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Le nerf de la guerre !

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«L’argent, c’est le nerf de la guerre», dit-on. Les violentes émeutes qui ont causé la fermeture, de même que le déguerpissement forcé des étudiants de l’Université de Kinshasa des Homes, tirent leur origine de l’infime augmentation des frais académiques. Seulement 4.700 francs congolais ont brûlé la maison UNIKIN. Dans un tableau comparatif dressé par le ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU), cette modique somme visait tout simplement à réajuster ou réadapter les 100 dollars déboursés, depuis plusieurs années, au taux du jour.

Thomas Luhaka, à la manière de Ponce Pilate, se lave les mains en démontrant qu’il n’est pas l’instigateur d’une quelconque augmentation. Il en rejette plutôt la responsabilité aux institutions académiques. Car, les frais diffèrent d’un établissement à un autre. Alors que les frais d’études sont restés les mêmes depuis 2015, à savoir : l’équivalent de 100 dollars américains (164.700 francs congolais), ce sont les frais connexes établis par les autorités académiques qui pèsent lourdement sur les épaules des pauvres étudiants, dépourvus de bourses d’études.

A titre illustratif, pour les classes de recrutement, les frais sont de : 490.500 FC à l’UNIKIN ; 495.000 FC à l’UNILU ; 357.349 FC à l’UNIKIS ; 490.000 FC à l’UPN. Quant aux classes montantes, ces frais sont de : 485.000 FC à l’UNIKIN ; 438.000 FC à l’UNILU ; 324.000 FC à l’UNIKIS ; 461.150 FC à l’UPN. Autrement dit, ce sont les chefs d’établissements qui sont à la base des augmentations des frais ayant particulièrement mis de l’huile au feu à l’UNIKIN. L’Etat congolais n’y est donc pour rien, selon le ministre Luhaka.

Au sortir du dernier Conseil des ministres, le gouvernement Ilunga Ilunkamba n’entend pas abdiquer. Il maintient donc le réajustement de 4.700 FC pour se conformer au taux de change officiel. Après avoir échangé avec les représentants des étudiants, le Président Félix Tshisekedi les a invités à se soumettre à la décision du ministre de tutelle et à se comporter dignement comme des futurs cadres.

Le gouvernement n’envisage la réouverture de l’UNIKIN qu’au terme de la réhabilitation des homes qui sont dans un état crasseux et l’identification des vrais étudiants. Parce que d’autres personnes occupant les résidences universitaires sont assimilés aux infiltrés, d’après les autorités compétentes. Reste aussi à répondre aux revendications des professeurs qui ont débrayé depuis le déclenchement des émeutes sur le site universitaire.

Cette semaine, fonctionnaires, médecins, magistrats risquent d’emboîter le pas aux professeurs d’université à travers des mouvements de grève. Le spectre d’une grogne sociale sans précédent profile donc à l’horizon. Encore une fois, ce sont les problèmes d’argent qui constituent les nerfs de ces revendications. Les partisans de Lamuka et leurs leaders qui descendent dans la rue, ce 17 janvier, vont certainement en faire leurs choux gras. Où va le pays de Lumumba ?

La Pros.