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Tout un fleuve…

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Environ 2h36’ aura été le temps qu’a pris le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, vendredi 13 décembre, pour son adresse sur l’état de la nation devant les deux Chambres du Parlement réunis en congrès.

Des réalisations ont été déclamées, des actions ont été programmées, des recommandations ont été formulées et des projections ont été soulignées. Question de rassurer le peuple congolais que le meilleur est à venir, au-delà, bien-sûr, de sa première année au pouvoir, au cours de laquelle il y a eu, au Congo-Kinshasa, plus de désolation que des sourires. Cela, dans la mesure où les euphories découlant de l’effectivité de la gratuité de l’enseignement ou encore de la construction de quelques infrastructures n’ont pas pu vraisemblablement pallier les morts dues à l’insécurité à l’Est, aux massacres au Haut-Katanga ainsi qu’aux inondations et glissements de terrain à Kinshasa et au Sud-Ubangi ; sans oublier par ailleurs la crise socioéconomique avec l’inflation et la flambée des prix.

Toutefois, malgré ce climat mi- ange mi- démon qui ne cesse d’accoler le pays, depuis plusieurs décennies, ce ‘’Félix Tshisekedi’’ déterminé ne s’est pas empêché de déclarer 2020 comme année de grandes actions, de la renaissance, de la paix et même du combat contre la pauvreté.

Tout en martelant sur l’adoption du budget 2020 fixé à 10 milliards, Il a, dans la foulée, annoncé l’ouverture de grands chantiers, en appelant à une mobilisation générale.

In globo, Tshisekedi Tshilombo n’a point arrêté de naviguer dans le fleuve de promesses car, il en a encore fait toute une ribambelle, au cours de son adresse. D’ailleurs, il a, en outre, relevé que ces déplacements à l’étranger, quand bien qu’ils soient critiqués par plusieurs, sont dictés par des impératifs nationaux et ne seront, pour l’heure, stoppés, puisqu’ils constituent le prix à payer pour redorer l’image du pays.

Reste ainsi à savoir si tous ces annonces et voyages aboutiront en un résultat qui puisse être traduit par l’éclosion de la RD. Congo. Ce, surtout qu’aux côtés de cette navigation vers la réalisation de ces différentes projections, vents-et-marrée ne manqueront pas de s’illustrer. A l’exemple des groupes armés qui, attaqués dans leur bastion par les FARDC, massacrent des populations,…, bref l’insécurité. Il y a aussi la coalition Lamuka, désormais dirigée par Adolphe Muzito, qui semble reprendre du poil de la bête et ne s’empêche pas de dénoncer toutes les aspérités du Pouvoir en place. Point n’est question d’oublier, par ailleurs, les frustrations et courroux de la population ainsi que des organisations de la société civile face à une quelconque léthargie dans la gestion de la chose publique.

Dans ce fleuve de bonnes intentions, seule la bonne gouvernance, c’est-à-dire, la rigueur ou la fluidité des actions, pourrait permettre à Félix Tshisekedi de bien ramer, tout en esquivant des vagues, à l’aide des prévisions météorologiques, qui ne peuvent être rien d’autres que des mesures dissuasives aux mauvais actes. Au cas contraire, son discours ainsi salué par plusieurs ne sera qu’une tempête dans un verre d’eau.

La Pros.