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RDC-INTERNET: “Plan national du numérique : l’atelier et après ?”

RDC-INTERNET: “Plan national du numérique : l’atelier et après ?”

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*Trois jours de réflexion par des experts de l’écosystème numérique venus de plusieurs horizons, le plan national du numérique a finalement été adopté. Réunir 300 personnes dans un hôtel huppé comme le Pullman  pendant plusieurs jours n’aurait pas été chose facile. Chose certaine, la facture était salée et le trésor public en a senti le coût. Quelle sera la suite?

Dans son discours d’ouverture,  le 3 septembre dernier, le Chef de l’Etat a annoncé  plusieurs grandes  mesures qui permettront de concrétiser ce que nous pouvons appeler aujourd’hui “programme numérique de Félix Tshisekedi “.

La mesure phare prônée par Félix Tshisekedi est  la création de l’agence de développement du numérique(ADN) qui aura pour mission de promouvoir les technologies de l’information et de la communication, à l’image du conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication dans la sphère médiatique.  La deuxième  annonce est celle de la création du conseil national du numérique(CNN). Son rôle  sera de réunir, dans un cadre fonctionnel, le premier ministre et les ministres concernés autour des orientations thématiques de mise en œuvre à la fois de la stratégie et des actions prioritaires du Numérique.

Le Chef de l’Etat a également annoncé la  mise en place du système de visa électronique d’entrée en RDC, le lancement de la campagne d’identification  biométrique  de tous les citoyens en 2020 et enfin,  la création des cadres institutionnels provinciaux de prise en charge du développement du numérique.

Un éléphant blanc?

L’administration publique rd-congolaise est réputée championne dans l’organisation des séminaires, ateliers, colloques,…la liste est exhaustive. Avec des thèmes séduisants et qui sonnent bien à l’oreille, dont le plus célèbre est “renforcement des capacités”.

La créativité ne manque pas.  A  titre illustratif, l’on se souviendra des mesures annoncées avec pompe à l’issu du séminaire sur le coulage des recettes publiques au mois de mai 2013. On avait cru que le coulage des recettes du trésor public sera stoppé net. Aujourd’hui ce tableau sombre n’a pas changé. Le projet mort-né du parc agro-alimentaire de Bukanga-Lonzo et qui avait englouti à son passage plus de 250 millions USD est le plus spectaculaire.

A en croire plusieurs observateurs, la RDC souffre de la manie du manque d’entretien, de suivi et de la planification. Le plus souvent, les études de faisabilité sont faites avec une légèreté criante.

Plan national du numérique égal projet Bukanga-Lonzo light?

Quant au plan national du numérique qui venait d’être validé à l’issu de cet atelier qui a été organisé au Pullman hôtel du 03 au 05 septembre, ne souffrira-t-il pas de la même pathologie que le projet du parc agro-alimentaire de Bukanga-Lonzo  et tant d’autres ? Avec ce projet, on avait fait miroiter aux congolais que la RDC sera désormais  le grainier agricole de l’Afrique. Aujourd’hui, les acteurs qui étaient impliqués dans ce budgétivore et qui saigna en blanc le trésor public se rejettent les responsabilités.

Si l’on s’en tient aux conclusions de plusieurs études faites dans l’univers numérique à la rive gauche du fleuve Congo et même aux avis des experts du numérique, notre inquiétude risque fort malheureusement d’être vraie.

La taxe d’accises  de 10% à charge des consommateurs est-ce caillou qui se dissimule dans les bottes de ce beau projet du président de la république. Dans un pays à dimension presque continentale avec un PIB insignifiant dont le revenu journalier de la grande majorité de la population est de 1$ par jour, le pouvoir politique s’évertue à accumuler des impôts et taxes tous les jours à la tête de la population au lieu de les revoir à la baisse.

Avec la TVA qui est de 16% que les paisibles citoyens payent depuis janvier 2012 et tout naturellement applicable dans le secteur du numérique, le gouvernement  du premier ministre l’avait trouvé insignifiant et qu’il fallait donc alourdir davantage le fardeau des utilisateurs du net. Seulement 6% des congolais ont accès à la 4G et 8% peuvent accéder à la 3G et on les trouve majoritairement dans les grandes agglomérations laissant par conséquent les communautés rurales orphelines du net. Avec cette taxe qui est d’application depuis mars 2018, la situation ne cesse d’aller de mal en pis.

 

Eu égard de ce qui précède, l’agence de développement du numérique qui est à créer tel que l’a annoncé le président de la république, aura du pain sur la planche. Sentiment patriotique oblige, ses animateurs devront se pencher sur cette taxe dès leur prise de fonction si réellement ils auront besoin de hisser le pays de Lumumba parmi les mieux connectés du continent.

Suabala.com