Pas un pas sans la prospérité.
Chaque jour, du lundi à samedi, reprise des publications quotidiennes

Côte à côte !

Spread the love

This post has already been read 73784 times!

«J’attends juste un mot d’ordre du Chef de l’Etat pour mettre fin à cette aventure de la coalition (FCC-CACH)», a martelé Augustin Kabuya, Secrétaire Général du parti présidentiel UDPS, au cours de sa matinée politique du samedi dernier. Le même jour, sur les ondes de la radio Top Congo FM, Vital Kamerhe, Directeur de Cabinet du Président de la République qui se dit «colombe», a déclaré que CACH est côte à côte avec le FCC.

Côte à côte pour des querelles ou pour faire avancer la RDC ? Celui qu’on surnomme «le Pacificateur» a indiqué que dans toute famille, des frères peuvent entrer en conflit, mais ne seront pas pour autant des ennemis. Selon lui, la coalition doit travailler en synergie pour le bien du pays. Il est clair que Vital Kamerhe a, au cours de cet entretien avec la presse locale, cherché à mettre de l’eau dans son vin, vingt-quatre heures après sa sortie médiatique tonitruante sur Radio France Internationale.

A cette précédente occasion, le DirCab de Félix Tshisekedi demandait, à demi-mots, la démission de la Présidente de l’Assemblée Nationale pour avoir franchi la ligne rouge. Tenue au devoir de réserve, elle n’a pas le droit de commenter les propos du Chef de l’Etat. «On ne joue pas avec la fonction de Président de la République», avertissait-il Jeannine Mabunda. Cette fois-ci, sous un ton modéré, il invite cette dernière à ne plus s’afficher aux côtés du Secrétaire permanent du PPRD, Emmanuel Shadary, parce qu’elle est chef d’une grande institution, à savoir : la Chambre Basse du Parlement.

Kamerhe a aussi insisté sur le respect de la Constitution. Car, beaucoup de Congolais sont morts pour la défendre ; c’était un combat. «C’est un miracle que nous puissions avoir aujourd’hui un ancien président en vie remplacé par un opposant», a-t-il lâché sur le micro de Sonya Rolley. Pour lui, il y aura de petites crises et de grandes crises. Mais, la coalition FCC – CACH ne pourra survivre que si les prises de positions des colombes de chaque camp étaient prépondérantes par rapport à celles des faucons.

Et, l’intérêt du pays dans cette guéguerre FCC-CACH ? Le Professeur Jacques Djoli n’y va pas par le dos de la cuillère. Voici ce qu’il en pense : «La coalition ou cohabitation sont des mécanismes traumatisants pour les institutions, même pour les vieilles démocraties. Ce n’est pas seulement chez nous. Elles ne peuvent fonctionner que pour des intérêts partisans, c’est-à-dire, que seuls les acteurs se servent. Mais, en termes de gouvernance, il ne faut pas espérer grand-chose, que ça soit au niveau central ou au niveau des provinces. Tout est bloqué, il y a des provinces entières qui ne fonctionnent pas parce que les intérêts sont divergents. » Cet élu du MLC conclut qu’au-delà de la volonté déclarée des uns et des autres, il faut mettre à l’évidence que la RDC est dans une impasse et qu’il est important que ceux qui s’estiment avoir le pouvoir lancent des mécanismes en vue de faire des vraies réformes du système électoral à la base de ce blocage, du système judiciaire, la requalification du système politico-administratif.

Kamerhe, Kabuya, Mabunda, Shadary et autres membres de FCC-CACH vont-ils s’inspirer de cette analyse pertinente pour l’intérêt général ? A chacun de se remettre en question.

La Pros.