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André Kalonzo : «Nous voulons honorer Kalala et les autres à l’occasion de 80 ans de notre équipe»

André Kalonzo : «Nous voulons honorer Kalala et les autres à l’occasion de 80 ans de notre équipe»

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1939 à 2019, quatre-vingts ans, jour pour jour, depuis que le Tout-Puissant Mazembe Englebert a été créé par Monsieur Evariste Mpiana à l’époque coloniale, avant de bondir en 1966 avec l’arrivée de Mukunta Gibson comme président de l’équipe. C’est avec ce dernier que Mazembe va commencer à gagner des titres, son tout premier comme champion du Congo, avant de conquérir toute l’Afrique, deux ans plus tard, alignant quatre finales de suite de la Coupe d’Afrique des clubs champions, avec à la clé deux titres en poches (1967 et 1968). Et de là, il fallait attendre 40 ans pour que Mazembe rebondisse avec l’arrivée de Moïse Katumbi Champwe avec deux autres titres en Ligue de champions en 2009 et 2010. Le collectif de jeunes stars à l’époque, aujourd’hui devenu vieux, réuni autour d’un des leurs, en la personne d’André Kalonzo, annonce l’organisation, très prochainement, d’une série d’activités, d’abord à Kinshasa, puis à Lubumbashi, un peu plus tard, pour marquer d’une empreinte indélébile, les 80 ans de leur chère équipe.

Se confiant à La Prospérité dans un entretien exclusif, André Kalonzo indique qu’il sera d’abord question d’aller poser la pierre tombale sur le tombeau de leur estimé capitaine, Pierre Kalala Mukendi enterré il y a quelques années à la Nécropole Entre Terre et Ciel, dans la commune de la N’sele, à Kinshasa.

Pierre Kalala, raconte Kalonzo, son coéquipier, était le meilleur des meilleurs. Il est né la même année que le TP Mazembe, en 1939. Comme capitaine, Kalala a su imposer une discipline de fer qui a fait de Mazembe la plus grande équipe d’Afrique. La puissance de son tir, où il pouvait marquer un coup franc de 35 mètres, dit-il, est unique et n’a pas encore trouvé de concurrent, tant au niveau local, national qu’international. Il était surnommé le ‘‘Bombardier’’ pour son efficacité devant le but. Il lui était arrivé même d’entraîner son équipe quand elle n’avait pas d’entraîneur attitré.

C’est ainsi qu’à la fin de sa carrière, Kalala deviendra un grand coach, allant jusqu’à gagner avec le TP Mazembe en 1980, la Coupe d’Afrique des vainqueurs des Coupes contre Afrique Sports d’Abidjan. Plus tard, il occupera, à maintes reprises, le poste de Directeur Technique National des Léopards (DTN), jusqu’en 1998. Kalala fut un grand, le meilleur d’entre nous. Nous allons l’honorer, a-t-il déclaré.

Une réception par la suite…

Après la pierre tombale, Kalonzo André dit qu’une réception de gala et de prestige sera organisée à Beatrice Hôtel, dans la commune de la Gombe où il y aura une série de témoignages sur le TP Mazembe des années 60. Apres les activités de Kinshasa, le collectif mettra le cap sur Lubumbashi où il envisage organiser, en collaboration avec la Direction actuelle de l’équipe, un match amical international, si possible, contre un club européen. Pourquoi pas le FC Barcelone de Lionel Messi ? La fête sera donc totale.

Que des souvenirs…

Dans la foulée, André Kalonzo qui garde encore frais dans sa mémoire les moments forts de certains matches qu’il a livrés avec le TP Englebert, n’a pas hésité d’en parler à La Prospérité. Notamment : le match contre les FAR du Maroc : «après un nul au match aller à Kinshasa, il était pratiquement difficile pour  le TP Englebert de se qualifier. Mais, à la grande surprise, Mazembe battra les FAR (3-1) au match retour, le 19 janvier 1969, à Casablanca. Les journaux congolais ont titré : ‘‘impossible n’est pas Mazembe’’. C’est un slogan qui date de 50 ans».

Un autre match, c’est contre Africa Sport : « au match aller le 7 septembre 1969 (huitièmes de finales) à Kinshasa, après une première mi-temps (0-0), l’Afrique Sport a marqué d’un tir de 35 m à 15 minutes de la fin du match. Le stade a commencé à se vider. Dès la remise en jeu, Léonard Saidi me fait une passe, que je vais prolonger sur Tshinabu Brinch pour l’égalisation.  Pas pour longtemps, Bwanga a vite récupéré la balle,  driblant six défenseurs ivoiriens avant de me faire un lobe. L’arrière central ivoirien qui était plus rapide, a remis la balle à son gardien. La passe de ce dernier était faible, c’est alors que je récupère la balle, pour le deuxième but… Le match retour à Abidjan, se soldera par un nul (2-2), et le TP Mazembe se qualifia ».

Comment vous êtes arrivé à Mazembe ?

«Ecoutez, j’ai commencé à jouer au football à l’âge de 12 ans dans les matches de quartiers pour finir dans les équipes cadets scolaires et junior de Saint Eloi Lupopo. Au moment où Mukunta Gibson rajeunit le TP Englebert, Saint Eloi se débarrasse des jeunes qui vont constituer l’équipe de Philips Mondial, évoluant  en Division II, et qui va vite monter l’année suivante en première Division. Pour que j’intègre le TP Englebert, c’est Monsieur Bile Mputu Nkanga, jeune procureur nouvellement affecté à Lubumbashi, qui m’a convaincu, et je suis parti. Nous avons gagné le premier titre en 1967 contre Kotoko de Kumasi. Le deuxième, en 1968, contre Etoile Filante du Togo. Après avoir gagné le match aller à Kinshasa (5-0), le TP Englebert sera mené (4-0) au match retour à Lomé. Que va-t-il se passer ? Et bien, je me souviens, j’ai donné une belle passe à Tshinabu qui va marquer l’unique but dont le TP Englebert avait besoin pour gagner la Coupe», raconte-t-il.

La troisième finale, nous l’avions perdu face à Ismaïly d’Egypte. Nous avions joué cette finale sans Kalala qui ne s’était pas remis de sa fracture au tibia droit. Une autre finale, la quatrième de suite, nous l’avions perdu contre Kotoko de Kumasi, qui prendra ainsi sa revanche.

Au niveau national, André Kalonzo se souvient aussi de quelques classico Mazembe-V.Club, cette rivalité qui ne date pas d’aujourd’hui : « je me souviens d’une large victoire de Mazembe sur V.Club à Lubumbashi (6-1). Dans ce match, Kabeya Satcho avait fait un marquage strict de Mayanga jusqu’à le neutraliser complètement.  Au match retour à Kinshasa, le 30 juin de 1969, le TP Englebert bat de nouveau V.Club (3-1), au stade Tata Raphaël, confirmant ainsi sa supériorité. C’est dans ce match que j’avais marqué (très souriant) le meilleur but de ma carrière footballistique… ».

C’était comment : « c’était sur un lobe de Célestin Kamba, je me suis facilement débarrassé de Mange, l’arrière central de V.Club, avant de me retrouver seul devant le gardien Billy. Que faire ? La tentative de foncer vers la gauche a déséquilibré Billy, me donnant la chance de placer la balle à sa gauche, juste dans le trou qu’il m’a laissé. C’était fantastique».

La génération 2010      

Quarante ans plus tard, André Kalonzo dit avoir été séduit par la génération 2010, qui a joué la finale de la Coupe du Monde des clubs, perdue face à l’Inter de Milan (0-3) : « c’est une génération qui a aussi marqué l’histoire de Mazembe, remportant deux titres consécutifs de la Ligue de champions comme nous. Bien plus, eux sont allés même très loin parce qu’ils n’étaient plus qu’à un pas du titre mondial».

Guy Elongo

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