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Et si ?

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On ira en chambre si spéciale, soit-elle. Mais,  qui y siégeront ?  Et qui la convoquera ? Benoît Lwamba, le Premier Président de la Cour Constitutionnelle, au sortir d’une audience à lui accordée, ce lundi 17 juin 2019, l’a si bien dit, sans toutefois en présenter des données fiables. Car, au demeurant, toutes les faiblesses contenues  dans les derniers arrêts coupe-gorge risquent de s’incarner dans les prochaines délibérations de cette nouvelle chambre spéciale dont la configuration des magistrats devant y participer ne sera qu’une copie conforme de toutes les autres chambres qui  ont eu à statuer, du moins jusqu’ici, sur la ribambelle de recours en contestation des résultats, estimés à 1240 dossiers, s’il faut se rabattre sur les chiffres avancés par le numéro de l’actuelle  Cour Constitutionnelle.

Et si après cette nouvelle session, la Cour  venait à remettre en cause ses arrêts rendus en premier et dernier ressort, quelle crédibilité lui  accorderait-on, dès lors qu’elle aura créé, dans l’entretemps, deux blocs de mécontents ? D’une  part, les élus du 30 décembre 2018, proclamés provisoirement  par la CENI, confirmés à la Cour et validés à l’Assemblée Nationale. Puis, de l’autre, le bloc de  Députés non proclamés provisoirement par la CENI, ni reconnus, dans un premier temps  mais, plutôt,   validés  un peu plus tard par la magie de la  Cour Constitutionnelle.

Donc, en fait  comme  en droit, la Cour a-t-elle vraiment le pouvoir d’entretenir autour d’elle les uns – invalidés- et les autres –validés-, alors que les recours examinés auront été  coulés en force de chose jugée ? Dans les tréfonds des analyses pointues, bien d’esprits censés  redoutent qu’avec une telle  position, pour le moins inconfortable, comme dans  ce cas précis, la Cour n’entraîne, derrière ses propres turpides, une image d’une justice au goût d’inachevé. Après tout, que peut-elle faire ? Revalider les invalidés ? Ou confirmer les validés d’hier et laisser à leurs comptes, tous les nouveaux venus ou promus à la Cour, à la faveur de ce qu’une grosse gueule parmi les politiques rompus  dans la praxis, depuis des temps immémoriaux, a qualifié de  deuxième tour devant elle ?

A tout prendre, la mise est difficile. Le pari aussi. Si bien qu’in fine, tout est vraiment fragile, y compris ce difficile mariage dont les scellés du deal seraient sur le point d’être jetés en pâture aux rapaces. Et si dans les pires des hypothèses, la Cour revenait sur ses décisions, que feraient  les  Kangudia, Louis d’Or Balekelay, Marie-Ange Mushobekwa, Emery Okundji et autres  Thomas Luhaka et WivineMoleka, pour ne  citer que ceux-là ? Et si alors, par un effet de rebrousse-poil, la Cour maintenait, mordicus,  ses arrêts en l’état, que feraient alors Jean GoubaldKalala, Daniel Safu,   Théophile Mbemba, Clément MuzaKayembe et consorts ? Toute la question est là. Aux messieurs  de la Cour dont la crédibilité devient, désormais, tributaire de la façon dont ce dossier  sera traité, de jouer la carte de la crédibilité, de la dignité et, surtout, de la transparence.

Et si, et bien alors, et s’ils jouent autrement, s’ils  pèchent contre les principes sacro-saints de ‘’non bis in idem’’, Félix Tshisekedi, l’heureux du 24 janvier 2019, sera amené à désacraliser cette Cour, à mettre à l’index tous les impénitents et à la reconfigurer. Donc, il dira, ce jour-là, au diable, les magistrats véreux  dont la place est, plutôt, ailleurs que là où les congolais attendent d’eux, la justice, la vraie…

LPM