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Ça traîne…

Ça traîne…

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Le suspense perdure, les incertitudes affolent peu à peu les 80 millions d’âmes qui n’imaginent guère d’humer, ne serait-ce que de loin, l’air malsain de l’enfer et l’eschatologie du grand soir, au pays de Lumumba. Ce, surtout avec l’avènement en janvier 2019, de l’un des leaders de l’opposition congolaise-aile radicale, en l’occurrence Félix Tshisekedi Tshilombo, considéré comme le profil probant du changement tant rêvé. Comme pour dire, en tout état de cause, que peu avant la triple élection généralisée de décembre 2018, autrefois émaillée de mille et une incertitudes en rapport avec le départ ou non de Joseph Kabila, l’odeur d’une crise indescriptible  semblait être sentie, du moins, par des observateurs avertis. Bravo à l’alternance démocratique ayant défié toutes les stratégies infernales contre un Congo de paix et d’espérance. En effet, ce jeudi 20 juin 2019, le pion du FCC Ilunga Ilunkamba Sylvestre aura totalisé un mois depuis sa nomination comme nouveau Chef du prochain gouvernement congolais. Il aura vu quand même le bureau de travail qu’il occupera, grâce à l’invitation de son prédécesseur Bruno Tshibala Nzenzhe qui, jusqu’ici, détient toutes les clés de la primature et continue à contresigner des ordonnances présidentielles à débat. Formateur de facto, l’ancien Directeur général de la Société Nationale des Chemins de fer du Congo attend comme tous les citoyens lambda que les sociétaires du Front Commun pour le Congo et ceux du Cap pour le Changement décident, enfin, de la taille du gouvernement, la clé de répartition et le profil de potentiels candidats éligibles. Il avait, par ailleurs, reconnu lors de sa récente rencontre officielle avec Bruno Tshibala que tout se joue au niveau de la coalition FCC-CACH. A quand la prochaine équipe gouvernementale pour aérer la situation politique et permettre la mise en place de toutes les institutions régaliennes ? Il est vrai que même les élus nationaux ayant clôturé la session ordinaire de mars, le samedi 15 juin dernier, se sont posés sans succès cette question. La Présidente de la Chambre Basse du Parlement, Jeannine Mabunda Lioko, a carrément donné le feu vert à la représentation nationale pour débuter les vacances parlementaires. Question de ne pas précipiter la convocation d’une session extraordinaire sans la matière d’urgence qui soit inscrite à l’almanach. Elle estime, en effet, que le besoin de rappeler les élus à l’hémicycle se posera et s’imposera seulement après l’annonce, tout feu tout flammes, de la nouvelle équipe gouvernementale.  Dans tous les cas, dans une semaine, soit le lundi 24 juin, Félix Tshisekedi dont l’élection continue à être contestée par les langues de la coalition Lamuka totalisera cinq mois dans son strapontin présidentiel. Kasongo Mwema Yamba Yamba, sa deuxième bouche, peut sans ambages encenser ses hauts faits : la décrispation politique, avec le retour au pays de Katumbi, Mbusa Nyamwisi et Cie ; la relaxation des prisonniers politiques aux cas jadis emblématiques (Franck Diongo, Eugène Diomi Ndongala) ; l’accès équitable de la classe politique aux médias et la liberté de manifester sans inquiétude ; l’ouverture du Congo au monde, et ce à partir des pays voisins ; l’amélioration tant soit peu du climat des affaires, marquée essentiellement par les efforts pour éradiquer la corruption et l’impunité, et cætera. Le test de taille reste, tout compte fait, la formation d’un gouvernement qui soit convaincant au profit du changement tant attendu, cinq décennies après l’indépendance du Congo Kinshasa. Que la sagesse s’y mette.

Jacques Kitengie