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Bertrand Badie : «l’hégémonie n’existe que dans l’esprit»

Bertrand Badie : «l’hégémonie n’existe que dans l’esprit»

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Prise de conscience de la jeunesse africaine. Active et participative dans le grand débat mondial, cette jeunesse joue actuellement un rôle très important.

C’est grâce à ce dynamisme que les pays du sud commencent à profiter de la mondialisation de manière substantielle. Car, le Nord est aujourd’hui incapable de résoudre seul le problème des autres.

Voilà en quelques mots ce qu’on peut retenir de l’analyse faite par le professeur Bertrand BADIE à travers son ouvrage «L’Hégémonie contestée : les nouvelles formes de domination internationale ». Cette publication a fait l’objet d’une grande conférence animée à l’Institut français de Kinshasa (IFK-Halle de la Gombe).

Jeunes, étudiants, journalistes, chercheurs, parlementaires congolais et expatriés ont pris part à cette rencontre, à la fois scientifique et diplomatique.

C’était une aubaine pour ce professeur français de décortiquer le thème qui est également le titre de son nouveau livre.

Des questions posées par l’assistance à cet éminent professeur et spécialiste des relations internationales ont donné également la quintessence à la conférence.

Devant un public hétérogène,  Bertrand BADIE a, scrupuleusement, expliqué le concept « Hégémonie » dans toute sa dimension : diplomatique, scientifique et littéraire.

Dans sa compréhension, il l’a surtout défendue par rapport aux contextes actuels et à l’histoire de l’évolution du monde.
En se basant sur sa théorie personnelle, il a démontré les paramètres, les caractéristiques majeures ainsi que les attributs du terme « Hégémonie ».

Pour le professeur Bertrand, le concept «hégémonie» n’a plus le même sens sur la scène internationale vu qu’aucune nation du monde ne peut estimer être plus puissante que l’autre. Car, l’hégémonie n’existe que dans l’esprit et la puissance est paradoxale, selon la théorie des relations internationales.

D’ailleurs, il a prouvé que le Nord, seul, n’est plus capable de résoudre le problème du monde.

Les grands enjeux de l’humanité aujourd’hui ne sont plus stratégiques.
Par contre, ils se définissent par des priorités en fonction des problèmes et difficultés qui abritent le Sud.

Avec la mondialisation, l’avenir du monde fait face à la sécurité humaine, environnementale, alimentaire, économique et sanitaire qui forge le destin des pays du Sud.

Toutefois, souligne ce professeur de Science Po, il faut une gouvernance internationale partagée, égalitaire où chaque Etat tient compte du respect de l’autre et des valeurs fondamentales.

Par ailleurs, Bertrand Badie soutient la thèse selon laquelle « quand le Sud réinvente le monde » qui est également le titre de son livre publié en 2018.

Il a tenté, en effet, d’établir un parallélisme avec les pays du Sud (sous-développés)  qui doivent impérativement participer dans le grand débat du monde.

Diplômé d’études supérieures des Sciences politiques de Paris de l’Institut des Langues Orientales, et d’études approfondies en histoire du XXème siècle à Paris I, Bertrand Badie est professeur des Universités à Sciences Po Paris.
Il a été directeur des Collections des Presses de Sciences Po (1994-2003) et du Centre Rotary d’études internationales sur la paix et la résolution des conflits (2001-2005).
Bertrand BADIE est spécialiste des relations internationales, professeur des Universités à Science Po Paris et enseignant-chercheur associé au Centre d’études et de recherches internationales (CERI).
C’est en 1975 qu’il a obtenu son doctorat d’Etat en Sciences Po Paris et son agrégation des Sciences Politiques en 1982. Il est également auteur de plusieurs ouvrages dont les derniers sont : «Nous ne sommes plus seuls au monde : un autre regard sur l’ordre international» paru aux éditions La Découverte en 2016, et «Puissant ou solidaire ?: principes d’humanisme international » en 2017.

Jordache Diala