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Le FCC et la révolution permanente de la modernité pour un Congo émergent

Le FCC et la révolution permanente de la modernité pour un Congo émergent

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*Après neuf mois d’alternance, la gouvernementalité innovante, la méthode et les projets propulseurs d’une dynamique de développement fulgurant, aux effets restructurant primordiaux, sont encore difficiles à discerner. Certes, quelques actions posées dans le programme de 100 jours sont d’une factualité indéniable. Leur impact dans certaines portions de la société est aussi indubitable. Mais, après neuf mois d’un régime porteur de la thématique du changement,  la préoccupation fondamentale est celle de l’invisibilité des repères d’une virtuosité de transformation sociétale. C’est-à-dire,  un élan d’une remarquable maestria en leadership stratégique d’Etat générateur des effets restructurant, emballant la société dans une innovante dynamique de reconfiguration. On ne sent pas encore comme un nouvel esprit de gouvernement, une atmosphère inédite de reconstruction éclairant un horizon de puissance vers lequel nous tendons.

Dans cette optique, l’argument premier de la réflexion est que le FCC qui détient la majorité dans toutes les institutions, et dont le leadership a produit l’alternance, a le devoir d’impulser l’accélération de la transformation fulgurante de la RDC.

Ce devoir est capté dans la dialectique systémique et historique de ce pays. A travers ce prime, la thèse fataliste des déficiences  supposées quintessentielles et donc irrémédiables, sans les diluer dans les immenses prouesses réalisées, est réfutée. Il y est affirmé que les exploits reconstructifs multi-systémiques indéniables réalisés par les acteurs majeurs du FCC  de 2001 à 2018, démontrent une certaine capacité transformationnelle d’Etat. Et cela dans des conditions extrêmement difficiles – si pas uniques en Afrique. Ensuite, la réflexion cerne la pertinence de la Révolution de la Modernité en proposant sa conversion en Modernisme Authentique Congolais.

Aujourd’hui encore la RDC a besoin d’accélérer et d’étendre cette dynamique de modernisation de l’homme Congolais et de sa société dans tous les secteurs de la vie nationale. La conclusion insiste sur le fait que dans les neuf mois écoulés la RDC a connu un estompement de sa dynamique de modernisation restructurante. Le FCC qui détient la majorité au Parlement et dans les provinces a donc,  le devoir de contribuer à l’accélération de la modernisation de la RDC. C’est sa responsabilité comme principale force politique gérant le gouvernement central.

  1. LE FCC DANS LE PRISME DIALECTIQUE DE LA RECONSTRUCTION HISTORIQUE DE 2001-2018

La dynamique dialectique évolutive procède de l’irréductible intelligence superstructurelle, dont parfois certains éléments d’un corps sont inconscients. Cette perspicacité transcendantale cerne les déficiences, les périls, les opportunités, pour déclencher son avancée dans le temps et dans l’espace. Au plan extérieur, les nouvelles contradictions d’une société en mutation, voire les défis régionaux et mondiaux, inspirent une évolution adaptative. Cependant, l’ingéniosité première est intrinsèquement interne à l’organisation ou corps qui doit progresser.

Ce prisme dialectique permet alors de réfuter une conception et une perception politicienne réductionniste et fataliste du FCC. Celui-ci n’est pas simplement une autre congrégation des politiciens exclusivement motivés par le contrôle du pouvoir et la jouissance de ses prébendes.

Il est tout aussi absurde et retardataire d’avoir un fixisme sur les déficits du régime de J.Kabila, sans tenir compte du contexte et surtout sans cerner les immenses accomplissements historiques et systémiques, pour projeter sur le FCC un stéréotype négativiste.

A ce sujet, il est absolument indispensable de souligner qu’aucun jugement rationnel et impartial, propice au développement, ne peut se distinguer par l’obsession sur les accusations qui ne sont pas équilibrées avec les énormes prouesses historiques dont certaines sont inégalées en Afrique.

Tangiblement et en écrasement de quelques déficiences, on peut d’abord noter la reconstruction d’un Etat qui était effondré et disloqué de 1980 à 2001, en lui donnant une constitution démocratique, des institutions fonctionnelles au niveau central et provincial, concomitamment avec  l’opérationnalisation d’un système électoral (construit pratiquement ex-nihilo), qui a produit l’alternance dont nous sommes fiers comme nation.

Aussi matériellement et en aplatissement des déficits, il y a la relance d’une économie jadis dans un effondrement abyssal (probablement la seule économie africaine ayant atteint une croissance négative de – 13 % dans les années 1990-1993), en la relevant et en atteignant la cime de plus de 9 % de croissance assortie d’une stabilisation macroéconomique durable. Celle-ci continue à donner la crédibilité à la RDC aujourd’hui. En ultime instance, il y a la réalisation d’une unique expérience de démocratisation régénérative. Et cela dans un pays où ce processus patinait depuis 1990, et surtout dans lequel le seul système politique totalitaire Africain a prévalu pendant 32 ans. Tous ces accomplissements constituent des véritables performances en géni refondateur de l’Etat. C’est pourquoi, scientifiquement on peut affirmer que le régime de J.Kabila demeurera l’ère de la reconstruction multi-systémique et de la réorientation sociétale congolaise. Il est donc aberrant d’avoir une sorte de fixisme sur les abus des droits de l’homme et la corruption (sans les nier), en méprisant ce qui peut être considéré comme l’exploit historique de la régénérescence d’un Etat qui n’existait quasiment plus en 2001.

Ce captage permet d’affirmer qu’il est absolument absurde (sinon complément schizophrénique) de considérer que toutes ses prouesses de mutation systémique et sociétal sont «rien» et que seules les accusations portées contre le régime de 2001-2018 comptent exclusivement. Il est tout aussi aberrant de refuser de discerner que ces accomplissements sont des prouesses historiques qui ont ramené la RDC sur la trajectoire de sa destinée. Ces exploits historiques dénotent d’une certaine ingéniosité de reconstruction. On peut la capitaliser pour impulser le régime actuel dans sa mission de l’accélération vers l’émergence.   C’est dans cette logique que le prisme dialectique esquissé ci-haut permet de réaliser que de l’AMP en passant par la MP, jusqu’au FCC, il se dessine (pour les esprits de transcendance), une  maturation et une ascension en intelligence politique. Les possibilités perçues par le FCC et sa capacité d’adaptation actuelle auraient été quasiment impossibles sous l’AMP ou la MP. En ultime instance, il est donc rationnel de rejeter le fixisme sur les déficiences des organisations politiques de la mouvance Kabiliste ayant précédé le FCC, afin de cerner et discerner, dans une perspective dialectique, sa capacité de contribuer à la nouvelle impulsion développementale de la RDC, dans ce nouveau régime.  Nous devons avoir le courage de réinterpréter notre propre histoire autrement, de lui donner un sens,  et de réfuter les stéréotypes du Congo bashing.

  1. DE LA REVOLUTION DE LA MODERNITE AU MODERNISME AUTHENTIQUE CONGOLAIS PAR LE FCC

L’argument principal, ici, est que la Révolution de la Modernité, a été une puissante conceptualisation qui a été cependant inadéquatement structurée et utilisée (un peu à l’instar du Recours à l’Authenticité). Elle a été réduite à la construction des bâtiments et quelques infrastructures, alors que le modernisme est toute une philosophie sociétale voire un prisme anthropologique. Dans une perspective transcendantale, Il est proposé que le FCC, procède aussi à une reconversion dialectique de la Révolution de la Modernité en Modernisme Authentique Congolais, comme philosophie existentielle et d’action collective. Ce n’est ni un slogan politique, ni un credo militantiste.

Il convient de souligner d’abord, qu’aucune nation sur la planète terre n’a réalisé des exploits de sa transformation sans un système philosophique qui assigne un sens à son existence et éclaire sa marche historique. On ne peut pas prétendre changer le Congo sans proposer un système d’idées substantielles et directionnelles. De la Mâat Egyptienne, en passant par la métaphysique hellénique, au mouvement des Lumières, voire le post-modernisme contemporain, les sociétés humaines opèrent avec des systèmes d’idées maitresses rendant leurs phénomènes existentiels intelligibles. Ses systèmes d’idées fournissent aussi l’inspiration et les repères de la navigation vers la destinée de grandeur.

A cet égard, la question fondamentale est : dans ce nouveau régime quelle est notre philosophie de transformation sociétale ? En toute rectitude intellectuelle on ne peut que constater que jusque-là en RDC, en neuf mois d’alternance,  aucun système prégnant d’idées fondamentales n’est proposé. Nous sommes une communauté nationale en hiatus superstructurel. Pendant les neuf derniers mois notre imaginaire est formaté par les slogans partisans et les credo politiciens. Au sommet de l’Etat on ne nous propose pas un système de repères idéiques cohérents.

La Révolution de la Modernité reconceptualisée aurait comme postulat la remise en question du type de modernité qui nous a été apportée par la colonisation et ses systèmes (spirituel, intellectuel, éducatif, politique, économique, etc.) qu’elle nous a légués. Elle propose le déploiement d’un génie propre à nous, pour inventer une modernité ontologique inhérente à notre cosmogonie, est donc possible de nous servir de philosophie d’action collective. On pourrait envisager le Modernisme Authentique Congolais comme une sorte de révolution permanente dans la réinvention de la société Congolaise.

En termes de visée ultime (une sorte de téléologie congolaise) proposée pour la nation, le Modernisme Authentique (que les Chinois, les Japonais, les sud-coréens ont appliqué à leurs manières) projette la réinvention de l’homme Congolais et de sa société dans la compétitivité contemporaine. Cette entreprise réinventrice (au sens de Mudimbe) doit puiser dans les énergies spirituelles et les intelligences émanant de son propre Etre. La Force Vitale Bantoue et la Mâat Egyptienne (dans sa seule dimension  logique brillamment exposée par le Professeur Théophile Obenga) peuvent servir de repères. Le Modernisme Authentique Congolais porte l’ambition de voir l’homme Congolais et sa société maitriser et innover sa sphère superstructurelle avec des systèmes logique, éthique, esthétique et une production épistémologique en phase avec les niveaux des pays avancés du monde contemporain – comme le proposait déjà un des premiers philosophes de l’Afrique contemporaine James Africanus Orton. De même le Congolais et la société réinventée devraient maitriser et innover le mode d’organisation institutionnelle, le mode de production matérielle, les sciences et technologies, pour réaliser la destinée  de la RDC «Etoile Brillante au Cœur de l’Afrique».

Conclusion

Le Congo nation puissante et locomotive économique africaine est réalisable maintenant

Le FCC qui gère la majorité au Parlement et dans les provinces, ainsi que le Gouvernement, a donc le devoir de proposer les modalités d’une modernisation systémique continue, expansive et assortie de vélocité. Dans le concert des nations, la RDC a connu un énorme retard dans les décennies 1974-1997. Cela  par la régression politique dans le totalitarisme mobutien, l’effondrement socioéconomique et la désorientation totale de son peuple par la dictature à la fois infantilisante et deshumanisante. Et c’est pendant ces décennies que le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Egypte, pays-piliers régionaux et continentaux se modernisaient et se propulsaient. Aujourd’hui nous devons chercher à accélérer l’élan de la modernisation dont les performances inégalées en Afrique au plan macroéconomiques ont été notées surtout entre 2011 et 2014. Si nous avions su accélérer cette dynamique, sans nous laisser désorienter par la politicallerie de 2015-2016, le pays serait certainement dans la vitesse de croisière vers le seuil de l’Emergence.

Le momentum de la reconstruction par la Révolution de la Modernité s’est estompé dès 2016. De 2016 à 2018, nous nous sommes mis à gérer les luttes de pouvoir et les élections.  Les élections nous ont donné l’alternance et nous devons absolument connaitre une lancée extraordinaire, un redémarrage fulgurant.

Dans ce contexte, le FCC qui gère la majorité institutionnelle totale, et a le leadership du Gouvernement Central par un premier ministre qui est son cadre, a le devoir de proposer à ses partenaires – qui sont encore en train de découvrir la complexité de la gestion stratégique d’Etat – les modalités prégnantes de la modernisation rayonnante de la RDC avec vélocité.

La RDC dont certains coins et recoins ont été catapultés à une existence quasi-moyenâgeuse par le régime mobutiste dans les années 1980-1990, a besoin de cette modernisation développementale rapide pour devenir une nation compétitive dans le concert des nations.

Le Modernisme Authentique, comme une Révolution Permanente,  doit être réalisé dans toutes les strates de l’Etat, dans toutes les institutions, dans tous nos modes de production matérielle et dans toutes les structures sociales. Aujourd’hui et maintenant-même, l’alternance doit commencer à produire le Congo d’une modernité éclatante, en phase avec les standards existentiels contemporains. Karl Marx avait raison : le mode d’organisation de la production matérielle reflète la qualité de la superstructure d’une société. La brillance d’une société ou son délabrement matériel sont les reflets de son Eprit.

Hubert Kabasu Babu Katulondi

(Libre-penseur et Ecrivain)