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Coup de gueule : Ces morts qui n’émeuvent plus personne (Par Kibambi Shintwa)

Coup de gueule : Ces morts qui n’émeuvent plus personne (Par Kibambi Shintwa)

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Les médias seraient-ils condamnés à ne donner qu’à voir, pas à réfléchir et encore moins à comprendre ? La question vaut son pesant d’or.

Les télévisions de Kinshasa ont diffusé récemment les reportages des cercueils, pour pauvres, de plusieurs pygmées, abattus sauvagement dans leurs milieux naturels, la forêt. Ces images choquantes n’ont pas soulevé beaucoup d’émotion dans le chef de nos compatriotes. Ceux de Kinshasa, tout au moins.

Le seul plaidoyer enregistré, à Beni, a été celui d’un des leurs qui, d’un ton monocorde, suppliait “ses frères bantous” de respecter la vie des premiers occupants de ce que l’on appelle aujourd’hui RDC. La réponse, une indifférence totale. Les ONG ne sont pas, cette fois, montées au créneau pour dénoncer ces assassinats odieux.

Depuis quelques temps, ce sont les Banyamulenge qui disent, haut et fort, être victimes d’actes ignobles sur les plateaux de Minembwe. Ils sont les seuls à défendre leur cause. Les réseaux sociaux ont montré hommes, femmes, enfants de cette communauté criant leur désespoir dans la lointaine Amérique. Un mort sur notre territoire, n’est-ce pas déjà un mort de trop ? Les tueries qui se commettent à un rythme insoutenable, dans la région, ont-elles endurci nos cœurs au point de nous pousser à la banalisation de la vie humaine? Nos larmes se sont-elles vidées à force de les avoir trop versées ? Des tonnes de sangs qui ont coulé sur cette terre et particulièrement dans cette partie de la république nous ont-ils rendus aussi insensibles? Non!

La vie de l’homme est sacrée. Au nom de cette sacralité, cherchons à rester ensemble, surtout dans la douleur. Nous le faisons déjà bien lorsque le deuil frappe le voisin. Après vérification des faits aussi gravissimes, embouchons la trompette à l’unisson pour les dénoncer, les condamner avec tout ce qui nous reste d’énergie.

Que plus jamais, on ne donne une couleur à une vie et donc, à la mort d’un être humain, de chair et de sang. Cela ne devra plus être l’affaire d’une communauté, mais, celle désormais de tout le monde. Ainsi, les tueurs et leurs collabos se sentiront interpellés, isolés par cette prise de conscience collective. Ils abandonneront leurs sales besognes faute de commanditaire.

Grâce à l’égalité, à la commune humanité, à la justice correctement distribuée, nous n’aurons pas besoin de calcul ni de malice pour justifier de comportements contraires à la morale. L’ensemble de la région y gagnera. Surtout le Congo Démocratique qui en sortira grandie et vainqueur.