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Au gré de vents !

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Ils sont nombreux, ces membres du gouvernement à faire des professions de foi pour l’aboutissement heureux de leur mission à la tête des secteurs qui leur ont été confiés. Plus optimistes que quiconque, ils se laissent, parfois, emporter  à tout vent, pour peu qu’ils se donnent une conscience tranquille, avant le début de leurs fonctions. Pourtant, le temps de discours est révolu. Celui des promesses fallacieuses aussi.  L’heure est plutôt aux actes.

Le mieux à faire, conseille-t-on, est de poser le diagnostic dans les différents secteurs et de voir,  avec un minimum de sens de la mesure,  par où commencer. Puisqu’en réalité, dans la caisse, il n’y a pas assez de moyens, il est à considérer que le plus important à ce stade, est de dresser  l’état des lieux.  L’histoire renseigne, en effet, que tout récemment, alors que le pays était en quête d’un nouveau gouvernement, le budget 2019 qui a adopté à la sauvette, l’année dernière, serait épuisé.

Et que maintenant, le pays évolue  à vau-l’eau, au gré de vents  et des  décaissements improvisés et aléatoires. Très prochainement, lors de la session de ce mois de septembre, les élus du peuple attendent fiévreusement l’équipe Ilunga avec un nouveau projet de budget pour l’exercice 2020. Il va sans dire qu’à cette occasion, les fruits du travail de fourmi auquel les membres du gouvernement auront abouti, après avoir pris la température de leurs défis respectifs, seront transformés en besoins réels à consigner dans la nouvelle loi des finances pour l’exercice 2020. Mais pour y arriver, comme à l’accoutumée, les mêmes députés nationaux devront exiger, préalablement, la loi sur la reddition des comptes pour évaluer l’exécution de budget précédent. Là encore, il va falloir que l’on cherche des poux sur la tête de Tshibala. Même si, par ailleurs, cet exercice-là relève de la pure tradition, les colistiers de ce dernier n’y verront, peut-être, la tentative, pour l’actuel Premier Ministre Sylvestre Ilunga, d’un début de règlement des comptes.

De l’autre côté, dans les circuits de la normalisation de la situation générale du Trésor public, l’examen de la nouvelle loi des finances nécessitera que de nouvelles assignations à la hausse  soient prévues pour les régies financières. Comment le faire, sans heurter, ni bousculer les petites économies rongées dont disposent les ménages et entreprises aussi bien publiques que privées, depuis que la crise longue de plusieurs années fait rage ?

Les impôts et taxes, les redevances ainsi que les autres paiements dus à l’Etat exigent que les affaires tournent, comme il se doit. Or, depuis un certain temps, rien n’a marché. Ni les affaires internes, ni les trafics habituels aux frontières nationales. Et, devant un tel désastre, quel est le sort de cette nouvelle projection budgétaire dont les chiffres, loin d’être le reflet de la réalité, risquent d’être simplement bons, pour  flatter les tympans des congolais.

Il y a un temps qu’une affaire de quinze millions de dollars meuble la toile avec des accusations transversales. Vital Kamerhe, le Directeur de cabinet, y fait flèche de tout bois. Il y a également un temps qu’une affaire de l’Inspecteur  Général  des Finances fait sensation, depuis qu’une lettre de ce même DIRCAB lui intimer l’ordre d’arrêter avec ce qu’on qualifie de contrôle irrégulier. Si difficile que cela puisse paraître, puisqu’il s’agit des hauts placés dans l’actuel pouvoir, il est important de relever, cependant,  que le pays qui a déjà souffert du coulage des recettes,   n’est plus  disposé à se tirer vers les tréfonds de l’abîme. Comment, dans ce contexte-là, remettre la RD. Congo sur les rails du nouvel horizon, tel qu’il a été tracé, depuis le 24 janvier 2019, dans le discours d’investiture de Félix Tshisekedi ?

LPM