quand deux dirigeants des syndicats se sont disputés le poste de la présidence de l’intersyndicale Nationale du Congo pour donner lecture de leurs cahiers de charge. En réalité, la dispute de ces deux dirigeants avait plusieurs causes entre autres l’argent que le gouvernement via ses ministères de tutelle donne aux dirigeants des syndicats pour le  défilé du 1er mai et le voyage de promenade de santé à Genève que le même  gouvernement  offre à ces dirigeants syndicaux . C’est cet agent qui est utilisé pour acheter à boire et à manger aux employés congolais qui occupent d’une manière imposante les débits de boisson de Matonge après le défilé. La question qu’il faut se poser est celle de savoir pourquoi est-ce que le gouvernement  donne l’argent aux dirigeants des syndicats alors que les employés payent le service qu’ils bénéficient des syndicats ?   La réponse est que le gouvernement donne et l’argent et voyage aux dirigeants syndicaux pour émousser davantage leur conscience aux fins qu’ils dominent bien les employés congolais qui sont leurs affiliés. C’est une pratique de corruption.  C’est une pratique que les dirigeants syndicaux ont signé nuitamment l’accord de Mbudi qui a été tué par Arthur Z’Ahidi NGoma et enterré par Jean-Pierre Bemba sous le gouvernement 1+4 c’est au nom de cette pratique que les dirigeants syndicaux et leurs membres ont bénéficié des frais de missions comme agents de l’Etat sous le gouvernant Matata pour contrôler et accompagner la paie des agents de l’Etat.  Curieusement jusqu’au moment où Matata quittait la primature, les sommes grosses prétendues découvertes par les ces syndicalistes missionnaires de l’Etat.  C’est au nom de cette pratique que l’on remarque la présence des dirigeants Syndicaux dans les structures où ce qui est important est de percevoir l’argent de l’Etat. Qu’a fait le Conseil Economique et social depuis son installation jusqu’au départ de l’ancien Président de la République ? Que dire de la commission Nationale des Droits de l’homme dans un pays où les violations massives étaient devenues les règles d’or. Au regard de cette liste ouverte des actes des dirigeants syndicaux qui ont contribué à l’aliénation des employés congolais que chacun peut compléter à sa manière, il est temps que les dirigeants syndicaux usent des principes de modération. Le principe de modération permettra ainsi aux employés congolais de commémorer autrement la fête des travailleurs, le 1er mai, au Congo Kinshasa. Voyons alors comment cela peut être  possible au dernier point de notre article.

FETER AUTREMENT LE 1ER MAI AU CONGO KINSHASA

Pour fêter autrement le 1er mai au Congo Kinshasa, nous avons besoin des employés animés de la mentalité prométhéenne pour se libérer des lois artificielles leurs imposées par les dirigeants syndicaux.

La première étape de toute libération est, pour Martin Bakole, la conscientisation, c’est-à-dire l’effort assidu par lequel nous essayons de comprendre individuellement et collectivement notre situation, de voir les causes de nos malheurs, et d’analyser les mécanismes et les influences souvent cachés qui sont en jeu, pour découvrir ainsi ce que nous pouvons faire. Une vraie conscientisation doit mener à la conclusion que précisément, je suis impliqué dans ma société et ses problèmes, et que je peux y apporter ma contribution. La conscientisation est la responsabilisation car Ngoma Binda précise que celles et ceux qui se comportent en irresponsables contribuent à l’affaiblissement du système. Ainsi les employés congolais doivent s’inspirer de Yannick LE QUENTREC  qui précise, d’une part que l’action revendicative attribue aux organisations syndicales un rôle davantage conçu en termes d’accompagnement que de conduite d’action syndicale dans les entreprises et, d’autre part, que la conduite d’action syndicale dans les entreprises et , d’autre part, que la conduite d’action syndicale dans l’entreprise relevé  de la compétence exclusive des délégués syndicaux . Mêmes les normes sociales congolaises en matière de représentation des travailleurs reconnaissent aux dirigeants syndicaux le role d’encadreur et non d’acteur. Les dirigeants syndicaux sont pour les employés ce qu’est IBENGE pour les léopards de la RDC.

Joseph NGANDU NKONGOLO

Spécialiste des ressources Documentaires, Expert en Relations socio PSYCHO Professionnelles et secrétaire Général de l’Observatoire congolais du travail

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