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Situation humanitaire catastrophique en Ituri : Katumbi interpelle les autorités congolaises et la communauté internationale !

Situation humanitaire catastrophique en Ituri : Katumbi interpelle les  autorités congolaises et la communauté internationale !

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*‘’Nous devons également nous unir pour dire NON au tribalisme. NON à la violence. NON à la guerre.  Et OUI à un avenir meilleur et à un bonheur partagé’’, a lancé Moïse Katumbi Chapwe,  depuis Bunia, dans la Province de l’Ituri. ‘’Je vous apporte le message de la paix. Nous devons prendre toutes nos responsabilités pour vivre dans la joie et la paix entre nous.  Que nos sages se mettent ensemble pour dialoguer et trouver des solutions. Il est grand temps de construire notre pays. Ne sacrifions pas l’avenir de notre jeunesse !’’, a-t-il également déclaré.  Pour lui, en effet,  les compatriotes   qui sont dans la forêt doivent prendre l’option du dialogue. Car, les armes ne sont pas une solution pour une paix durable; les armes amènent la mort.  ‘’Au-delà des clivages politiques, je viens également lancer un vibrant appel pour que nous unissions, avec la Communauté Internationale, toutes nos forces pour venir au secours de notre population’’, a-t-il soutenu,  dans une déclaration solennelle.

Au passage, il rappelle qu’il y a un mois, le Vice-Président d’Ensemble pour le Changement, Pierre Lumbi Okongo, à l’issue d’un  séjour en Ituri, lui avait dressé un tableau somme toute sombre de l’ampleur du désastre aussi bien sur le plan humanitaire que sanitaire.

Après le Katanga, le Nord et Sud-Kivu, ce qu’il a vu, lui-même, à Bunia ainsi que tous les rapports en sa possession   sur l’état des lieux à  Djugu et Mambassa lui permettent de conclure  que la ‘’situation humanitaire est catastrophique’’.

Voilà pourquoi,  Moïse Katumbi demande aux autorités congolaises   de prendre leurs responsabilités afin d’assurer la protection de tous les citoyens, sur toute l’étendue du territoire. Dans toutes les provinces, cela passe par le rétablissement de l’autorité de l’Etat, en rétablissant tout d’abord une justice effective, afin de punir les auteurs de ces massacres, en donnant aux forces de sécurité des moyens conséquents d’intervention, en assurant un salaire digne et régulier à nos militaires et à nos policiers, et en favorisant le dialogue intra et intercommunautaire.

Il   leur demande, par ailleurs,  de prévoir 100 millions de dollars dans le budget de l’Etat pour des interventions urgentes dans les provinces victimes des conflits, des épidémies et des catastrophes humanitaires. Une partie de ce fond doit également servir à la sécurisation du retour des déplacés, à la reconstruction de leurs maisons détruites et à leur réinsertion. Je les appelle à réhabiliter les tronçons routiers pour permettre l’intervention rapide des forces de sécurité et l’accès des agents humanitaires pour venir en aide aux victimes ;

Aux populations dont les zones ont été pacifiées par les  forces armées et qui seront prises en charge par l’Etat, je les invite à retourner chez elles, à quitter les camps de déplacés dont les bâches usées et trouées par le temps ne protègent plus des intempéries de la saison des pluies;

A tous les compatriotes des autres provinces, je leur demande de manifester leur solidarité à nos frères et sœurs  qui vivent une situation humanitaire tragique, qui plus est, dans notre propre pays ;

A la communauté internationale, à travers le système des agences des Nations Unies, et à toutes les ONG, je les remercie de poursuivre leur implication. Je leur demande de faire encore plus pour soulager la souffrance des déplacés et contribuer à leur retour à une vie normale dans leur lieu de résidence.

 

 

Aux leaders d’opinion et aux médias, il  les invite, enfin, à  ne pas rester silencieux et indifférents vis-à-vis de cette catastrophe humanitaire qui  touche tout le monde dans la chair.

LPM

 

Appel du Président Moïse Katumbi à   la Population de l’ituri, aux Autorités Congolaises et  à la  Communauté Internationale

Honorables Députés et Sénateurs,

Madame et Messieurs les membres du Gouvernement Provincial,

Mesdames et Messieurs les acteurs humanitaires,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

Chersamis,

Je tiens tout d’abord à vous remercier pour avoir répondu spontanément à mon invitation. Comme vous le savez, je mène actuellement une tournée nationale qui m’a conduit au Katanga, au Nord Kivu, au Sud Kivu et aujourd’hui en Ituri.

Après trois années d’exil, je profite de mon retour pour écouter la population et conduire un dialogue avec toutes les couches sociales du pays. Ces échanges me permettent de me faire une idée précise de l’état de notre pays dans une période post-électorale compliquée sur tous les plans : politique, sécuritaire, économique, sociale et humanitaire.

Ici à Bunia, je suis venu spécialement compatir avec toute la population d’Ituri pour toutes les souffrances qu’elle endure depuis trop longtemps. Comme partout où je suis passé, je suis venu écouter et partager avec elle des solutions pour notre avenir commun.

Il y a un mois, le Vice-Président de Ensemble pour le Changement, Pierre LUMBI, était venu ici pour constater lui-même l’ampleur de la situation, tant sur le plan humanitaire que sanitaire.

Ce que je viens de voir et les rapports qu’il m’a adressés de Djugu et Mambassa dépassent tout entendement : LA SITUATION HUMANITAIRE EST CATASTROPHIQUE

– Des milliers de morts, dans le cadre d’une guerre entretenue par des manipulations visant à opposer les Congolais les uns contre les autres, alors que la cause est à chercher ailleurs ;

– Plus d’un million de nos frères et sœurs  sont déplacés en interne et en Ouganda, la plupart d’entre eux vivant à ciel ouvert, sur notre propre sol;

Nous ne pouvons accepter ces innombrables tueries, ces violences, ces destructions, ces massacres. Nous ne pouvons accepter cette barbarie qui est devenue presque quotidienne.

Ces souffrances sont la conséquence des actes des ennemis de notre peuple, des ennemis qui veulent prospérer en attisant la haine et en cultivant la peur.

Les traces des violences sont visibles au quotidien. Des victimes égorgées, décapitées, violées, torturées, des incendies des bâtiments représentant l’Etat, des écoles, des habitations, des champs de plantations, témoignent d’une barbarie extrême et planifiée.

Plus de 5000 morts sont évoquées depuis la reprise des violences en décembre 2017 ; lorsque vous savez que la guerre de 1999 à 2003, dans la même province, avaient déjà provoqué plus de 60 000 morts…

Autant il a été évoqué une guerre tribale en 1999, autant il semble unanime, des avis recueillis auprès de plusieurs représentants de la société civile, des élus locaux, des institutions non gouvernementales, que les tueries actuelles sont plutôt le fait des groupes armés qui utilisent le terreau de la haine tribale.

Les tueries actuelles en ITURI, précisément à DJUGU, ont occasionné, à ce jour, plus de 1 million de déplacés internes dans notre propre pays, essentiellement des femmes, des enfants, des vieillards; la plupart vivant dans des tentes de fortune installées dans la ville de Bunia et beaucoup d’entre eux ayant trouvé refuge dans des familles d’accueil.

Nos propres frères et sœurs  vivent un calvaire, à ciel ouvert, sur notre propre sol. Hier, à l’orphelinat, j’ai vu dans le regard des tout jeunes enfants qui ont brutalement perdu leurs parents toute la détresse du monde. Leurs larmes et leurs souffrances sont comme un couteau planté dans le cœur  de la Nation.

Malheureusement, on parle peu, bien trop peu de cette situation. L’opinion publique se désintéresse de la souffrance du peuple congolais. Pas plus les autorités au pouvoir, qui font si peu pour venir en aide à des millions de compatriotes jetés en pâture à la violence des groupes armés et abandonnés en errance dans leur propre pays. Comme si la vie des Congolais ne valait rien !

Distingués invités,

Chers amis,

Je vous apporte le message de la paix. Nous devons prendre toutes nos responsabilités pour vivre dans la joie et la paix entre nous.

Que nos sages se mettent ensemble pour dialoguer et trouver des solutions. Il est grand temps de construire notre pays. Ne sacrifions pas l’avenir de notre jeunesse !

Nos frères qui sont dans la forêt doivent prendre l’option du dialogue. Les armes ne sont pas une solution pour une paix durable; les armes amènent la mort.

Au-delà des clivages politiques, je viens également lancer un vibrant appel pour que nous unissions, avec la Communauté Internationale, toutes nos forces pour venir au secours de notre population :

– Aux autorités de notre pays, je leur demande de prendre leurs responsabilités afin d’assurer la protection de tous les citoyens, sur toute l’étendue du territoire. Dans toutes les provinces, cela passe par le rétablissement de l’autorité de l’Etat, en rétablissant tout d’abord une justice effective, afin de punir les auteurs de ces massacres, en donnant aux forces de sécurité des moyens conséquents d’intervention, en assurant un salaire digne et régulier à nos militaires et à nos policiers, et en favorisant le dialogue intra et intercommunautaire. Je leur demande de prévoir 100 millions de dollars dans le budget de l’Etat pour des interventions urgentes dans les provinces victimes des conflits, des épidémies et des catastrophes humanitaires. Une partie de ce fond doit également servir à la sécurisation du retour des déplacés, à la reconstruction de leurs maisons détruites et à leur réinsertion. Je les appelle à réhabiliter les tronçons routiers pour permettre l’intervention rapide des forces de sécurité et l’accès des agents humanitaires pour venir en aide aux victimes ;

– Aux populations dont les zones ont été pacifiées par nos forces armées et qui seront prises en charge par l’Etat, je les invite à retourner chez elles, à quitter les camps de déplacés dont les bâches usées et trouées par le temps ne protègent plus des intempéries de la saison des pluies;

– A tous les compatriotes des autres provinces, je leur demande de manifester leur solidarité à nos frères et sœurs  qui vivent une situation humanitaire tragique, qui plus est, dans notre propre pays ;

– A la communauté internationale, à travers le système des agences des Nations Unies, et à toutes les ONG, je les remercie de poursuivre leur implication. Je leur demande de faire encore plus pour soulager la souffrance des déplacés et contribuer à leur retour à une vie normale dans leur lieu de résidence.

– Aux leaders d’opinion et aux médias, je les invite à  ne pas rester silencieux et indifférents vis-à-vis de cette catastrophe humanitaire qui nous touche tous dans notre propre chair.

Chers amis,

Chers frères et sœurs,

Comme si ce malheur n’était pas suffisant, cette catastrophe humanitaire est doublée d’une catastrophe sanitaire avec l’éclosion de l’épidémie de la maladie à virus Ebola qui s’ajoute à la rougeole meurtrière.

Je porte ici tout mon soutien à l’équipe du Professeur MUYEMBE, dont l’expertise mondiale n’est pas discutable, ainsi qu’à tous les membres des équipes de la riposte, afin de venir à bout de cette maladie qui a fait à ce jour plus de 2 000 morts.

J’encourage à nouveau la population à faire confiance aux équipes d’experts, mais également à prendre sa part dans la riposte effective.

Nous devons nous unir comme un seul homme pour mettre fin à cette épidémie.

Nous devons également nous unir pour dire NON au tribalisme. NON à la violence. NON à la guerre.

Et OUI à un avenir meilleur et à un bonheur partagé;

Avec l’aide de Dieu, nous y arriverons !

Je vous remercie.

Fait à Bunia, le 02 novembre 2019

Président Moïse  Katumbi  Chapwe