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Environnement et protocole de Nagoya : la RDC lance le projet de la mise en œuvre effective des ressources génétique et partage des avantages

Environnement et protocole de Nagoya : la RDC lance le projet de la mise en œuvre effective des ressources génétique et partage des avantages

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Hier, mercredi 10 juillet 2019, au Salon Lubumbashi du Pullman Kinshasa, le Secrétaire général du ministère de l’Environnement et développement durable, M. Benjamin Toherame, a lancé officiellement le Projet ‘’Mise en œuvre effective des ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages (APA), conformément au Protocole de Nagoya et la valorisation des plantes à valeurs ajoutées’’. En effet,  ce projet est mis en œuvre par la division du droit de l’UNEP, en partenariat avec l’ONG nationale Action d’Aide Sanitaire et de Développement aux plus Démunis (AASD), sous l’encadrement du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (ONU-Environnement) et du Ministère de l’Environnement et Développement Durable.

Au fond, l’accès aux ressources génétiques et le partage des avantages découlant de leur utilisation constitue un des trois objectifs de la Convention sur la Diversité Biologique à laquelle la RDC est Partie depuis 1994. Et, en octobre 2010, à Nagoya, au Japon, un Protocole Spécifique traitant de l’APA a été adopté et est entré en vigueur en Octobre 2014. Mais, la RDC l’a ratifié en avril 2015.

‘’la RDC est un sanctuaire écologique de la diversité et, l’un des poumons  de l’humanité, disposant des ressources forestiers et  biologiques immenses, incontournables et incomparables qui constituent sans conteste un atout indéniable pour son développement socioéconomique et environnemental ; fort de ces statuts environnementaux et par souci de respect des engagements pris au niveau international, notre pays  se veut un bastion de gestion durable de la biodiversité..’’, a laissé entendre à l’assistance M. Jean François Ekofo, Président de l’AASD qui a remercié, avant tout, le ministère de l’environnement et Développement Durable qui s’est référé à l’expertise de l’AASD, en lui confiant la gestion dudit projet. Ainsi, il a appelé les participants à cet atelier de lancement dudit projet à intervenir, sans relâche, dans l’une ou l’autre des trois composantes fondamentales qui constituent l’ossature du projet qui a comme objectif ultime, l’amélioration du bien-être congolais.

Il convient de préciser, ici, que ce projet qui s’inscrit dans la politique du gouvernement congolais, vise non seulement à redorer le climat des affaires en lien avec l’utilisation des ressources génétiques et savoirs traditionnels associés mais aussi, à garantir la sécurité juridique au travers la mise en place des mesures réglementaires et stratégiques susceptibles d’assurer le partage juste et équitable des avantages y découlant. C’est dire que l’APA constitue une opportunité susceptible de contribuer à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité, mais aussi, à la lutte contre la pauvreté. C’est la raison pour laquelle l’atelier a été focalisé en trois axes d’intervention stratégiques suivantes : Elaboration des mesures d’application de l’APA, lesquelles sont parties connexes de la loi sur la conservation de la RDC promulguée dernièrement ; sensibilisation sur le Protocole de Nagoya et le renforcement des capacités pour les parties prenantes en RDC et, valorisation des plantes à valeurs ajoutées (plantes médicinales, cosmétiques et nutraceutiques).

Pour M. Mike Ipanga, point focal dudit projet et Chef de division biodiversité du Ministère de l’Environnement, ce projet est porteur d’espoir dans la mesure où il va contribuer à donner des avantages aux communautés locales (Peuple autochtone) qui assurent la conservation des ressources génétiques  qui sont de plus en plus sollicitées pour la fabrication des médicaments, des produits cosmétiques. ‘’  Avec ce projet, nous allons mettre en place des mesures réglementaires et administratives qui vont faire à ce que l’accès à ces ressources sera payé. Et les retombées seront reversées aux communautés locales qui sont les gardiens de ces biodiversités. En plus, l’exploitation de ces ressources sera utilisée de manière durable du fait qu’elles seront rentables. Ce projet vient, en effet, à appuyer le gouvernement congolais pour  que les capacités de toutes acteurs concernés comprennent les enjeux sont autour de ces ressources génétiques’’, a martelé M. Mike Ipanga. Il sied de souligné que ledit projet a bénéficié d’un financement d’utilité de trois ans.

Apport de l’ONU-Environnement

Félicitant ainsi le gouvernement congolais pour ce pas très important du lancement dudit projet, le Chargé de programme Biodiversité et dégradation des terres de l’ONU-Environnement, M. Adamou Bouhari, a souligné que c’est un sens de devoir et de responsabilité pour mettre en place le cadre juridique réglementaire et Institutionnel pour l’opérationnalisation du Protocole de Nagoya et aussi, renforcer les capacité des acteurs qui vont animer la mise en œuvre de ce Protocole. Car, indique-t-il, il y aura une ruée extraordinaire dans les pays pour la demande de coopération, de partenariat pour des ressources naturelles dans le cadre de développement de la médecine et le cadre de cosmétique etc.

‘’En RDC, il y a un potentiel. Mais, il est important de l’encadrer. Et ce projet du fait qu’il va accompagner le pays à mettre en place le cadre réglementaire et juridique, pour nous ça relève un intérêt extrêmement important.  Et à notre niveau, au de-là de renforcement des capacités, l’ONU-Environnement va encadrer les acteurs sur comment faire des négociations et les discussions avec les partenaires (entreprises industrielles des pharmacies ou de production en cosmétiques), a précisé M. Adamou Bouhari.

Vision du Protocole de Nagoya

Le Protocole de Nagoya vise à fournir la certitude juridique et la transparence pour les fournisseurs et les utilisateurs de ressources génétiques, en établissant des conditions prévisibles pour l’accès aux ressources génétiques et par des mesures permettant d’assurer la conformité avec les dispositions législatives ou réglementaires de la partie fournissant les ressources génétiques. Il vise également à aider les communautés autochtones et locales de bénéficier de l’utilisation de leurs connaissances, de leurs innovations et de leurs pratiques.
En appuyant le partage des avantages, le Protocole de Nagoya contribue à stimuler la conservation et l’utilisation durable des ressources génétiques et, par conséquent, améliore la contribution de la biodiversité au développement et au bien-être humain.

Jules Ntambwe