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Dégouté des tracasseries à l’endroit des artistes : Koffi Olomidé saisit la justice via un mémo

Dégouté des tracasseries à l’endroit des artistes : Koffi Olomidé saisit la justice via un mémo

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Interdit des spectacles et la diffusion de huit des ses nouvelles chansons dont « Elégance, La femme de quelqu’un, Papa Ngwasuma, Pipipi, Papa mobimba, Jour de joie, Alidor, Ba esclaves», et suivi d’une arrestation brutale à son domicile filmée par ses bourreaux, Koffi Olomidé dit le ‘’Rambo’’ de la musique congolaise, profitant de l’affaire qui l’oppose à la Commission nationale de censure des Chansons et Spectacles (CNCCS), par l’entremise de son avocat conseil, a saisi officiellement les instances judiciaires pour exprimer son indignation par le biais d’un mémo.  Il faut noter que cette mésentente est une longue histoire, surtout qu’il faut remonter vers les années 2005, où l’artiste s’est vu interdire quelques unes des ses chansons notamment, Alia, Silivi etc. Pour ce dernier feuilleton, lisez, ci-dessous, l’intégralité du mémorandum.

Mémo à l’attention de son Excellence Monsieur le Vice-Premier ministre, ministre de la Justice et Garde des sceaux

Concerne : Restriction à la liberté d’expression des œuvres d’esprit de nos artistes musiciens par la Commission nationale de Censure.

C.I : Ministre de la Culture et des Arts, Jean-Marie Lukundji

  1. Considération générale

 Excellence Monsieur le Vice-Premier ministre

  1. La République Démocratique du Congo est un Etat de droit et en tant que tel, elle se veut respectueuse des droits de l’homme et des lois ;
  2. En effet, un Etat de droit voudrait à ce que tous y compris les organes et agents de l’Etat, soient soumis totalement au droit ;
  3. La liberté de penser et la liberté d’expression qui implique la liberté d’exprimer ses opinions et convictions sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs constituent les droits fondamentaux de l’homme consacrés aux articles 22 et 23 de la Constitution ;
  4. Nos artistes musiciens comme tous les Congolais devraient avoir droit à un minimum de respect de leurs droits fondamentaux dans un Etat dit démocratique auquel nous avons le privilège d’appartenir ;
  5. Les chassons de l’un de nos distingués artistes musiciens nommé Koffi Olomidé n’ont pas été depuis le début de sa carrière jusqu’à ce jour, de nature à provoquer la haine raciale ou tribale, et elles ne comportent nullement d’injures, d’aversions, d’imputations calomnieuses ou dommageables, conformément aux dispositions de l’article 2 de l’arrêté ministériel 225 du 23 août 1967 portant Commission de censure de la musique ;
  6. Aujourd’hui, avec la piraterie des chansons des artistes musiciens et l’avancement de la technologie, nous avons du mal à cerner si les chansons diffusées préalablement avant de les présenter à la Commission de censure, ont été rendues publiques par leurs auteurs ou par des contrefacteurs ;
  7. Limiter la liberté d’expression, c’est limiter le droit de l’homme.

Il convient de vous présenter, Excellence Monsieur le Vice-Premier ministre, mes humbles avis et suggestions, pour éviter de préjudicier nos artistes musiciens ;

  1. Avis et suggestions
  2. Mettre en place un arrêté ministériel définissant de façon claire les paroles ne pouvant pas se trouver dans les chansons pour ne pas troubler l’ordre public et les bonnes mœurs ;
  3. Fixer dans un arrêté, les frais à devoir à la Commission de censure et ceux-ci devraient être payés dans un compte bancaire à communiquer aux artistes ;
  4. Laisser les artistes musiciens s’exprimer librement tout en se conformant à nos lois ;
  5. Lever la sanction sur les diffusions des chansons de Koffi Olomidé, en vue de le motiver à continuer de porter plus haut le drapeau national.

Haute considération.

Fait à Kinshasa, le 25/09/2019

Sé / Me Diamant Sylvestre Assiabo Mobuda