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La gratuité de l’enseignement de base en difficulté : le Complexe scolaire Mont-Amba en grève

La gratuité de l’enseignement de base en difficulté : le Complexe scolaire Mont-Amba en grève

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«Les grandes priorités sociales de mon mandat sont définies comme suit : Premièrement, rendre effective la gratuité de l’école primaire dans l’enseignement public tel que l’exige la Constitution de la RDC. Cet engagement est effectif depuis le début de ce mois sur toute l’étendue du territoire nationale», a dit Félix Tshisekedi le jeudi 26 septembre à la tribune de l’ONU. Alors qu’il prononçait son discours, le Complexe scolaire Mont-Amba était déjà une grève. Le personnel enseignant réclame des mesures d’exception pour leur institution et certains préalables avant l’application de la gratuité de l’enseignement de base. Paradoxe.

C’est depuis le lundi 23 septembre 2019 que le complexe scolaire Mont-Amba est en grève. Cet établissement demande au gouvernement de la République l’inscription sur les listes de paie des enseignants employés par l’Etat, mais qui ne bénéficient pas encore de leurs salaires. Selon les explications, ces enseignants étaient payés auparavant grâce à la prime des parents.

Ils réclament également des mesures d’exception pour leur institution et certains préalables avant l’application de la gratuité de l’enseignement de base.  Selon les autorités de cette école, jusqu’à preuve du contraire, le complexe scolaire Mont- Amba ne bénéficie du gouvernement ni des frais de fonctionnement, encore moins les primes des enseignants.

Il sied de préciser que cette école d’application de l’université de Kinshasa ne dépend pas du Ministère  de l’enseignement primaire et secondaire et n’a pas été budgétisé pour la gratuité de l’enseignement. D’où, le déclenchement de la grève. Mont-amba est une unité décentralisée de l’université de Kinshasa. Par conséquent, les élèves viennent à l’école sans étudier.

«Quand dire, c’est faire»

Du haut de sa tribune, le Chef de l’Etat congolais, Félix Tshisekedi, a réitéré son engagement bien connu, «Le peuple d’abord ». Il a placé la gratuité de l’école primaire dans l’enseignement public parmi les grandes priorités sociales de son mandat. Et plus loin, il a confirmé cette gratuité sur toute l’étendue du territoire nationale qui portera en une année la part de dépense d’éducation de 8% à près de 20% du budget de l’Etat. Soit un niveau proche du standard recommandé par l’UNESCO.

L’avenir des enfants est assuré à travers une bonne éducation, particulièrement scolaire. Au vu de la situation qui prévaut au complexe scolaire Mont-Amba ainsi que dans d’autres écoles de la capitale, les enseignants œuvrant dans les établissements publics devraient-ils être rassurés par le discours du chef de l’Etat ou plutôt par ses actions ?

Quelques semaines après la rentrée scolaire, l’on a constaté déjà l’engouement total des élèves dans des écoles publiques, alors que des dispositions pratiques pour accueillir tous ces élèves n’ont pas été préalablement préparées. La parole doit être accompagnée par des actions concrètes. Ce qui est vrai, il y a encore du chemin à parcourir pour aboutir à l’effectivité de la gratuité de l’enseignement de base en RDC.

Dorcas Nzumea