Pas un pas sans la prospérité.
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Remettez vos  épées !

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Un certain Joseph, après qu’il eut été jeté dans un fossé, transformé en marchandise et vendu chez Potiphar, devint un beau jour Intendant Général et donc, l’un des hauts placés aux côtés des principaux sacrificateurs et autres devins du temps de Pharaon, sur les terres du don du Nil en Egypte, se cassa  en mille morceaux pour les siens, pour le peuple d’Israël, renseignent les Saintes Ecritures. Aujourd’hui plus qu’hier, cette histoire que les impies et la ruche d’incrédules renvoyaient à la poubelle, semble s’appliquer, dans une certaine mesure, en RD. Congo, en plein cœur de l’Afrique centrale.

Tshisekedi père s’efface, Tshisekedi fils arrive. Comme qui dirait que le roi est mort mais, vive le roi.  En janvier 2019, qui eût cru que Félix Tshisekedi, en dépit de toutes les morbidités liées peut-être à la faiblesse de son deal, pouvait, lui, fils d’un Opposant radical, arracher le pouvoir d’entre les mains de Kabila, fils du guerrier Mzee Kabila,  dont la propension à briguer un troisième mandat  et, surtout,  à organiser un glissement sans fin jusqu’à la tenue, in fine,  d’un  simulacre d’élections, pourvu qu’il y soit et qu’il reste ?

La surprise  autant l’appeler ainsi, aura été grande dans les annales des sémiologues, historiens et autres articifiers des mythes et des prophéties. Kabila et Tshisekedi signaient là, une entrée fracassante  par la grande porte, dans le panthéon de grands, dans le parterre des illimunés de l’époque contemporaine.

Mais, de janvier à ce jour, voici qu’environ cinq  à six mois se sont  égrénés. Pas de gouvernement. Pas d’institutions stables, ni de passerelles franches pour la gestion, en tant que coalition, du pouvoir d’Etat. Entre les deux, leurs  lieutenants au comportement frivole, trinquent et jouent aux jeux de six, alors que la République, elle, fonce et s’enfonce dans le bourbier.

Parallèlement, des élus, pourtant, proclamés et validés redeviennent comme  des brebis scrofuleuses et sont soumis à l’opprobre et à la vindicte populaire.

Eux, les élus, font, curieusement, la risée du monde. Puisque la Cour Constitutionnelle, la prestigieuse instance de Droit, se serait transformée  en une fabrique des faiseurs des lois, en une officine de cafouillage et du renversement des valeurs. Les hauts magistrats qualifiés, outre mesure, d’impénitents auraient profité de la molesse de certains élus, pour les éclabousser à l’aide de quelques jugements qui seront, d’ailleurs, rééxaminés, à en croire Benoît Lwamba, le premier d’entre eux, par  une Cour spéciale dont la composition serait constituée de ces mêmes magistrats-là.

Et donc, lorsque la session du parlement a pris fin, le 15 juin dernier,  Mabunda, dans son souhait prosaïque, demandait, sans la moindre conviction, à la coalition FCC-CACH, de doter le pays d’un gouvernement d’ici le 30 juin, tout en sachant, par ailleurs,  du dedans d’elle, que celle-ci  n’y parviendrait pas tant que Kabila et Tshisekedi n’auront pas accordé  les violons, à leur  niveau.

Or, à l’allure où vont les choses, avec des aller-retour à Libreville, Malabo, Dar-es-Salaam, Burundi et tous les conctacts en sourdine dont le contenu serait  jugé  contre-performant, s’il faut le  passer au prisme du deal, le retour de la manivelle est bien proche.

Comment penser autrement, si déjà, il y a juste quelques jours, des scènes de violence, pourtant, décriées à la veille des élections du 30 décembre 2018, ont repris droit de cité. Combattants et militants se sont pas mesurés, en début de la semaine passée, sous la barbe impuissante de leurs autorités morales, présidents ou dirigeants respectifs ? Pour preuve, les  stigmates de leurs actes ignominieux  sont encore bien visibles sur les façades des  sièges du Pprd, du CNC, de l’UNC, ou de la Fondation Louis d’Or Balekelay  dont les bâtiments ont été saccagés et pulvérisés. Dans un tel contexte, où serait passée la non-violence, la vraie marque   d’Etienne Tshisekedi, après environ quatre décennies de combat politique pour l’avènement de la démocratie en RD. Congo ?  L’heure n’a-t-elle sonnée, pour qu’en raison de l’intérêt supérieur de la nation,  les combattants et militants remetent les épées dans le fourreau ?

LPM