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Sauts-de-mouton : tout est question de discipline…

Sauts-de-mouton : tout est question de discipline…
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Enfin, une date pour l’inauguration des sauts-de-mouton en aménagement dans la ville de Kinshasa : 30 juin 2020. Celle de la célébration du 60eme anniversaire de l’Indépendance de la RD. Congo.
L’information, livrée à la presse le samedi 8 février par le VPM Baudouin Mayo en charge du Budget, émane d’une réunion restreinte tenue à l’hôtel du Conseil (Primature) sous l’autorité du Premier ministre Sylvestre Ilunga Inlunkamba.
Y ont aussi pris part le Vice-Premier Ministre des Itpr Willy Ngoopos, le vice-ministre des Finances Junior Mata, le gouverneur de la Banque centrale du Congo Deogratias Mutombo, les directeurs généraux de l’Office des routes (Or) Herman Mutima et de l’Office de voirie et drainage (Ovd) Benjamin Basubi et le directeur de cabinet du ministre d’Etat à l’Urbanisme et voirie.
Première annonce importante : le financement de l’ensemble des sauts-de-mouton est de USD 46 millions. Les acomptes se situent à USD 33 millions. Le solde est de USD 13 millions.
Deuxième annonce importante : le taux d’exécution des travaux est de 55 %.
Troisième annonce importante : le gouvernement débloque déjà pour ce mois de février USD 3.500.000 dont 2 millions pour l’Or, 1,5 millions pour l’Ovd. Assurance donnée : d’ici à la livraison des ouvrages, le gouvernement va disponibiliser un montant précis affecté aux ouvrages lancés.
« Il ne faut pas prêter oreille à tout ce qui se dit de gauche à droite », prévient le VPM Mayo Mambeke.
Il est vrai que la veille de cette réunion, le Président Félix Tshisekedi a averti le conseil des ministres de la visite d’inspection qu’il entend effectuer sur les sites, ce à son retour d’Addis-Abeba où devait participer au 33ème sommet des Chefs d’État et de Gouvernement des pays membres de l’Union africaine.
Il est vrai aussi que bien avant, une délégation de l’Udps, conduite par le président intérimaire Jean-Marc Kabund, est descendue sur les chantiers pour se faire une idée de tout ce qui se dit à ce propos.
Il est également vrai que plus tôt, Vital Kamerhe, Directeur de cabinet du Président de la République, et José Sele, Ministre des Finances, se sont prononcés sur les travaux, chacun en fonction des informations à sa portée.
Il est encore vrai que, sur injonction du Vice-Premier ministre de la Justice et Garde des Sceaux, le Procureur général près la Cour d’appel de Matete a établi le 8 février 2020 des réquisitions d’information.
Maintenant que le Gouvernement s’est exprimé et les choses s’éclaircissent, il y a lieu – pour reprendre une expression kinoise – de « mettre balle à terre » en laissant chaque protagoniste faire ce qu’il a à faire.
L’urgence s’impose parce que les “professionnels des crises” accentuent la suspicion en se servant du saut-de-mouton.

Déjà, la coalition Cach-Fcc en prend un coup et, avec elle, la plateforme Cach.
Pendant qu’une catégorie sociale se prépare à se rentrer dedans (c’est le prix réclamé par la démocratie), la rue kinoise, elle, se préoccupe des embouteillages.
En fixant au 30 juin 2020 l’inauguration des ouvrages, le Gouvernement pourrait s’attirer d’autres foudres. Quatre mois et demi supplémentaires (février, mars, avril, mai, juin), c’est une épreuve dure pour les usagers de la route.
Des deux choses alors l’une : soit on suspend les travaux, soit on les poursuit.
Suspendre les travaux veut dire rapporter à plus tard l’épreuve. A la reprise, ils (re) produiront les mêmes effets. C’est un non-sens.
La sagesse plaide plutôt pour la poursuite.
Seulement voilà : tout est question de discipline. D’abord, dans le chef des usagers de la route, surtout les conducteurs des véhicules assurant le transport en commun, secteurs public et privé compris. Réputés violateurs invétérés du code de route, ils ne respectent rien. Courant tous après le temps pour réunir le «versement journalier» et la part de «survie journalière», ils roulent à tombeau ouvert, brûlent le feu rouge, freinent brusquement si bien que tout passager fragile ou tout autre conducteur fragile augmente les risques d’Avc. Parfois, c’est carrément l’accident avec son lot de morts et de blessés.
Or, partout au monde où s’effectuent de gros travaux sur la voirie urbaine, la circulation, lente soit-elle, est facilitée par la discipline.
Ensuite, dans le chef des agents de l’Etat affectés à l’ordre public et à la sécurité. Mis à raison à l’index, Pnc et B2 entretiennent à dessein les tracasseries qui mettent à l’épreuve la patience aussi bien des conducteurs des véhicules que des passagers.
Enfin, la population elle-même. A l’exception de ceux qui empruntent les bus Transco et «Esprit de vie» (ils ne trouvent aucun inconvénient à se mettre dans des files d’attente), la majorité des Kinois ne s’appliquent pas cette discipline.
Peut-être que le moment est-il venu de (re) mettre de l’ordre dans ce qui ressemble à un foutoir et qui ne doit pas le rester.
Il en va de l’Autorité de l’Etat.

Omer Nsongo die Lema/CP