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Télescopage

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A la veille  de la proclamation des résultats, l’attention fut focalisée autour de deux candidats principaux. D’un côté, Shadary, le Dauphin désigné par Joseph Kabila. Et, de l’autre, Fayulu, le candidat de la coalition Lamuka. Mais, curieusement, le jour ‘’j’’, alors que tout était indiqué pour que  l’un et l’autre pousse un ouf de soulagement  pour en découdre, c’est plutôt Félix  Tshisekedi qui vient couper la poire en deux. Du coup, les deux frères et amis  d’hier sont devenus des vrais-faux ennemis d’aujourd’hui.

Dans l’entretemps, tous les catéchumènes de l’apocalypse en ont  tellement été  dévoyés que leurs calculs méphistophéliques concernant l’hécatombe  seront totalement noyautés.

Et depuis, trois nouveaux pôles se sont  créés dans le firmament politique congolais. Une coalition s’est installée aux affaires, en dépit du temps pris pour la constitution d’un gouvernement. Alors qu’une autre coalition s’est montrée, plutôt, faible et s’est putréfiée. Au fil des jours, entre ces deux-là, tous les exclus tâtent encore le terrain, exploitent les faiblesses et fourmillent des  observations en se faisant une masse critique sans, toutefois, former une coalition à part entière.

A tout le moins, il n’est pas impossible qu’ils finissent, à terme, peu avant les empoignades de 2023, au cas les échéances étaient respectées, par se constituer en un bloc compact contre FCC-CACH, d’une part, et Lamuka, d’autre part.

Quoi qu’il en soit, un tel bloc prendrait également en compte toutes les revendications de la société civile, avec le Comité Laïc de Coordination en tête.  Tel est, en effet, le nouveau paysage qu’affiche la classe politique congolaise d’aujourd’hui. Mais, demain,  les choses ne resteront pas  en l’état.

Les contradictions étant le moteur de développement, il va de soi qu’au gré des alliances, parfois, contre-nature, que les lignes de toutes ces coalitions bougent. Tout le problème est, évidemment,  celui de situer l’homme, le soldat du peuple, avec son évangile pour la vérité des urnes.

Loin d’en faire une obsession, Fayulu croit encore  au retour au recomptage des voix, bureau de vote par bureau de vote. Il croit également qu’il retrouverait son fauteuil présidentiel.  Il crie et râle à tue-tête, pour dénier le pouvoir à Félix Tshisekedi. Il repose, au fait, la problématique de la légitimité. Et, pourtant, ce dernier, après  avoir marché sur le tapis rouge à Bruxelles, est passé à l’Onu avant de se rendre à Washington. Partout où il est passé, même dans les milieux les plus frileux, Tshisekedi fils est adoubé. Son pouvoir, quoiqu’étant continuellement contesté par Fayulu, ne souffre  plus, selon toute vraisemblance, de la moindre aversion critique  de la communauté internationale.

D’ailleurs, le contexte se prêtant à sa guise, il continue, lui, à poser des actes de haute portée nationale. Et, donc, à faire avancer la barque. En l’absence d’un dialogue  sincère et constructif, les  visions rivales évoluant allégrement, il va de soi que  les deux hommes continuent  à se télescoper dans leurs discours.

LPM