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LES NOUVEAUX « AMIS » DE L’AFRIQUE CONTRE LA CHINE ? (Une chronique de Christian Gambotti)

LES NOUVEAUX « AMIS » DE L’AFRIQUE CONTRE LA CHINE ? (Une chronique de Christian Gambotti)

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  1. L’INDE

Nous commençons aujourd’hui la publication d’une série de 4 chroniques sur les nouveaux « amis » de l’Afrique : I. L’INDE II. LES ETATS-UNIS ET LA RUSSIE III. LE JAPON IV. LES EMIRATS DU GOLFE (Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Qatar). Ces « nouveaux amis » mènent une bataille contre Pékin et cherchent à contrecarrer l’influence de la Chine devenue, en deux décennies, le premier partenaire économique du continent africain, avec plus de 10000 entreprises chinoises implantées en Afrique, une croissance des échanges d’environ 20% par an et des investissements qui progressent à un rythme annuel de 40%. Tous ces «nouveaux amis» renforcent leur présence diplomatique avec l’intention clairement affichée de concurrencer la Chine dans les visées géopolitiques et géostratégiques sont adossées au pharaonique projet géoéconomique des «nouvelles routes de la soie». L’Inde, à travers le gouvernement de Narendra Modi, s’intéresse désormais à l’Afrique et à cette zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), en cours de création sur l’ensemble du continent africain. L’objectif est d’intégrer à terme l’ensemble des 55 États de l’Union Africaine sein de la zone de libre-échange.

L’offensive diplomatique de l’Inde

L’Inde, qui a pris du retard sur la Chine, considère qu’elle n’est pas suffisamment représentée en Afrique. New Delhi vient d’annoncer l’ouverture de 18 nouvelles ambassades sur le continent d’ici à 2021, ce qui fait passer le nombre de missions indiennes résidentes en Afrique de 29 à 47. Cette offensive diplomatique vise certes à renforcer l’offensive économique de l’Inde en Afrique, mais, il ne faut pas oublier les arrière-pensées politiques. A l’implantation économique, vient s’ajouter la volonté pour l’Inde d’affirmer

Sa présence politique en en Afrique, en particulier du côté de l’océan Indien. Sur les grands problèmes géopolitiques et géostratégiques, l’Inde et l’Afrique mesurent l’intérêt qu’elles sont à s’entendre, car les positions qui leur sont communes permettent deux choses : 1) Contrecarrer l’influence des puissances occidentales et de la Chine en Afrique 2) promouvoir un ordre mondial plus juste qui permettrait de mettre en phase les impératifs de la «realpolitik» et les injonctions de la mondialisation marchande avec un certain idéalisme.

L’offensive économique

Les leviers diplomatiques sont là pour activer les leviers économiques dans toute l’Afrique. Le président indien Ram Nath Kovind vient d’effectuer en visite officielle dans trois pays d’Afrique francophone : le Bénin, la Gambie et la Guinée. L’Inde multiplie ces derniers temps les rapprochements avec l’Afrique. Partant du constat que les échanges commerciaux entre l’Inde et l’Afrique demeurent bien en deçà de leur potentiel, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Suresh Prabhu, plaide pour la signature d’un accord

De libre-échange entre son pays et l’Afrique. La XIIIe Cession sur le Partenariat Inde Afrique, qui s’est tenue récemment à New Delhi, a permis au gouvernement indien de montrer qu’un accord de libre-échange entre l’Inde et l’Afrique permettrait de «booster» la création de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC). Le Premier ministre Narendra Modi a suggéré aux Africains de prendre l’exemple de son pays qui a su bâtir son développement sur le secteur de l’Agriculture. Narendra Modia déclaré : «A elle seule, l’Afrique dispose de 60% de terres cultivables du monde, mais ne produit que 10% des produits agricoles exportés.» Mais, tous les secteurs d’activités ont concernés, y compris le secteur militaire : douze pays africains, (Afrique du Sud, Egypte, Ghana, Kenya, Mozambique, Namibie, Nigeria, Ouganda, Sénégal, Soudan, Tanzanie, Zambie) ont pris part à des manœuvres militaires avec l’Inde ; New-Dehli se prépare à construire une grande base militaire aux Seychelles afin de contrer l’influence de la Chine dans l’océan Indien.

Sortir du traditionnel pré-carré indien

L’Inde cherche à sortir de son pré-carré limité aux pays d’Afrique orientale et australe en raison de la présence d’une importante diaspora indienne (2,5millionsd’Indiens) installée depuis longtemps : Ouganda, Tanzanie, Kenya, Afrique du Sud, Maurice. Au cours de la dernière décennie, L’Inde a choisi de diversifier ses investissements en Afrique, à la fois en termes de répartition géographique et de couverture de divers secteurs. L’Afrique de l’Ouest est devenue une cible prioritaire : les quinze pays de la Cedeao, qui représentent 25% du PIB total de l’Afrique, figurent parmi les régions dont la croissance est la plus rapide sur le continent africain. Des entreprises indiennes s’installent progressivement en Afrique de l’Ouest : le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana ou la Mauritanie. Les grands «Forums» Inde-Afrique ont commencé en 2003. En 15ans, selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, l’Inde est devenue le quatrième partenaire commercial de l’Afrique. En2010, les échanges commerciaux entre l’Inde et le continent africain étaient de 30 milliards de dollars. Ils devraient atteindre cette année les 100 milliards de dollars, contre 170 milliards pour les échanges entre la Chine et l’Afrique.

Christian Gambotti

Président du think tank Afrique & Partage

Directeur des Coll. L’Afrique en Marche, Planète francophone

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