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Et si Pompeo avait raison de ne pas inclure la RD. Congo !

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C’est (re)parti ! Secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo a publié, laisse-t-on entendre, une liste de  25 pays du monde bénéficiaires de l’assistance financière des Etats-Unis dans le cadre de la lutte contre le Coronavirus : Afghanistan, Angola, Indonésie, Irak, Kazakhstan, Kenya, Afrique du Sud, Tadjikistan, Philippines, Turkménistan, Ouzbékistan, Zambie, Zimbabwe, Bangladesh, Burma (Birmanie), Cambodge, Ethiopie, Kyrgyzistan, Laos, Mongolie, Népal, Nigeria, Pakistan, Thaïlande et Vietnam.
En Afrique, sept pays sont retenus : Angola, Kenya, Afrique du Sud, Zambie, Zimbabwe, Ethiopie, Nigeria.
Des sept, six sont anglophones et un seul lusophone. Des sept, cinq sont de la Sadc, organisation comptant 16 membres.
Il est intéressant de le noter : de la liste, sont absents plusieurs pays de tout temps reconnus et affichés pro-américains : Ghana et Libéria en Afrique de l’Ouest, Egypte en Afrique du Nord, Tanzanie, Soudan du Sud, Ouganda, Rwanda, Seychelles et Maurice en Afrique de l’Est.
Doit-on déduire que Pompeo les a ignorés pour les mêmes raisons que la RDCongo ?
Fixée à USD 110 millions, cette assistance est censée rapporter à chacun une rondelette somme de USD 4.400.000.
Quand on la compare au USD 1.800.000 initialement disponible dès  par Kinshasa dans le même cadre (avant l’annonce des USD 135 millions faite récemment par Dr Muyembe au nom de la Cellule placée sous l’autorité du Cabinet du Chef de l’Etat), on se dit que les Américains ne sont vraiment pas gentils à l’égard des RD. Congolais.
Et comme nous en faisons une spécialité nationale, c’est la guerre des tranchées, dans les réseaux sociaux, entre pro et anti-diplomatie fatshienne.
Les pro la défendent, les anti la pourfendent.
Pourtant, si le critère de sélection est la gestion scientifique et médicale du Coronavirus en tant que pandémie, nous devons plutôt nous estimer heureux en ce qu’aucun des 54 pays membres de l’UA n’a l’expérience et l’expertise congolaise en matière de prévention et de traitement des épidémies même déclarées pandémiques. Alors aucun !
Nos faiblesses sont plutôt d’ordre politique (gouvernance institutionnelle) et technique (équipements).
Il s’agit des faiblesses qui, à l’instar de ce qui se fait en Italie, en France, en Espagne et aux Etats-Unis,se corrigent quand on en prend conscience, et c’est ce qui est en train de se faire au travers des corrections en cours, à court, à moyen et à long terme.

A court et à moyen termes, s’appliquent entre autres la prise en charge médicale et sociale (mise en place des installations d’accueil des malades, acquisition du matériel et des médicaments et encadrement du personnel) en plus des mesures sécuritaires (dont le fameux confinement).
A long terme, bien entendu, il y a la construction des hôpitaux et des centres de dépistage épidémiologiques, la formation et l’encadrement du personnel, l’acquisition des moyens techniques appropriés…).
En effet, regardons la cartographie du Coronavirus dans chacun des 25 pays sélectionnés par l’Administration américaine : aucun n’a cette expérience. Ni l’Indonésie, ni l’Afrique du Sud, encore moins le Pakistan ayant pourtant des PIB de loin supérieur à celui de la RD. Congo.
Au lieu alors de ne voir que le côté négatif du choix de Pompeo, on devrait plutôt positiver les choses.
A dire vrai :
– c’est Kinshasa qui, dédaignant comme d’habitude ses propres atouts, s’adonne plutôt à la surenchère et, surtout, à la victimisation ;
– c’est Kinshasa qui, de tout temps, refuse tout sevrage idéologique ;
– c’est Kinshasa qui, de tout temps, renonce à assumer son leadership naturel ;
– c’est Kinshasa qui, de tout temps, développe des instincts de nanisme (physique) et de crétinisme (intelligence) pendant que ses atouts en gigantisme sont disponibles !
Moralité : le message à tirer de la liste de Pompeo est celui de nous faire réaliser combien les autres trouvent dans le Congo un pays grand et dans le Congolais un peuple grand, sans – hélas – l’un et l’autre d’en prennent conscience.
De Kasa-Vubu à Tshisekedi, de Mobutu à L-D. Kabila en passant par J. Kabila, chaque chef d’Etat exalte la fierté congolaise. Malheureusement, certaines forces politiques et sociales promeuvent le congo-pessimisme.
Il suffit de naviguer dans les réseaux sociaux pour s’en apercevoir : de bonnes idées pour combattre le Coronavirus sont politisées et se noient dans des attaques et contre-attaques entre pro et anti-Tshisekedi !
Sincèrement, c’est à la fois exaspérant et désespérant…
Omer Nsongo die Lema/CP