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La chasse aux hérissons

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Le hérisson est un mammifère disposant de poils agglomérés, durs, hérissés et piquants. Il se nourrit des insectes, des noix de cola, d’arachides ou manioc aux champs et autres végétaux amères de la forêt équatoriale ou la savane.

Ces rongeurs s’abritent dans des tanières creusées des monticules ou dans des crevasses des gros arbres de la forêt. Ils s’y cachent la journée et en sortent la nuit pour se nourrir. Ils empruntent des petits sentiers étroits à travers les forêts retracées par eux – mêmes qui leur servent de repère pour retourner dans leur abri sans s’égarer.

Les piquants qui hérissent son corps sont ses armes de défense en cas d’attaque par les prédateurs (homme ou autre animal). La femelle du hérisson est appelée la «hérissonne».

Par analogie, le terme « hérisson » peut désigner d’autres animaux pourvus de piquants ou à poils raides comme le Grand aulacode (Thryonomys swin-derianus), un gros rongeur au poil très dur, appelé improprement «hérisson» en Afrique centrale.

Pour attraper les hérissons, certains villageois tendent des pièges malins au moyen de lianes fixées à un petit arbre ou écorces d’arbre avec un fil nylon placé sur le passage de l’animal dont le serrage de ces pièces joue le rôle rusé du piège. Une fois que le hérisson se fait prendre, il reste attaché au fil nylon serré à une patte, jusqu’au matin, heure où les villageois s’amènent pour le tuer sur ce grappin. Parfois, le hérisson peut s’échapper de son piège en se débattant ou en rongeant le fil de nylon ou sa propre main, la couper  et partir vivant.

Et ce comme qui dirait à malin, malin et demi !

Une autre méthode consiste boucler le périmètre de leurs habitats avec des petits filets après que les chiens aient par l’odorat signalé la présence de ces animaux à l’intérieur.

Les chausseurs percent l’endroit indiqué ou y allument du feu devant le trou en dirigeant la fumée à l’intérieur pour les faire suffoquer afin de les obliger à sortir par d’autres trous déjà bouclés par les petits filets qui serrent leurs cous et les font attraper facilement.

Mais les hérissons anticipent souvent la sortie à cause de bruits des manœuvres des chasseurs et en sortent souvent saint et sauf.

Dès lors la cours est engagée avec ardeur par les chiens et le chausseur qui émet des cris sauvages accompagnés des tintements de grelots de chiens qui donnent leur position et annoncent leur approche après avoir attrapé le gibier vivant ou mort. Pendant la course, le hérisson vivant peut faire une longue embardée de quelques lieux, lui faisant croire à l’égarement de ses poursuivants qui, connaissant son jeu, se mettent à l’affût. Une fois déniché, la cours reprend de plus bel jusqu’à la capture de l’animal ou à sa dérobade étant caché ou fourré sans odeur à la portée des chiens.

Et ce, comme qui dirait à malin, malin et demi.

Le gibier ainsi capturé est vendu frais le jour même ou le lendemain sous forme boucanée aux voyageurs sur les routes, particulières dans la forêt de Mayombe au Kongo – Central ou au marché sous le baobab Stanley à Boma.

Alegba Nzuanga Fabien