Pas un pas sans la prospérité.
Chaque jour, du lundi à samedi, reprise des publications quotidiennes

Maison de France de Kinshasa : clôture de deux journées d’exposition d’œuvres d’art

Maison de France de Kinshasa : clôture de deux journées d’exposition d’œuvres d’art
Spread the love

This post has already been read 390 times!

Les arts représentent une forme d’expression humaine, généralement influencée par la culture et entrainée par une impulsion créatrice humaine, dit-on. Cette anecdote prouve que chaque culture  a sa façon de concevoir l’art. La RD. Congo se veut l’un des plus grands pays d’Afrique où l’on trouve des artistes talentueux ; pourtant, regrettent certains observateurs avertis, l’art est moins promû au pays. C’est dans cette optique que la maison de France à Kinshasa/Gombe, partenaire et promotrice  idéale des œuvres d’arts congolais, a organisé deux journées d’exposition d’objets d’arts conçus par les congolais. Question d’exhiber les talents quelques fois ignorés et négligés dans ce  domaine et, permettre aux artisans-artistes de vendre leurs réalisations. Clôturée dimanche 26 mai dernier, cette exposition aura ébloui plus d’un visiteur, surtout les étrangers, à voir comment ils s’extasiaient devant les créations des artistes. 

De la peinture à la céramique en passant par la sculpture et même la couture, chaque espèce de ces réalisations était exposée. Il était question sans nul doute des œuvres de qualité, a-t-on soutenu par bon nombre de bénéficiaires de ces deux journées. Malheureusement, il appert que certains de ces marchés sont peu rentables, à la limite, plus considérés par les expatriés que les congolais eux-mêmes, confie Francesco Sunda, artiste céramiste. «La faible participation de la peau noire à ces deux jours porte ouverte en dit long», argumente-t-il.

En effet, nombreux d’entre ces artisans ont étayé leurs limites et difficultés à se retrouver, nonobstant le travail que cela leur coûte pour accomplir de si merveilleuses réalisations. Pour Francesco Sunda, cette entorse au commerce des œuvres d’art est de prime abord due au faible pouvoir d’achat dans le pays : « la population congolaise est trop pauvre pour acheter nos produits… Déjà, manger c’est un problème pour beaucoup des foyers. D’où, on a beaucoup de difficultés pour mieux nous en sortir, et nous sommes obligés de baisser nos prix au risque de ne rien gagner, alors que le travail que nous abattons est de loin si dur», a-t-il déploré. Par ailleurs, Ramelle Madudu, Styliste et couturière reconnaît pour son compte que ses réalisations sont de loin très rentables. Et d’ajouter : « depuis hier, j’ai beaucoup vendu. Ici, hommes et femmes aiment s’habiller…du coup, on se retrouve avec plusieurs commandes dans nos ateliers qu’on en est quelques fois débordé».

Cris d’alarme

Si certains de ces artistes disent se retrouver par leur travail, il n’en est pas le cas des artistes peintres et sculpteurs. Dans leurs stands, nombreux sont ceux qui étaient clairs de confier qu’ils n’avaient même pas encore vendu une seule pièce. « Je suis Matt Kunga, designer et peintre. Mais, ce travail de longue haleine n’est pour moi qu’une simple ressource pour survivre. Le tarif que nous fixons est généralement trop discuté par nos frères. Souvent, ce sont les étrangers qui achètent bien… Mais je crois que le ministère de la culture et art y est pour beaucoup. Nous n’avons même pas un marché d’exposition à nous. Ici à la maison de France, nous sommes obligés d’acheter des stands et cela nous coûte encore. Aussi, nous ne sommes pas pris en charge comme il le faut, comme dans tous les Etats et c’est comme si la culture n’a vraiment pas de place dans notre pays », a si longuement épilogué ce peintre, sûrement très découragé.

A tout prendre, le secteur d’art est encore un chantier en RDC, s’il faut se référer aux dires des exposants. Bien que certains affirment se retrouver, bon nombre se plaignent par contre, soit de la rentabilité, soit encore de l’indifférence de certaines personnes nanties dans le pays qui, contre toute attente, préfèrent acheter les mêmes réalisations chez des étrangers (Chine, Dubaï, etc.). C’est pourquoi, ces artistes ont lancé un cri d’alarme au gouvernement, mais plus particulièrement au ministère de la Culture et Art, à qui il incombe la mission de valoriser et de promouvoir l’art dans le pays. Avant tout, demandent-ils, il faut commencer par construire une salle d’exposition adéquate pour « nous permettre de promouvoir et même de vendre nos œuvres, cela nous évitera de dépenser ». L’occasion était pour eux, en dépit de multiples couacs liés à leurs réalités de travail, de remercier la maison de France qui leur offre ce cadre.

Grâce Kabedi