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José Feruzi, je pleure!

José Feruzi, je pleure!
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Cher José, j’apprends que tu t’es éteint! De l’isti, l’actuel IFASIC, nous sommes allés faire le droit. De la première année de graduat à la deuxième de licence. Nous sommes, malgré tout, restés “istiens” dans un milieu truffé de juristes, sourire en coin. Tu choisis de faire le droit public, moi j’opte pour le droit privé et judiciaire. Nos choix étaient bien dictés par nos préacquis.

Chargé de la communication à la cour de cassation, tu avais estimé que le droit public irait mieux avec toi, tandis que moi, pour avoir effectué un passage éclair au greffe de la cour pénale internationale, j’opte pour cette autre filière.
En jargon du métier de juriste, je te pleure !

José, je ne crois pas que tu es réellement décédé. J’ai la présomption que l’opinion raconte des salades à ton sujet. Mais cette présomption semble avérée puisque j’apprends que tu es inerte à l’hôpital Marie Biamba, rendu aphone par un méchant Avc. Que tu ne respires plus. Donc la présomption de décès est bien là : Nudus cum nuda, solus cum sola, non praesumuntur orare pater noster.

C’est le fondement de la présomption de ton départ. De la vie à trépas. José, tu as pu être béni, le peu que tu avais a été acquis à la seule sueur de ton front.

Jamais tu t’es enrichi sur le dos des autres. Puisque tu avais intériorisé cette maxime du juriste : “jure naturae aecqum est meminem cum alterius détrimento et injuria fierri”. Puisque tu savais qu’il y a, en droit, ce principe de prohibition de l’enrichissement de soi en lien direct avec l’appauvrissement de l’autre. Je t’accuse d’être mort! Dois-je prouver que tu es réellement décédé ? Difficile à le démontrer.

Et donc, le doute te profite : in dubio pro reo, mais aussi : actori incumbit probatio puisque je dois prouver que tu loges désormais à la morgue. T’accuser? Oui. Mais où ? Je sais, et tu le sais comme moi, que le demandeur que je suis, dois porter la cause devant ton juge naturel en conformité avec : “actor sequitur forum rei”.

Et quelle sera la loi applicable, cher José ? Lorsque je sais que “Lex fori” où encore “lex loci”.
J’aurais, cher José, voulu interjeter appel de ton décès puisque, j’en suis à croire que tu peux revenir à la vie, en ayant à l’esprit que le juge à saisir statuerait ultra petita, tantum appelantum, quantum devoluntum. Et j’aurais raison puisque ton décès serait renvoyé ab ovo, ab initio.

Mais ici, le juge saisi en appel ne saurait évoquer, l’irréparable ayant été constaté.
Désiré Israël K.