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[Chiffré à 7 milliards USD] Noël Tshiani : ‘’Ce budget reflète la léthargie dans la lutte contre les antivaleurs‘’

[Chiffré à 7 milliards USD] Noël Tshiani : ‘’Ce budget reflète la léthargie dans la lutte contre les antivaleurs‘’

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Quelques semaines après l’investiture du nouveau gouvernement en République Démocratique du Congo, le projet de loi de finances pour l’exercice 2020 a été approuvé lors du dernier Conseil des ministres. Il est chiffré à 7 milliards USD soit 11.853,4 milliards de Francs Congolais équilibré en recettes et en dépenses. Pour Noël Tshiani, cela paraît très insuffisant pour répondre aux défis de développement du pays qui sont dans tous les secteurs et reflète la léthargie dans la lutte contre les antivaleurs qui sont la corruption, la prédation des ressources naturelles, les détournements des fonds publics, les retro commissions, etc. Chaque année, témoigne ce fin économiste mondial, la RDC perd 10 à 15 milliards de dollars sous forme de fraude fiscale et détournements des fonds publics. Le candidat à la présidence de la RDC en 2018 avoue, en effet, que les défis à relever sont tellement nombreux qu’il faudra soit retarder la mise en œuvre de certaines priorités, soit emprunter de l’argent de l’extérieur pour accélérer le développement. ‘’C’est quand même dommage que le premier gouvernement après l’alternance fasse moins que les gouvernements sous la dictature qui avaient atteint le niveau de US$ 9 milliards par an‘’, lance-t-il dans une interview exclusive accordée à La Prospérité en ce début du mois d’octobre. Dans le Plan Marshall pour la Reconstruction et le Développement de la RDC dont il est l’auteur, Noël Tshiani misait sur un budget de US$ 800 milliards sur 15 ans. Pendant les cinq premières années, ‘’je pense qu’on peut avoir un budget de $20 milliards par an‘’. Lisez, ci-dessous, l’intégralité de l’entretien vous proposé.

La Prospérité : Etant un économiste, si réellement le projet du budget de 7 milliards est adopté, pensez-vous que dans un premier temps il peut répondre aux attentes des milliers des congolais ?

Noël Tshiani : Le projet de budget de 7 milliards dollars est très insuffisant pour répondre aux défis de développement du pays qui sont dans tous les secteurs. Nous avons des défis sécuritaires, éducationnels, sanitaires, économiques, sociaux, infrastructurels, de gouvernance et politiques. Nous devons créer des emplois et opportunités pour tout le monde. Faire face à ces défis demande beaucoup d’argent. Ce budget proposé est très insuffisant. Il reflète la léthargie dans la lutte contre les antivaleurs qui sont la corruption, la prédation des ressources naturelles, les détournements des fonds publics, les retrocommissions etc. On n’augmentera pas de budget national de façon significative en étant gentil ou copain avec les criminels et les inciviques et en leur garantissant l’impunité et la sécurité. Pour être justes et rendre justice, nous devons appliquer la tolérance zéro à ces antivaleurs et à leurs auteurs. Toutefois il est difficile d’appliquer une telle rigueur en ayant un gouvernement fait essentiellement des personnes ou des regroupements politiques à blâmer pour la mauvaise gouvernance du passé. Le pays a besoin d’un nouveau départ et de nouveaux signaux quant à la gouvernance.

La Pros. : Est-ce que cela peut perturber le programme du Chef de l’Etat, si c’est budget est adopté ?

NT : Les besoins du pays et les défis à relever sont tellement nombreux et colossaux qu’un petit budget ne permettrait pas d’y faire face sans recourir massivement aux emprunts extérieurs. Il faudra soit retarder la mise en œuvre de certaines priorités soit emprunter de l’argent de l’extérieur pour accélérer le développement. Rien que la gratuité de l’enseignement va coûter près de 3 milliards de dollars. Les 4 milliards restants sont même inférieurs au budget de 2019 qui était de $5,9 milliards. Je pense que le gouvernement devrait être un peu plus imaginatif pour mobiliser des ressources additionnelles. C’est quand même dommage que le premier gouvernement après l’alternance fasse moins que les gouvernements sous la dictature qui avaient atteint le niveau de $9 milliards par an.

La Pros. : La RDC, connait jusqu’ici une crise postélectorale. Avec votre plan marshall pour faire sortir la RDC de cette Crise, quel chiffre budgétaire proposerez-vous ?

NT : Dans le Plan Marshall de Noël Tshiani pour la Reconstruction et le Développement de la RDC, je misais sur un budget de $800 milliards sur 15 ans. Pendant les cinq premières années, je pense qu’on peut avoir un budget de $20 milliards par an. Pendant ces premières années, on se concentrerait sur les réformes structurelles et institutionnelles pour améliorer la gouvernance afin de générer plus de recettes publiques pendant le prochain quinquennat pour mettre en œuvre les programmes de reformes afin de faire face aux défis du pays. Il faut comprendre que la RDC a beaucoup de ressources intérieures que nous devons mobiliser avant de penser à emprunter à l’extérieur. Chaque année, la RDC perd 10 à 15 milliards de dollars sous forme de fraude fiscale et détournements des fonds publics. Aussi on sait que 85 pour cent des revenus des ressources naturelles n’entrent pas dans les caisses de l’état. Sous ce régime, On doit faire mieux en recouvrant ces ressources perdues sous le régime précédent. Si on se précipite à emprunter à l’extérieur sans améliorer la gouvernance intérieure, on n’aura pas appris des leçons des erreurs du passé. On aura endetté le pays inutilement.

La Pros. : Quel est votre message ou appel au gouvernement par rapport à la proposition du projet de ce budget ?

NT : Je n’ai pas de leçons à donner au gouvernement. Mais je pense qu’on ne peut pas vouloir une chose et son contraire en même temps. Si on veut mobiliser plus de ressources intérieures pour financer le développement, il faut combattre les antivaleurs telles que la corruption, les détournements de fonds publics, les retrocommissions et la prédation des ressources naturelles. On doit réformer la justice et appliquer les lois du pays à tout le monde sans exception. On ne doit pas être gentil, sympathique ou copain avec les criminels. Il faut passer de la mauvaise à la bonne gouvernance afin que les ressources publiques aillent dans les caisses de l’Etat afin de financer le développement au profit de tous les congolais.

La Pros.