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Peau de l’ours

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Le débat fait rage dans le microcosme politique. La polémique aussi. Mais, au juste, qui de ces trois personnalités peut bien assumer la charge de Porte-parole de l’Opposition ? Critères : compétence, représentativité ou popularité.

Au regard de la loi, la réponse serait si  simple.  Car, il suffit de compter le nombre de Députés à l’Assemblée Nationale pour voir qui parmi eux serait le plus représentatif. Là-dessus, le MS et  Lumbi avait déjà tranché. 

A l’AR de Delly Sessanga, la même  sentence est tombée ce samedi 19 octobre dernier,  à Kinshasa. Dans l’un tout comme dans  l’autre cas, c’est Katumbi.  Un point de vue pour lequel le Mouvement de Libération du Congo garde, du moins jusqu’ici, un mutisme. 

Bemba, alors qu’on croyait en savoir plus,  lors de son meeting du 11 octobre dernier à Kisangani, est resté, paradoxalement,  évasif sur cette question, pourtant, cruciale. 

Et, de son côté, Fayulu, devenu le prédicateur de l’évangile de la vérité des urnes, n’est vraiment pas candidat. Lui qui s’est auto-proclamé Président élu et qui continue à contester la légitimité de Félix Tshisekedi croit qu’accepter de jouer au porte-parole, fut-il de l’Opposition, c’est cautionner implicitement l’actuel régime porté par la coalition FCC-CACH dont Kabila serait le principal tireur des ficelles.

D’ailleurs, tout récemment, alors qu’il était de passage au Vatican, lors de la consécration de Fridolin Ambongo Besungu dans ses fonctions de Cardinal, le quatrième du genre après Malula, Etsou et Monsengwo, Fayulu n’avait pas manqué, dans ses nombreuses sorties médiatiques,  d’emboucher les trompettes pour exiger, une fois de plus,  à la CENI de publier les résultats des élections du 30 décembre 2018, bureau de vote par bureau de vote.

En clair, le jeu semble fait d’avance, quand bien même  des tractations de coulisse recommandent un peu plus de   prudence de la part du favori.

Surtout qu’il ne suffit pas d’être cité pour occuper ce poste. Déjà, l’opinion tant nationale qu’internationale, telle qu’elle s’est habituée à être  nourrie aux mamelles insatiables de la bouillabaisse politique,   se souviendra que depuis l’adoption de la loi portant statut de l’Opposition, beaucoup d’années sont passées sans que celle-ci  ne soit  nullement appliquée.

En son temps, Bemba et Tshisekedi Etienne avaient été, à leur tour, abondamment pressenti. Mais, la concrétisation est demeurée, cependant,  dans les dépendances des fantasmes, des relents vaniteux, des chimères puériles, des idées hystériques, des pensées morbides, des autres vues  d’esprit ainsi que des sauts-de-mouton  sans sens, ni contours réels. 

Cette fois-ci encore, point n’est besoin de pérorer à longueur des journées, ni de crier sur le toit de la maison. Ce qu’il faut, dorénavant, c’est de saisir en bonne et due forme les deux Bureaux du Parlement, pour en découdre.

Et, même là, la loi du consensus serait le chemin le mieux indiqué, pour voir le bout du tunnel.

Au cas contraire,  les deux autorités morales de CACH et FCC peuvent, en revanche,  même en dernière minute, influer et  peser  contre dans la balance. La politique étant, depuis des temps immémoriaux, l’art du possible et des virgules sans ‘’points éternels’’.  Donc, il ne faut  pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir capturé.

LPM