Pas un pas sans la prospérité.
Chaque jour, du lundi à samedi, reprise des publications quotidiennes

Voici le cahier des charges de la presse adressé à Félix Tshisekedi !

Voici le cahier des charges de la presse adressé à Félix Tshisekedi !

This post has already been read 193 times!

La journée du 3 mai 2019 a été célébrée avec faste en RDC, plus particulièrement à Kinshasa. Organisée par l’Union Nationale de la Presse du Congo  et Journaliste en danger, la fête de la presse a été couronnée par la présence du Président de la République Félix Tshisekedi, venu en personne encourager les journalistes de son pays, pour les efforts et l’abnégation dont ils font preuve dans l’exercice de leur métier, malgré les pressions et les conditions on ne peut plus précaires. C’est pour une toute première fois, en tout cas, dans l’histoire de la presse congolaise que le Président de la République répond personnellement à l’invitation de la presse lors de la célébration de la  journée dédiée à la liberté de la presse. Honorés, les professionnels de la presse n’ont pas manqué d’exprimer leur joie. C’est le Président de l’UNPC, Kasonga Tshilunde, qui a pris la parole pour adresser au Chef de l’Etat le mot de circonstance. Ci-dessous, voici son  discours intégral.

MOT DE BIENVENUE PRONONCE PAR LE PRESIDENT DE L’UNPC, JOSEPH-BOUCARD KASONGA TSHILUNDE

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Cadre fédérateur de tous les journalistes et organisations professionnelles des médias en République Démocratique du Congo, l’Union Nationale de la Presse du Congo salue vivement votre avènement à la magistrature suprême. Elle vous réitère ses très sincères et chaleureuses félicitations.

L’UNPC vous exprime toute la gratitude de la profession pour l’avoir honoré de votre présence qui donne  une solennité majestueuse à la célébration de cette journée dédiée à la liberté de la presse dans le monde. Sa reconnaissance avec votre autorité suprême est frappante lorsque, dans les priorités de votre mandat, vous vous êtes engagés pour la «promotion de la presse pour en faire véritablement un quatrième pouvoir ».

Cela n’est possible que si le journaliste jouit de la liberté de la presse qui a souvent été malmenée par des arrestations, des emprisonnements, des tueries.

Qu’il me soit permis de vous remercier particulièrement, Excellence Monsieur le Président de la République, pour Vous être dégagé de vos lourdes charges d’Etat en vue de nous faire le bénéfice de Votre précieux temps, preuve, si besoin en était encore que Votre engagement du 24 janvier 2019 est assuré.

  • Excellence Monsieur le Président de la République,
  • Excellence Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Mission diplomatiques,
  • Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
  • Monsieur le Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication,
  • Mesdames et Messieurs les Présidents des Organisations professionnelles des Médias,
  • Chers Confrères et Consœurs,
  • Distingués invités,

Ce 3 mai 2019, la Journée Mondiale de la liberté de la presse proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993 est célébrée sur toute la planète.

Son institutionnalisation répond à l’appel des journalistes africains qui, réunis à Windhoek, en Namibie, en 1991, avaient fait une déclaration sur leur volonté ferme de voir, dans le monde entier, les médias être pluriels et indépendants.

Ainsi donc, une fois l’an, les journalistes font un arrêt pour célébrer les principes fondamentaux de la liberté de la presse, pour évaluer le niveau atteint par chaque pays dans la défense de l’indépendance des médias et, surtout, pour rendre hommage aux journalistes qui ont perdu la vie dans l’exercice du métier.

Tout à l’heure, le Secrétaire Général de JED va faire un Etat des lieux de la liberté de la presse en RDC.

En marge de cette journée, nous avons organisé un forum pour dégager le type de journalisme qui convient pour que les médias deviennent réellement un quatrième pouvoir. En effet, il n’est un secret pour personne que les médias congolais sont  butés à plusieurs difficultés pour leur développement, pour ne pas dire crûment, qu’ils sont à l’agonie. Tous les organes de presse sont au bord de la faillite. Tous les compartiments de ce métier noble sont en déliquescence.

Actuellement, plusieurs rédactions bouillonnent avec des mouvements de grève ; d’autres fulminent, quoique temporairement contenus. Partout, les journalistes sont soit mal payés, soit pas du tout payés.

La loi 02/96 du 22 juin 1996 portant modalités de l’exercice de la liberté de la presse accorde aux médias des aides directes et indirectes ainsi que des avantages liés à la priorité presse.

23 ans après, cette loi n’est appliquée que lorsqu’il faut sanctionner les journalistes, mais jamais aucun de ces avantages ni aide n’a été libéré.

La publicité, qui constitue la principale source de revenus, est quasi inexistante, faute d’investisseurs.

Les organisations professionnelles  qui participent à la consolidation de l’exercice de la liberté de la presse sont abandonnées à leur triste sort, obligées de recourir aux ONG étrangères pour des appuis qui ne répondent même pas à leurs besoins.

Les équipements, matériels et intrants entrant dans la production de l’information sont considérés, à l’importation, comme des articles de luxe et taxés comme tels.

Tous les journaux qui paraissent à Kinshasa sont produits dans des imprimeries de fortune, entamant ainsi leur qualité.

Tout détenteur d’un pouvoir d’Etat, minime soit-il, estime qu’il faut en abuser pour nuire au journaliste lorsque celui-ci l’égratigne pour des faits pourtant réellement répréhensibles dénoncés par ces derniers. Or, nous constatons qu’il n’y a pas pire que les gouvernants dans leur gestion quotidienne, encouragés par l’impunité instituée en mode de gouvernance.

D’où, il est impérieux que les lois sur l’accès à l’information, sur l’exercice de la liberté de la presse, sur la dépénalisation des délits de presse, sur les médias publics, et nous en passons, soient vite adoptées au parlement pour être promulguées par le Président de la République afin de  donner à la presse congolaise un arsenal juridique pour son bon fonctionnement.

Concernant principalement la dépénalisation des délits de presse, la profession journalistique estime qu’il faut créer des mécanismes d’une immunité judiciaire au profit du journaliste professionnel qui n’est efficace qu’indépendant et responsable que libre de s’exprimer, dans la limite du vérifiable et au nom de l’intérêt public dont il est le serviteur. Il s’agit d’organiser la mutation du délit de presse en faute déontologique en vue d’optimaliser la responsabilité morale du journaliste, de renforcer son serment éthique et d’officialiser la sanction administrative de ses pairs.

En attendant, pour marquer Sa volonté politique de promouvoir les médias comme véritables quatrième pouvoir, il est impérieux que Son Excellence Monsieur le République instruise le Gouvernement afin de surseoir à l’arrestation des journalistes pour délit de presse.

Au regard de tout ce qui précède, la presse congolaise a besoin d’un traitement de choc, d’un véritable plan de sauvetage.

Raison pour laquelle je formule vivement le vœu que l’autorité suprême prenne le leadership des réformes nécessaires afin que Ses concitoyens puissent retrouver, somme toute, un accès à une information crédible, complète et pluraliste, forgée par des médias indépendants et responsables, se souciant du bien-être du journaliste.

C’est dans cet esprit que nous sollicitons l’appui du Père de la Nation pour la tenue instante des Assises de la presse nationale.

  • Excellence Monsieur le Président de la République,
  • Distingués Invités, Chers Confrères, Chers Consœurs,

Les médias ne peuvent assurer le respect total de l’Etat de droit que lorsqu’ils sont libres, indépendants et pluralistes. Cependant, seul un cadre légal garantissant la liberté d’expression et d’information permet un tel type de médias d’émerger et de se renforcer mutuellement avec un système judiciaire indépendant et efficace pour devenir des piliers de la démocratie et de la bonne gouvernance.

Quel type de journalisme pour que les médias soient véritablement un quatrième pouvoir ? En réponse, nous pensons au journalisme d’investigation. Mais celui-ci est contrarié par le code pénal en ce qui concerne la diffamation.

Je ne peux pas terminer ce mot sans rendre grâce au partenaire néerlandais « FREE PRESS UNLIMITED », représenté dans cette salle par son Directeur de programme des médias, Léon Van Den Boogerd, venu spécialement pour cette activité, et aussi la coopération néerlandaise pour leur soutien.

A vous tous qui avez répondu à notre invitation, soyez les bienvenus, je prie pour que vous soyez bénis.

A tous les Confrères et toutes les Consœurs, je dis bonne fête !

Je vous remercie.

Kinshasa, le 3 mai 2019

Joseph-Boucard

KASONGA TSHILUNDE

PRESIDENT DE L’UNPC

Contactez-nous !

  • Editeur - Directeur Général :

    Marcel Ngoyi



  • Phone: +243818135157
  • Mobile: +243999915179
lgo-data-consult Site web réalisé par dataconsult-rdc.com